Le monde doit s’unir contre la Chine communiste, selon une militante étudiante de Hong Kong

Par Eva Fu
13 décembre 2019 Mis à jour: 13 décembre 2019

La crise politique actuelle à Hong Kong devrait servir de signal d’alarme pour que le monde libre se mobilise contre la Chine communiste, déclare Joey Siu, militante étudiante hongkongaise.

Joey Siu, 20 ans, s’est fait l’avocate du mouvement pro-démocratique dans sa ville natale. Elle est également l’une des fondatrices de la Hong Kong Higher Institutions International Affairs Delegation (Délégation des affaires des Institutions supérieures internationales de Hong Kong), un groupe qui regroupe 11 associations d’étudiants et organise des réunions avec des fonctionnaires internationaux pour obtenir leur soutien à l’égard des manifestations.

Elle a récemment déclaré dans une interview accordée au programme American Thought Leaders d’Epoch Times que la protection des valeurs universellement partagées de l’ancienne colonie britannique s’apparente à la lutte contre les menaces posées par le Parti communiste chinois (PCC) à travers le monde.

Le gouvernement fantoche de Pékin

Les manifestations à Hong Kong, qui se poursuivent depuis six mois, ont commencé par des appels à l’abolition d’un projet de loi maintenant retiré qui permettrait au régime de Pékin de transférer des personnes vers la Chine continentale et de les juger dans le système juridique opaque du PCC. Depuis lors, les manifestants ont élargi leurs revendications pour inclure une enquête indépendante sur l’usage excessif présumé de la force par le corps policier et un véritable suffrage universel.

Le chef de l’exécutif de la région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong, Carrie Lam, a toujours qualifié les manifestations d’ « émeutes » et a refusé de répondre aux autres revendications des manifestants.

« Il est très évident que le gouvernement de Hong Kong est en fait une marionnette manipulée par le Parti communiste chinois », a déclaré Mme Siu.

« Quand on se bat pour les droits de l’homme et la démocratie à Hong Kong, il faut s’opposer au Parti communiste chinois, car on sait que c’est lui qui donne toutes les instructions et qui prévoit l’avenir de Hong Kong. »

Des manifestants tiennent des banderoles et des pancartes lors d’une marche à Hong Kong le 8 décembre 2019. (Sung Pilung/The Epoch Times)

L’inégalité des règles du jeu

La police a procédé à 6 022 arrestations et tiré environ 16 000 cartouches de gaz lacrymogène et 10 000 balles en caoutchouc au cours des six mois du mouvement de protestation, selon le dernier point de presse.

« Nous n’avons jamais pensé que Hong Kong deviendrait un jour un champ de bataille, où des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc volent partout presque toutes les semaines dans toute la ville », a lancé Mme Siu.

Malgré l’intensification observée de l’agressivité chez certains manifestants de première ligne, comme les jets de bombes à essence et les incendies, Joey Siu a déclaré qu’elle ne veut pas les blâmer.

« [La police] utilisait des balles de gaz lacrymogène, des balles en caoutchouc, ils conduisaient même des canons à eau et tiraient des balles réelles« , a-t-elle avancé

« Lorsque nous sommes dans cette situation, c’est en fait par légitime défense que nous devons nous protéger et protéger nos frères et sœurs qui sont aussi en première ligne », a-t-elle ajouté.

Des personnes sont détenues par la police près de l’université polytechnique de Hong Kong, dans le district Hung Hom de Hong Kong, le 18 novembre 2019. (Dale de la Rey/AFP via Getty Images)

Elle a déclaré que le niveau de force utilisé par les manifestants et la police n’est « jamais de force égale », car bien que la police soit équipée d’armes à feu, de gaz lacrymogène et de gaz poivré, les manifestants n’ont que des écrans faits de matelas, de tables ou de chaises.

« Aucun des manifestants n’essaie intentionnellement de faire du mal aux forces de l’ordre s’il n’y a pas de déclenchement de la part des policiers. […] Nous devons approfondir notre compréhension des causes de l’escalade du niveau de force exercée », a-t-elle réitéré.

