Mieux comprendre les raisons de la radicalisation en France

7 décembre 2015
Mis à jour: 7 décembre 2015

Le 25 novembre, le ministre de l’Économie Emmanuel Macron appelait à comprendre comment la radicalisation était advenue dans nos sociétés. Depuis les attentats de Paris en janvier puis en novembre, la lutte contre la radicalisation a pris une nouvelle tournure en France avec des actes terroristes menés en grande partie par des ressortissants français. Au-delà de l’appareil préventif installé depuis 2014 par Bernard Cazeneuve et l’arsenal répressif, renforcé après le 13 novembre, se pose la question de la responsabilité collective et des moyens mis en œuvre pour comprendre les causes de cette radicalisation.

La responsabilité politique face à la radicalisation

Alors que François Hollande est sur le terrain des opérations militaires en Syrie, que le Premier ministre Manuel Valls et son ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve s’assurent de l’administration de l’arsenal répressif et préventif sur le territoire, Emmanuel Macron s’est retrouvé lui sur le terrain des idées en soulevant la question de la responsabilité politique et collective dans les attentats.

Connu pour sa liberté de ton et une vision libérale à gauche, le ministre de l’Économie a affirmé le 2 décembre que « si nous refusons de regarder en face la réalité telle qu’elle est, alors nous nous abandonnerons à l’émotion du moment. (…) Notre responsabilité collective, c’est aussi de comprendre comment la radicalisation dans nos sociétés advient ».

Notre responsabilité collective, c’est aussi de comprendre comment la radicalisation dans nos sociétés advient.Emmanuel Macron

Selon lui, il faut se poser la question de notre modèle républicain, notamment sur la question de la laïcité – qui doit être ouverte par principe « parce qu’elle permet à chaque religion dans sa densité, dans la force de ce qu’elle représente, de s’exprimer », a-t-il assuré.

Un ascenseur social bloqué par un élitisme républicain abîmé

Le ministre avait provoqué la polémique le 21 novembre, notamment dans le camp de Jean-Christophe Cambadélis, en affirmant que la société française devait assumer une « part de responsabilité » dans le « terreau » du djihadisme en France. Selon lui, la raison en est la disparition de l’idéal républicain de mobilité sociale.

« Le terreau sur lequel les terroristes ont réussi à nourrir la violence, à détourner quelques individus, c’est celui de la défiance », a jugé le ministre de l’Économie. « Nous avons progressivement abîmé cet élitisme ouvert républicain qui permettait à chacune et chacun de progresser. Nous avons arrêté la mobilité sociale », a-t-il déploré en ajoutant : « Nous sommes une société dans laquelle nous avons construit la capacité à fermer la porte ».

Le ministre a souligné que tous ces éléments n’étaient pas la cause première du djihadisme, que c’était plutôt « la folie des hommes et l’esprit totalitaire et manipulateur de quelques-uns ». « Mais il y a un terreau, ce terreau est notre responsabilité », a précisé le ministre.

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