Le monde ne sera plus le même après la crise sanitaire mondiale du Covid-19

Par Michael Walsh
19 mars 2020
Mis à jour: 1 avril 2020

Personne ne sait combien de temps durera l’état d’alarme internationale, à la limite de panique, provoquée par le coronavirus de Wuhan.

Qu’il s’agisse d’un phénomène ayant des conséquences dramatiques que certains craignent ou d’une mauvaise grippe qui tue en ciblant les personnes âgées et celles dont le système immunitaire est affaibli (ce qui semble être le cas au moment de l’écriture de ces lignes), une chose est sûre : lorsque cette pandémie arrivera finalement à sa fin, beaucoup de choses seront très, très différentes.

Toutefois, ce qui se passe n’est pas nécessairement une mauvaise chose dans tous les aspects – après tout, comme on dit, « jour de vent, jour de tourment ». Depuis plus d’un demi-siècle, le monde occidental s’est divisé en deux camps opposés. L’un pousse constamment au renversement des années, des décennies, des siècles, voire des millénaires, de tradition et de normes politiques établies par la société – et cela dans une course effrénée au « changement » à tout prix. L’autre camp essaye de lui résister, mais il est repoussé sur presque tous les fronts, abandonnant graduellement les principes traditionnels, religieux et les droits constitutionnels dans le cadre de ces tentatives, vouées à l’échec, d’apaiser ses adversaires.

La gauche est allée de l’avant en détruisant les principes et les normes traditionnels. Cependant, aujourd’hui, avec l’arrivée du coronavirus, nous en voyons les résultats. Voici une liste des plus grands perdants de la pandémie du virus du régime du Parti communiste chinois (PCC)*:

L’Union européenne (EU). Le rêve d’un super-État, sans besoin de passeport national à l’intérieur de l’UE, ne pouvait fonctionner que si tous les pays disparates réunis au sein de cette Union partageaient les mêmes valeurs culturelles. Toutefois, l’Allemagne – quelle surprise ! – s’est avérée n’être rien de tel que la Grèce ou l’Italie, tandis que la Grande-Bretagne et l’Irlande n’ont qu’une vague ressemblance avec la Belgique et la France.

En outre, les différences économiques, marquées par une éthique du travail très différente, ont rendu impossible le mariage des monnaies comme le deutschemark allemand et la drachme grecque. Une Union trop complexe, conçue à l’origine pour que la France et l’Allemagne ne se montent plus l’une contre l’autre, a toujours été fragile. Deux choses survenues récemment ont réussi à la désorienter complètement. La première est la décision de la chancelière allemande Angela Merkel d’admettre, en 2015, plus d’un million d’immigrants du Moyen-Orient et d’Afghanistan, leur donnant libre accès au reste de l’UE – ce qui a déclenché une déstabilisation sociale de Lampedusa en Italie à Stockholm en Suède et a partiellement contribué au « Brexit » britannique. La deuxième chose est la propagation en Europe de la grippe de Wuhan.

Alors que l’Italie et l’Espagne subissent de plein fouet les effets de la pandémie du virus du PCC, les États membres de l’EU ont tourné le dos à la charte européenne les uns après les autres et ont fermé la porte aux étrangers, y compris à leurs « compatriotes » européens. La sympathie pour les Syriens et les Afghans a dû être reléguée au second plan alors que sa propre grand-mère est en train d’expirer péniblement dans la chambre à coucher…

Même l’Allemagne en a eu assez et a fermé sa frontière à plusieurs de ses voisins immédiats, tandis que la zone Schengen – dans laquelle les citoyens des États membres (pas tous provenant de l’UE) pouvaient voyager librement – est désormais « verboten » (interdite) aux étrangers. Alors, dites « auf Wiedersehen » (au revoir) à l’Union européenne telle que vous l’avez connue, car les Européens se sont rappelé les plaisirs et l’utilité protectrice du nationalisme – ceux parmi eux qui sont plus intéressés par la survie nationale que par la chimère de Bruxelles pourront suivre la Grande-Bretagne qui en est déjà sortie. Tout cela signifie la fin effective de…

L’ouverture des frontières. De l’autre côté de l’Atlantique, les États-Unis ont subi des pressions de la part des démocrates visant à rendre leur frontière avec le Mexique pratiquement inexistante – ceci en bloquant devant les tribunaux chaque tentative de Donald Trump d’y ériger un mur, en ignorant l’autorité fédérale en matière d’immigration et en faisant de leur mieux pour empêcher les services de l’immigration et des douanes (ICE) d’arrêter et d’expulser les étrangers en situation irrégulière.

Il y a quelques jours à peine, Joe Biden, le candidat démocrate le plus probable aux élections présidentielles de 2020, a qualifié de « xénophobes » les mesures entreprises par Donald Trump dans le but de maîtriser la crise de la grippe de Wuhan. Toutefois, aujourd’hui, alors que le virus a paralysé l’économie et les voyages de New York jusqu’à la Californie, les Américains sont moins tolérants à l’égard du non-respect des lois qu’ils l’étaient il y a un mois. Dans les conditions où les sans-abri transforment les trottoirs en latrines à ciel ouvert, Hollywood, cet élément vital de Los Angeles, arrête la production de films, et les cinémas du pays ferment alors que 30 000 clandestins continuent de franchir chaque mois la frontière du sud-ouest du pays – l’ouverture des frontières est soudainement devenue pour les Américains un luxe que même les libéraux ne peuvent plus se permettre. Pendant ce temps, de l’autre côté du Pacifique…

La Chine est désormais considérée comme une menace plutôt qu’un partenaire commercial, et n’aura plus jamais les mêmes relations économiques et politiques avec l’Occident qu’auparavant. Cela signifie la fin des plans de domination mondiale de la Chine qui deviendra, j’espère, plutôt une puissance régionale non expansive.

