Les gouvernements persistent à singer le régime chinois pour contenir la pandémie

Deuxième article d'une série en deux parties : La réponse mondiale à la pandémie
Par Antonio Graceffo
21 novembre 2021
Mis à jour: 22 novembre 2021

Il semblerait que le régime chinois soit sous pression. En effet, la communauté internationale se montre critique quant à sa politique du zéro Covid. Rien d’étonnant, puisque celle-ci entraîne tout un pays vers l’effondrement économique. Mais, en réalité, on continue à suivre à des degrés différents les mesures chinoises contre la pandémie.

C’est en mars 2020, que la majorité des nations a commencé à suivre le modèle chinois de lutte contre la pandémie. Des mesures comme le port du masque, les confinements et les fermetures des écoles ont été généralisées malgré les nombreux indices de leur impact socio-économique désastreux et malgré le fait qu’elles n’étaient peut-être pas indispensables pour mettre fin à la propagation du virus.

Initialement, le directeur du Centre de coopération de l’OMS sur le droit de la santé nationale et mondiale de l’Université de Georgetown, Lawrence O. Gostin, avait signalé de « grandes préoccupations en matière des droits de l’homme » face aux mesures de confinement strictes imposées en Chine. Au lieu de ces stratégies extrêmes, M. Gostin suggérait que des mesures de santé publique normales étaient suffisantes et « scientifiquement justifiées ».

Mais, en avril 2020, le Dr Bruce Aylward, chef de l’équipe de l’OMS qui s’était rendue en Chine, déclarait au New York Times que les mesures de Pékin étaient adaptées pour tous les pays. Il ajoutait que le Covid-19 ne semblait pas représenter une menace pour les personnes de moins de 20 ans. Dans la même interview pourtant, il recommandait la fermeture des écoles à l’instar de la Chine. Il reconnaissait également que cette mesure allait être contraignante, obligeant près de la moitié la population active à rester cantonnée chez soi pour s’occuper des enfants.

Des barrières sont installées à l’extérieur du marché de gros fermé de Huanan Seafood pendant la visite de membres de l’équipe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) chargée d’enquêter sur les origines du Covid-19 à Wuhan, dans la province centrale du Hubei, le 31 janvier 2021. (Hector Retamal/AFP via Getty Images)

Interrogé sur le soutien des médias sociaux à la réponse chinoise pour lutter contre la pandémie, M. Aylward répondait : « Weibo, Tencent et WeChat diffusent des informations exactes. »

Bien sûr, il omettait d’évoquer la censure des opinions dissidentes en Chine, la confiscation des téléphones portables des personnes en quarantaine, l’interdiction de mentionner les cas de décès ou de publier des récits ou des photos de première main remettant en question le narratif du Parti communiste chinois (PCC).

Ainsi, les pays ne se sont pas contentés d’adopter les mesures sanitaires du régime mais aussi ses stratégies de censure consistant à n’autoriser que les « informations exactes » (i.e. les informations ratifiées par l’État).

Les médias occidentaux ont alimenté le narratif de Pékin sans discontinuer, malgré les preuves croissantes que ses mesures de lutte contre la pandémie étaient destructrices, inefficaces et intéressées.

Par exemple, en novembre 2020, The Conversation a publié un article intitulé « C’est grâce à la science et de fortes mesures sanitaires que la Chine a vaincu le coronavirus, pas juste l’autoritarisme ».

Et au New York Times, en février 2021, de titrer : « Pouvoir, patriotisme et 1,4 milliard d’habitants : comment la Chine a vaincu le virus et s’est rétablie ». Pourtant, début 2021, il était déjà clair que les masques, les confinements et les fermetures des établissements scolaires n’entraînaient que des désastres sans mettre fin à la pandémie. La seule affirmation selon laquelle la Chine s’était rétablie servait visiblement à alimenter le mythe, l’économie chinoise étant au bord de la pire crise économique depuis des décennies.

Fin 2020, l’OMS elle-même a commencé à assumer le fait que les confinements étaient synonymes de crise économique : « Ces mesures peuvent avoir un impact négatif profond sur les individus, les communautés et les sociétés en mettant la vie sociale et économique quasiment à l’arrêt. »

Et d’ajouter : « Ces mesures touchent de manière disproportionnée les groupes défavorisés, notamment les personnes qui vivent dans la pauvreté, les migrants, les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays et les réfugiés, qui vivent le plus souvent dans des environnements surpeuplés et manquant de ressources, et qui dépendent du travail quotidien pour leur subsistance. »

Un piéton se déplace le long de George Street presque vide dans le CBD de Sydney, en Australie, le 28 juin 2021. (Lisa Maree Williams/Getty Images)

Les observateurs, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Chine, ont progressivement constaté que ces mesures extrêmes n’étaient pas viables. Finalement, la plupart des pays se sont ravisés en matière de confinements et ont commencé à s’ouvrir. Depuis novembre, les plus réticents assouplissent leurs restrictions. Mais l’émergence de cette tendance graduelle à l’ajustement des politiques, fondée sur la logique, la raison et les statistiques, a pris près d’un an et demi. Et bizarrement, les pays anglophones, comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ont connu les confinements les plus stricts et les plus longs.

La Chine semble être le dernier pays qui maintient encore une stratégie du zéro Covid. Récemment, plus de 30 000 touristes ont été enfermés à l’intérieur du Shanghai Disneyland du fait qu’une personne a été testée positive au Covid-19 à sa sortie du parc. Ce sont donc des dizaines de milliers de visiteurs qui ont été testés à leur tour, pour constater finalement qu’il n’y avait pas un seul cas positif.

L’opinion publique mondiale se détourne désormais de la Chine, du fait qu’elle s’isole, par ses choix, du reste du monde. Cependant, alors que les responsables politiques et les médias occidentaux critiquent la Chine pour sa stratégie extrême du zéro Covid, personne n’a encore osé admettre que suivre le modèle chinois pour faire face à la pandémie s’est avéré être une terrible erreur et que l’Occident n’aurait jamais dû en arriver là.

Puisque les populations occidentales savent désormais concrètement en quoi le modèle chinois est destructeur, pourquoi continuent-elles à le suivre ? Oui, la plupart des pays ont abandonné la stratégie du zéro Covid, mais à des degrés divers, les masques, les confinements, les fermetures d’écoles, les restrictions, les interdictions de voyager et même les vaccins sont toujours imposés aux populations aussi bien dans des pays totalitaires que démocratiques.

Ces mesures émanent du régime chinois, or la Chine n’a pas vaincu le Covid-19. Par ailleurs, Pékin a ostensiblement tiré parti de ces confinements qu’il a grandement encouragés. Grâce à ces confinements, il a affaibli l’économie mondiale, s’est enrichi et s’est fait valoir sur la scène internationale. Face à un tel constat, ne serait-il pas logique de faire exactement le contraire de ce que ce régime belliqueux préconise ?

D’autres questions demeurent. Pourquoi la communauté internationale a-t-elle laissé Pékin gérer cette crise sanitaire ? Pourquoi a-t-on offert l’économie mondiale en pâture ? Pourquoi prive-t-on les citoyens de leurs droits fondamentaux ? Pourquoi les gouvernements occidentaux continuent-ils à se comporter comme des versions écrémées du Parti communiste chinois ?

Bien que l’Occident ait progressivement abandonné les mesures chinoises face au Covid, leurs fondations se maintiennent dangereusement, et il semble qu’il n’y aura jamais de retour aux droits de l’homme ni aux droits civils tels que nous les connaissions avant la pandémie.

Première partie : Pourquoi la Chine dicte-t-elle la réponse mondiale à la pandémie ?


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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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