Migrants en Méditerranée: Sea-Watch rentre de force dans les eaux territoriales italiennes

Par afp
26 juin 2019 Mis à jour: 12 juillet 2019

La jeune capitaine du navire humanitaire Sea-Watch a forcé mercredi le blocus des eaux territoriales italiennes pour tenter de débarquer sur l’île de Lampedusa les 42 migrants bloqués à bord depuis deux semaines, au grand dam de Matteo Salvini.

« J’ai décidé d’entrer dans le port de Lampedusa. Je sais ce que je risque, mais les 42 naufragés à bord sont épuisés. Je les emmène en lieu sûr », a déclaré sur Twitter la jeune capitaine allemande du navire, Carola Rackete, engageant ainsi un bras de fer avec le ministre italien de l’Intérieur (extrême droite).

« En 14 jours, aucune solution politique ou juridique n’a été possible, l’Europe nous a abandonnés », a ajouté Sea-Watch, une ONG allemande dont le navire éponyme bat pavillon néerlandais.

Après avoir longtemps navigué le long de la ligne des eaux territoriales italiennes, le navire l’a franchie à la mi-journée et s’est arrêté en milieu d’après-midi en face du port de l’île.

Dans une vidéo diffusée en fin d’après-midi, la jeune capitaine a expliqué que les autorités italiennes étaient montées à bord pour contrôler les papiers du navire et les passeports de l’équipage.

« Maintenant, ils attendent des instructions de leurs supérieurs. J’espère vraiment qu’il vont évacuer les personnes secourues », a-t-elle ajouté.

Exaspération du Premier ministre italien Matteo Salvini

« Personne ne débarque à moins que quelqu’un ne s’occupe de les emmener à Amsterdam, à Berlin ou à Bruxelles. J’en ai plein de cul ! », a réagi M. Salvini dans une vidéo sur Facebook.

« Le navire néerlandais d’une ONG allemande qui se moque des lois italiennes (…). Mais vous plaisantez ! », a-t-il lancé en dénonçant un « petit jeu politique dégueulasse et sordide » de l’ONG.

« En 14 jours, ils auraient pu aller en Hollande et revenir. En 14 jours, ils auraient pu aller aux Etats-Unis ou en Australie », a-t-il affirmé.

Même s’ils assurent avoir appliqué le droit maritime et international, Carola Rackete, 31 ans, et les responsables de Sea-Watch risquent désormais des poursuites pour aide à l’immigration clandestine, ainsi que la saisie du bateau et une amende de 50.000 euros, conformément au récent « décret sécurité bis » de M. Salvini.

Si la fermeté du ministre italien a accentué la chute des arrivées entamée sous l’ancien gouvernement de centre gauche, elle n’y a cependant pas mis fin: selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, plus de 400 migrants ont débarqué en Italie ces deux dernières semaines, dont beaucoup arrivés sur des petites barques à Lampedusa.

Mardi, la Cour européenne des droits de l’Homme, saisie par l’ONG allemande, avait refusé d’intervenir en urgence, demandant cependant à l’Italie de « continuer de fournir toute assistance nécessaire » aux personnes vulnérables à bord.

Sur les 53 migrants secourus le 12 juin par le Sea-Watch au large de la Libye, l’Italie a déjà accepté le débarquement de 11 personnes vulnérables (enfants, femmes, malades…).

Epochtimes.fr avec AFP

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