Meurtre de Philippe Monguillot : « Nous devons exiger de nos dirigeants des actes pour assurer notre sécurité »

Par Séraphin Parmentier
15 juillet 2020
Mis à jour: 15 juillet 2020

Écœurée par l’impéritie des pouvoirs publics qui préfèrent « se donner bonne conscience en traquant les ‘discours de haine’ » au lieu de combattre « les actes concrets de haine d’une minorité d’individus qui pourrissent la vie de la majorité », Barbara Lefebvre conserve toutefois encore l’espoir « d’un sursaut moral » de l’ensemble des citoyens afin d’exiger que l’État prenne enfin ses responsabilités.

À travers une tribune intitulée « Jusqu’à quand allons-nous tolérer l’intolérable » publiée dans les colonnes du Figaro, l’enseignante et essayiste Barbara Lefebvre a fait part de son indignation après le meurtre abject de Philippe Monguillot, un conducteur de bus bayonnais de 58 ans sauvagement agressé pendant son service le dimanche 5 juillet.

« Avant Philippe Monguillot, combien d’autres ‘faits divers’ de cette nature ? Combien de vies brisées sous les coups de couteaux, de pieds, de béquilles, de barres de fer infligés par des individus dont on s’assure le plus souvent à protéger l’anonymat. C’est le cas des quatre mis en cause à Bayonne que la bien-pensance médiatico-politique a tenté de faire passer pour des ‘punks à chiens’, alors qu’il s’agit de délinquants récidivistes d’une cité voisine connus des services de police », écrit Mme Lefebvre.

« Pour eux, la protection de l’anonymat serait donc requise ? On se souviendra que l’homme de 84 ans (mort en détention depuis) qui avait tenté d’incendier la mosquée de Bayonne et blessé deux personnes en octobre 2019 avait vu son identité et son adresse dévoilées dans la presse. Il est des pedigrees qu’il convient de révéler à l’opinion publique illico presto : ainsi cet octogénaire, souffrant d’une altération partielle de son discernement selon les enquêteurs, avait été candidat aux départementales pour le Front National en 2015, information sans rapport direct avec les faits puisqu’il disait vouloir ‘venger la destruction de Notre Dame de Paris’ », poursuit la chroniqueuse de l’émission Les Grandes Gueules.

« Pour les quatre mis en cause dans le meurtre de Philippe Monguillot, on préfère préserver probablement leurs proches en ne les nommant pas, mais pourquoi ne pas indiquer seulement leurs prénoms ? On nous dira sans doute que ce n’est pas là de la ‘saine information’ pour l’opinion publique qu’il ne faut pas échauffer inutilement », ajoute-t-elle.

« Un mal dont la description sociale, culturelle, idéologique, effraie certains esprits bien-pensants »

Et l’essayiste de fustiger les « discours creux » des élus et des ministres inlassablement répétés depuis des années sans qu’ils soient suivis d’effets, ainsi que les odes au sacro-saint « vivre-ensemble » et à l’« égalité des chances ».

« Pendant qu’ils bavardent avec la presse, consultent des experts, se font rédiger des rapports par des hauts fonctionnaires, d’incivilités en violences la société est entrée dans une mécanique où l’on s’habitue à cohabiter avec les acteurs d’une forme de banalité du mal. Mais un mal dont la description sociale, culturelle, idéologique, effraie certains esprits bien-pensants. Notre société est-elle à ce point tétanisée et dépressive qu’elle se soit accoutumée à cela ? Notre société est-elle si déphasée qu’elle préfère se donner bonne conscience en traquant ‘les discours de haine’ – c’est-à-dire en légalisant la police de la pensée – plutôt qu’en combattant avec la dernière vigueur républicaine et la plus grande sévérité judiciaire, les actes concrets de haine d’une minorité d’individus qui pourrissent la vie de la majorité », souligne Barbara Lefebvre.

« Rien n’est possible sans un sursaut moral, et donc politique au sens noble du terme, de tous les citoyens, seuls détenteurs de la souveraineté démocratique dans la République. C’est à eux, partout, de se mobiliser pour exiger leur droit à la sécurité. Ce droit est non négociable et aucune situation de crise ne peut justifier de surseoir à son exécution. Maintenant. Cette sécurité nous est due par l’État parce que nous nous acquittons de nos devoirs. Nous la payons en acceptant que notre liberté s’arrête là où commence celle d’autrui, en travaillant légalement et payant nos impôts, en éduquant nos enfants dans le respect d’autrui, en respectant la loi de la République quand bien même, à titre personnel, elle nous indispose », précise le co-auteur des Territoires perdus de la République.

« Pour Philippe Monguillot qui respectait paisiblement la loi et voulait la faire respecter jusque dans son bus, et pour tous ceux qui ont été blessés ou assassinés par ces barbares, nous citoyens devons exiger de nos dirigeants (locaux, régionaux, nationaux) des actes pour assurer notre sécurité. Celle de nos aînés ou nos enfants est encore plus urgente, eux que leur fragilité expose davantage à la violence de ces sauvages qui agissent en groupe, puisque leur lâcheté et leur bassesse morale les rendent incapables de soutenir un face à face à la loyale. En plus d’une éducation généralement défaillante, l’impunité acquise souvent dès les premiers délits d’adolescence les a rendus indifférents à celui qui n’est pas de leur clan, de leur quartier, celui-là n’est plus pour eux un frère humain. Quant à nous, hommes et femmes ‘à la vie tranquille’, sommes-nous définitivement acquis à cette morale d’esclave que décrivait Nietzsche pour continuer à tolérer, parmi nous, ces ennemis du genre humain ? » conclut Mme Lefebvre.

 

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