Elle a critiqué le gouvernement pour « n’avoir rien fait » lors des allégations croissantes de violence policière, notamment les insultes verbales envers les manifestants, les rapports d’abus sexuels et l’usage excessif de la force pendant les sièges des campus de la City University of Hong Kong et de la Polytechnic University.

« Beaucoup d’étudiants qui sont piégés à l’intérieur de l’Université polytechnique se retrouvent sans nourriture, sans eau, et certains d’entre eux, après avoir été blessés, n’ont pas de secouriste volontaire pour les aider à panser leurs plaies », révèle J. Siu, qualifiant cela d’ « inacceptable ».

« Même lorsque vous essayez d’arrêter les manifestants, ou même lorsque vous essayez de résoudre les protestations dans la région, comment pouvez-vous couper toute nourriture et approvisionnement médical ? Et comment pouvez-vous arrêter des journalistes qui essaient de rapporter et d’enregistrer l’histoire ? »

Les manifestants organisent un rassemblement de masse et une marche à Hong Kong le 8 décembre 2019. (Sung Pilung/The Epoch Times)

Sensibiliser les gens

Joey Siu explique que l’un de ses objectifs est d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les menaces posées par le régime.

Citons par exemple l’Allemagne, qui permet toujours au géant de la télécommunication Huawei de travailler sur ses infrastructures 5G en dépit des malaises qu’apportent ses liens étroits avec l’État qui peuvent nuire à la sécurité nationale.

Joey Siu s’est également dit préoccupée par l’expansion en Afrique de l’initiative des Nouvelles Routes de la soie, un projet d’investissement dans les infrastructures que Pékin a lancé en 2013 pour construire un réseau commercial en Asie du Sud-Est, en Afrique et en Europe.

Les critiques ont lancé des mises en garde contre cette initiative, la qualifiant de « diplomatie du piège de la dette » – laquelle est une forme d’endettement où les pays sous-développés sont aux prises avec de lourdes dettes qu’ils ne pourront être en mesure de rembourser.

Pékin contrôle désormais une base militaire dans le pays africain de Djibouti, ainsi que plusieurs ports de l’océan Indien.

À Hong Kong, a précisé Mme Siu, le gouvernement a installé d’innombrables « lampadaires intelligents » qui pourraient ouvrir la voie à un État de surveillance.

Joey Siu a dit que ce n’est que récemment qu’elle a compris les « incroyables » violations des droits de l’homme que le régime chinois commet.

Pendant son enfance, alors qu’elle allait faire du shopping ou se rendait à la bibliothèque, elle avait croisé des pratiquants de Falun Gong devant leurs stands distribuant des tracts sur les prélèvements forcés d’organes sur des pratiquants emprisonnés en Chine.

Les pratiquants de Falun Gong, une pratique spirituelle composée d’exercices de méditation et d’un ensemble d’enseignements moraux axés sur l’authenticité, la bienveillance et la tolérance, sont brutalement persécutés par le régime chinois depuis 1999.

« En fait, j’estimais que c’était irréel car même en voyant les photos, même en voyant toutes les vidéos, je n’arrivais pas à croire que cela se passait réellement dans le monde », dit-elle, ajoutant que ce n’est qu’après avoir été exposée à de volumineux rapports sur cette pratique effroyable qu’elle a été progressivement convaincue.

En juin, un tribunal populaire indépendant de Londres a conclu, à l’issue d’une enquête d’un an, que le prélèvement d’organes sur des prisonniers d’opinion vivants, permis par l’État, a lieu depuis des années « à une échelle significative« .

Joey Siu renchérit qu’il est important de se faire entendre sur ces questions non seulement pour l’avenir de Hong Kong, mais aussi pour celui du monde entier.

« Nous devons nous opposer à la Chine et nous devons être conscients des problèmes afin que le gouvernement chinois ne soit pas en mesure de surveiller toutes les personnes qui vous entourent.

« Nous devons être solidaires sinon, un jour, ce régime maléfique viendra supprimer votre liberté, vos droits humains fondamentaux. »

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