[Édito] Miracle aux Invalides : la grande muette a parlé

Par La Rédaction
26 septembre 2021
Mis à jour: 10 octobre 2021

Surprenante coïncidence et profonde matière à réflexion, quelques jours seulement après le cuisant revers stratégique subi par la France dans la zone indo-pacifique, l’Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire (IRSEM), think-tank du ministère des Armées, a publié le rapport d’analyse le plus fouillé, le plus exhaustif à ce jour sur la stratégie d’influence internationale du régime chinois.

Dans Les opérations d’influence chinoise – un moment machiavélien (disponible ici et ici), les chercheurs de l’Institut confirment à grand renfort d’exemples et sur près de 650 pages ce que les lecteurs attentifs d’Epoch Times savent depuis longtemps : le régime communiste chinois s’est massivement infiltré en France comme dans la plupart des pays occidentaux, dans un effort organisé pour imposer son modèle et sa domination.

Valérie Niquet, politologue à la Fondation pour la Recherche Stratégique, voit dans la publication de ce rapport qu’auréole la légitimité du ministère des Armées, « un signe du fait que la France a compris que la Chine est une menace multiforme ». Sur TV5 Monde, elle rappelle que ce sujet, trop peu présenté au public, est bien connu de tous les politologues : « C’est dans l’ADN du régime chinois et des régimes léninistes : la propagande, la manipulation, la guerre de l’information. »

Dans leur rapport, Paul Charon et Jean-Baptiste Jeangène Vilmer rappellent d’abord que « ce qui est en cause n’est ni une population ni un pays mais bien les pratiques d’un pouvoir autoritaire. On peut critiquer l’un sans dénigrer l’autre. En confondant les deux, le régime s’approprie d’ailleurs la voix du « peuple chinois » qui, en Chine comme à l’étranger quoique par des voies différentes, est souvent le premier à critiquer les pratiques du PCC ». Puis, ils pointent le fait douloureux que « les services de renseignement d’un certain nombre de pays occidentaux ont alerté sur l’ambition hégémonique et révisionniste du PCC [Parti communiste chinois]. Ils n’ont pas été pris au sérieux par la plupart des décideurs, victimes à la fois d’une forme de naïveté face à la thèse chinoise de « l’émergence pacifique », et d’un excès de confiance quant à la supériorité morale du modèle démocratique. »

Une liste effrayante s’égrène ensuite, faite d’exemples de manipulations, de coercitions, de tentatives d’assassinat hors de Chine. Ce qu’il y a de pire sans doute est d’y voir, d’un côté les victimes, la violence des efforts du régime chinois pour empêcher que les camps de concentration et les trafics d’organes qu’il coordonne soient reconnus ; et de l’autre une corruption rampante : des sourires satisfaits dans les salons chics, l’argent qui coule à flots pour acheter hommes politiques, intellectuels, sportifs, youtubeurs.

Du premier côté, on voit le régime menacer les diasporas hors de Chine, mobiliser des millions (vous lisez bien, millions) d’internautes payés pour diffuser sa propagande sur les réseaux sociaux et faire croire à l’existence d’une opinion en sa faveur. On le voit tenter de discréditer ceux qu’il persécute, avec un rôle majeur « des diplomates chinois dans la surveillance, l’infiltration et le harcèlement d’un certain nombre de groupes considérés comme dissidents, dont en particulier les adeptes du Falun Gong ». Qu’il s’agisse des pratiquants de Falun Gong, des Ouïghours ou des Tibétains, l’ampleur est telle qu’il s’agit de « la plus grande campagne de répression transnationale dans le monde », indiquent les auteurs.

De l’autre, on subit la description de son infiltration en France via l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques), ainsi qu’avec la France-China Foundation qui permet « la constitution d’une armée de réserve dans laquelle le Parti peut puiser pour mener ses opérations d’influence ». La Fondation Prospective et Innovation, présidée par l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, n’est pas en reste puisqu’on comprend qu’elle n’est qu’un relais de propagande pour le régime. Pour les auteurs, « le dispositif chinois rappelle en l’espèce la façon dont les Soviétiques utilisaient l’envoi de délégations à l’étranger pour offrir au KGB des voies de pénétration des sociétés visées et pour faciliter le travail de ciblage de potentiels ‘idiots utiles’ ».

Le but ultime du Parti communiste, indiquent les auteurs en citant un idéologue du parti, « est de manipuler les valeurs, l’esprit/l’éthos national, les idéologies, les traditions culturelles, les croyances historiques, etc., d’un pays pour les inciter à abandonner leur compréhension théorique, leur système social et leur voie de développement et d’atteindre des objectifs stratégiques sans victoire ».

Ce terrible pavé serait, à vrai dire, plus un rapport d’autopsie qu’un rapport d’analyse stratégique si les auteurs ne concluaient en montrant combien le Parti communiste se discrédite lui-même et, à l’inverse de ses plans et malgré ses efforts, finit par unir le monde libre contre lui. La publication même de ce rapport d’un think tank gouvernemental pourrait être le signe du début d’un réveil de la République française, qu’il va falloir désormais stimuler. Comme à l’hôpital où les phases de réveil sont longues et incertaines, il faudra garder l’œil sur l’électrocardiogramme français et lui rappeler régulièrement les objectifs du régime chinois : « L’influence vers l’extérieur a d’abord et avant tout des motivations intérieures : la priorité absolue du PCC est de rester au pouvoir. Tout le reste en découle et doit s’interpréter en fonction. »

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