Meurtres de Mélanie Lemée et Philippe Monguillot : « Les Français ont soif de justice et de protection »

Par Séraphin Parmentier
14 juillet 2020
Mis à jour: 14 juillet 2020

Sur le plateau de C-News, l’éditorialiste Guillaume Bigot est revenu sur les nominations de Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti dans un contexte « où le droit à la sûreté est quotidiennement bafoué ».

Samedi dernier, le politologue et chroniqueur Guillaume Bigot est revenu sur les nominations de Gérald Darmanin et d’Éric Dupond-Moretti aux ministères de l’Intérieur et de la Justice dans le cadre de la matinale de C-News.

Des nominations qui sont intervenues dans un contexte particulier, comme l’a rappelé l’éditorialiste : les meurtres tragiques de Mélanie Lemée – une femme gendarme de 25 ans tuée dans l’exercice de ses fonctions le 4 juillet – et de Philippe Monguillot – un chauffeur de bus bayonnais sauvagement agressé le 5 juillet pendant son service, qui a fini par succomber à ses blessures.

« C’est dans ce contexte où le droit à la sûreté est quotidiennement bafoué qu’Éric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin ont pris leurs fonctions », souligne Guillaume Bigot.

Après avoir rappelé que le nouveau ministre de l’Intérieur avait « affiché un soutien sans faille aux policiers et aux gendarmes » depuis sa prise de fonction, « en se rendant de jour comme de nuit sur le terrain », l’éditorialiste s’est néanmoins demandé s’il disposerait des moyens nécessaires pour tenir ses engagements auprès des forces de l’ordre.

« Les policiers et les gendarmes sont écoeurés de constater que les criminels qu’ils arrêtent sont trop souvent et trop rapidement remis en liberté par des magistrats débordés ou complaisants », a rappelé le chroniqueur de la chaîne d’info.

« […] L’ensauvagement est en marche. Les statistiques à cet égard son édifiantes, elles disent que la peur du gendarme a disparu. Cet élément psychologique est pourtant essentiel dans la pacification de toute société : plus les forces de l’ordre sont respectées et moins elles ont précisément besoin de force pour maintenir l’ordre […] Plus un État est faible, moins il est respecté et plus les forces de l’ordre doivent user de force. Les sociétés pacifiques sont aussi des sociétés où l’autorité est indiscutée et indiscutable », ajoute-t-il.

« Chez nous, aujourd’hui, la peur du gendarme a disparu par l’effet du chantage au racisme, au colonialisme, par la diffusion d’un poison mortel pour la démocratie qui est l’idéologie victimaire », poursuit M. Bigot.

« Dans les années 80, forcer un barrage de gendarmerie, c’était risquer de se faire tirer dessus. Le gendarme qui aurait tiré aurait d’ailleurs été blanchi par la justice. Si Mélanie Lemée avait fait feu, elle aurait peut-être déclenché des émeutes urbaines, subi un lynchage médiatique, affronté un lâchage de sa hiérarchie et essuyé sans doute les foudres des magistrats. Accessoirement, elle serait peut-être encore en vie […] Plus les droits de l’homme sont appliqués de manière stricte et plus les violents les piétinent », observe l’éditorialiste.

« La société existe et a le droit de demander des comptes »

Selon Guillaume Bigot, la tâche du nouveau ministre de l’Intérieur promet d’être particulièrement difficile et Gérald Darmanin devra « composer avec cette fonte de la peur du gendarme, mais aussi avec un Garde des Sceaux qui veut renforcer les droits de la défense. »

« En démocratie, c’est heureux, ce ne sont pas les forces de l’ordre qui décident de mettre les voyous sous les verrous – et le nouveau Garde des Sceaux considère d’ailleurs que les magistrats font trop peu de cas des libertés individuelles. Traduction : la société aurait trop de droits et les individus pas assez. Dupond-Moretti a été accueilli par des applaudissements à la prison de Fresnes. Pas les applaudissements des gardiens, non, les applaudissements des taulards qui encourageaient Acquitator [surnom d’Éric Dupond-Moretti, ndlr] à aller encore plus loin dans la défense des violents et des durs », ajoute l’essayiste.

« Le nouveau ministre de la Justice a déclaré vouloir séparer le siège du parquet. Pourtant, la violation des règles les plus sacrées du contrat social ne regarde pas seulement les plaignants dans notre tradition juridique et ceux qui sont accusés de leur avoir fait du tort. Elle regarde toute la société. Si vous assassinez un chauffeur de bus, si vous tuez une gendarme, vous ne portez pas seulement préjudice à ces victimes et à leurs proches, c’est la Nation tout entière que vous agressez. La société existe et a le droit de demander des comptes, c’est d’ailleurs la principale justification de la politique pénale », précise Guillaume Bigot.

« ‘Je préfère innocenter cent coupables que de condamner un seul innocent’, disait Voltaire. Une majorité de Français de tous âges, de toutes origines et de tous milieux sociaux préfèrent aujourd’hui durcir les peines de cent Traoré pour éviter une seule Mélanie Lemée », ajoute-t-il.

« […] Il y a un homme et une femme qui aujourd’hui n’ont plus de voix. Et il y a surtout un peuple qui a soif de justice et de protection », conclut l’éditorialiste.

 

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