Meurtre de Philippe Monguillot à Bayonne : « Il faut taper du poing sur la table », affirme sa femme

Par Séraphin Parmentier
27 juillet 2020
Mis à jour: 27 juillet 2020

Près de trois semaines après l’agression sauvage qui a couté la vie à son mari Philippe, Mme Monguillot s’est confiée aux journalistes de Boulevard Voltaire.

Le dimanche 5 juillet, Philippe Monguillot, un chauffeur de bus bayonnais de 58 ans, était violemment agressé pendant son service.

Roué de coups au niveau de l’arrêt Balishon après être descendu de son véhicule pour régler un différent avec des passagers en infraction, le quinquagénaire avait été admis à l’hôpital de Bayonne en état de mort cérébrale. Il avait succombé à ses terribles blessures quelques jours plus tard, le 10 juillet.

« Philippe était un Monsieur, un père magnifique pour les enfants, attentionné, présent, impliqué dans tout. Et un mari exceptionnel. Nous avons passé 27 ans de notre vie ensemble, nous nous sommes mariés, nous avons fait trois enfants, nous avons acheté une maison », a déclaré son épouse aux journalistes de Boulevard Voltaire.

« Je me bats pour lui, je me bats pour les enfants, mais j’essaye toujours de me raccrocher à quelque chose qui me dise que je le reverrai. Par exemple, je me lave les dents avec sa brosse à dents, je me parfume avec son parfum, j’essaye de me raccrocher à quelque chose. Je sais qu’il n’y a plus rien, mais j’essaye quand même. On survit. En fait ce n’est pas une vie, c’est une survie pour nous », a-t-elle ajouté.

« Il faut taper du poing sur la table »

Alors que quatre suspects ont été arrêtés – deux d’entre eux sont poursuivis pour tentative d’homicide volontaire, le troisième, en situation irrégulière sur le territoire français, pour soustraction de criminel à l’arrestation et aux recherches, et le quatrième pour non-assistance à personne en danger –, Mme Monguillot attend que la justice fasse preuve de fermeté.

« Ce que nous voulons avec mes enfants, c’est qu’il y ait une peine exemplaire car on n’assassine pas quelqu’un qui est en train de faire son travail pour un ticket de bus et un masque. Ce n’est pas possible, la justice doit prendre très vite conscience que ça, ce n’est pas la France. La France, c’est le respect, c’est la civilité, vivre normalement. Aujourd’hui, tout le monde se dit : ‘On va travailler, mais est-ce que l’on va rentrer à la maison le soir ?’ Il faut vraiment que la justice prenne conscience de cela », souligne la mère de famille.

« On pensait qu’à Bayonne, petite ville du Pays basque, il n’y aurait jamais pu y avoir un tel cataclysme. Et finalement, l’insécurité est partout. Ici, cela a fait l’effet d’une bombe. […] C’est arrivé à  Bayonne, mais en fait cela peut arriver n’importe où, même dans une petite ville », poursuit Véronique Monguillot.

Si Jean-Baptiste Djebarri, Gérald Darmanin et Marlène Schiappa se sont déplacés à Bayonne après l’agression de Philippe Monguillot, l’épouse du chauffeur de bus attend désormais des actes forts.

« Nous avons eu la visite du ministre de l’Intérieur, nous avons eu la visite de Marlène Schiappa [ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la Citoyenneté, ndlr]. Il faut qu’ils nous entendent, il faut qu’ils bougent. Les paroles c’est bien, mais il faut des actes. Le plus important, ce sont les actes. Et très vite. Très, très vite. Il ne faut pas attendre, il faut taper du poing sur la table », précise-t-elle.

« Malheureusement, Philippe n’est pas le seul il y a eu cette jeune femme de 23 ans [Axelle Dorier, ndlr], il y a eu la gendarmette [Mélanie Lemée, ndlr], il y a eu un autre jeune homme je crois, qui a reçu des coups de couteau. Leurs familles sont comme moi aujourd’hui : dans le désarroi le plus total. Il faut s’accrocher, nous on essaye ; il faut qu’elles essayent aussi, il faut se battre et aller jusqu’au bout et ne pas baisser les bras. C’est facile à dire, il y a des moments où je baisse les bras, où je pleure en secret, avec mes filles, mais il faut continuer à vivre. Je pense que c’est ce que nos défunts auraient souhaité aussi. Ces familles, je leur donne mon soutien. J’en reçois beaucoup et je veux le partager avec elles », ajoute Mme Monguillot.

« Nous avons un soutien au niveau international »

Des mots de réconfort qui ont afflué du monde entier pour épauler la famille Monguillot et la soutenir dans l’épreuve.

« On reçoit du courrier postal, du courrier électronique. Il y a le groupe en soutien à Philippe sur Facebook, on reçoit plein de choses de France et de l’étranger. Ça a dépassé les frontières, tout le monde s’est rapproché de nous, des gens que l’on connaît, d’autres que l’on ne connaît pas », confie l’épouse de Philippe Monguillot.

Et la Bayonnaise de citer plusieurs pays dont les ressortissants lui ont témoigné leur soutien : « La Tunisie, l’Allemagne, l’Argentine, la Polynésie, les États-Unis… »

« Je les remercie du fond du cœur, […] c’est ça aussi qui nous donne la force de continuer. Si nous n’avions aucun soutien, nous nous serions écroulés. Là, nous avons un soutien au niveau international, c’est très fort, très important », conclut Mme Monguillot.

 

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