Oublions l’idée conspiratrice selon laquelle le virus de Wuhan a été délibérément utilisé comme arme par l’État-Parti chinois. Ce qui est déjà suffisamment grave, c’est le fait que ce régime a dissimulé le déclenchement de l’épidémie aussi longtemps qu’il l’a fait et qu’il continue à en dissimuler les dimensions réelles depuis lors.

Le virus du PCC a également mis en lumière l’influence démesurée du régime chinois en Occident, notamment sa pénétration dans les collèges et universités dans le but de suborner des professeurs pour qu’ils volent les résultats des recherches et la technologie ou d’y implanter ses agents qui se font passer pour des chercheurs et des étudiants.

La dépendance à l’égard de la Chine pour une grande variété de produits, par exemple, la dépendance de l’Amérique en médicaments et en appareils médicaux, est désormais chose du passé, surtout après les menaces chinoises de suspendre ses livraisons de produits pharmaceutiques vitaux.

En même temps, dans des endroits tels que le nord de l’Italie – où le pire de l’épidémie européenne a eu lieu, en particulier à cause du contrôle de l’industrie textile italienne par la Chine qui envisage également de transformer les ports de Gênes et de Trieste en points d’entrée principaux des produits chinois en Europe depuis que l’Italie s’est jointe, en 2019, au projet chinois de la « nouvelle route de la soie » – les investissements chinois font l’objet d’une réévaluation. Tout comme…

Le changement climatique. Ce projet titanesque, qui visait à priver les nations riches de leur argent et de leur niveau de vie, ne fait plus les gros titres alors que Greta Thunberg a perdu son rôle de voyante créé par les médias et reprend sa vie d’adolescente suédoise anonyme.

L’urgence de maintenir l’augmentation de la température terrestre au niveau ne dépassant pas 2 degrés Celsius devient beaucoup moins importante alors que la température de votre propre corps monte et que les unités de soins intensifs sont remplies à craquer. Une énorme industrie d’alarmistes et de chercheurs de profits liés à la lutte contre le réchauffement climatique devrait se contenter des sommes d’argent moins importantes, alors que les pays rationnels réorientent leurs ressources critiques et limitées vers les soins et la prévention des maladies contagieuses.

En outre, le virus chinois se développe moins bien dans un climat chaud et humide – alors, peut-être, une vague de chaleur est juste ce que le médecin a prescrit. Tout cela nous concerne tous, n’est-ce pas ? Ainsi que le fait que…

La mondialisation et le « libre-échange » sont en train de disparaître. Le virus de Wuhan signifie la fin de la main-d’œuvre bon marché, voire du travail d’esclaves – et donc la disparition des biens électroniques bon marché de bas de gamme et des gadgets hors de prix (comme les iPhone et les Nikes) haut de gamme, avec des marges bénéficiaires énormes retenues par ceux qui escroquent les consommateurs tandis que la main-d’œuvre asiatique se fait rouler et que les travailleurs occidentaux sont envoyés aux bureaux de chômage.

Bref, c’est la fin de la mondialisation (et de l’ouverture des frontières) qui a enrichi un cercle limité d’individus aux dépens des autres qui ont été souvent réduits à la mendicité.

D’autres choses sont également susceptibles de changer, en particulier la tenue des Jeux olympiques d’été 2020 à Tokyo, les transports publics (la voiture privée s’avère être le parfait véhicule de distanciation sociale, mais pas les bus ou le métro), les démocrates américains (après avoir perdu trois ans à se livrer à leur canular de « collusion russe » et à mener un procès bidon visant à destituer Trump, actuellement personne ne se soucie trop de savoir lequel des deux petits vieux œuvrant à l’encontre des intérêts américains – Biden ou Sanders – sera choisi par le Parti démocrate comme son candidat à la présidence américaine lors des élections de novembre 2020), les droits des animaux (tester en laboratoire des vaccins expérimentaux sur des animaux ? – pas de problème !), etc.

Toutefois, les plus durement touchés seront les médias, en particulier des médias américains, dont la manie anti-Trump, le recours à des « sources anonymes » manipulatrices, voire imaginaires, l’ignorance générale de presque tous les domaines spécialisés sur lesquels ils tombent, la naïveté politique et la fidélité absolue à la ligne du Parti démocrate (la mention de « Wuhan » est maintenant considérée comme raciste par ces médias), ont transformé une profession autrefois digne de fierté en un porte-parole de la direction de ce parti.

À l’époque où les journaux meurent et les journalistes sont licenciés, les médias ont choisi de s’en tenir aux soi-disant « principes » plutôt que d’adhérer à leurs anciennes normes d’objectivité et de professionnalisme. Ils voulaient du « changement », et bien, maintenant ils l’obtiennent – un changement « bon et dur », comme l’a dit H. L. Mencken, l’un des écrivains américains les plus influents du XXe siècle.

Espérons que la prochaine fois que l’on pensera à détruire les normes et les principes traditionnels, on réfléchira à deux fois avant de le faire.

Michael Walsh est l’auteur des livres The Devil’s Pleasure Palace et The Fiery Angel. Son dernier livre, Last Stands, sera publié plus tard cette année.

* Epoch Times désigne le nouveau coronavirus, responsable de la maladie du Covid-19, comme le « virus du PCC », car la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti Communiste Chinois (PCC) ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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