Le mondialisme : cette idéologie hybride du XXIe siècle

13 octobre 2018
Mis à jour: 15 octobre 2018

Au XXe siècle, le totalitarisme était dominé par deux idéologies : le communisme et le fascisme. Au grand désarroi de ceux qui estiment que le communisme est l’antithèse du fascisme, ces idéologies sont deux faces d’une même médaille.

Tous deux furent fondés sur le contrôle absolu de tous les aspects de la société, de l’économique au social. Le fait que le communisme contrôle directement les moyens de production, alors que le fascisme le contrôle indirectement par le biais de la fiscalité et de la réglementation, est au mieux sans importance. De même, les communistes se concentrent sur la classe alors que les fascistes se concentrent sur la race, mais tous deux utilisent la conscience collective pour exclure l’étranger et subordonner l’individu à l’État.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, le fascisme était bel et bien discrédité et vaincu en tant qu’idéologie, devenant la pire de toutes les péjoratives politiques. En revanche, la Seconde Guerre mondiale mena le communisme à s’emparer de l’ensemble de l’Europe de l’Est et des Balkans, empiétant même sur la partie orientale de l’Allemagne. Dans le monde de l’après-guerre froide, une nouvelle idéologie se hisse au premier rang de la scène mondiale : le mondialisme.

Le mondialisme n’est pas un nom volontairement adopté par les responsables, contrairement aux communistes ou aux fascistes, ouvertement fiers de leur identité. Néanmoins, c’est une étiquette utile pour décrire le nouvel ordre « internationaliste » apparu dans la dernière décennie du XXe siècle, qui prend de l’ampleur à mesure que le XXIe siècle avance.

À la fin de la guerre froide, cette nouvelle idéologie ne s’est pas annoncée au monde de la même manière que le communisme et le fascisme. Cette subtilité est peut-être son trait le plus insidieux.

Communisme et fascisme combinés

La mondialisation est une idéologie hybride : c’est ni le communisme ni le fascisme, mais elle combine des éléments des deux idéologies. Sur le plan économique, c’est une forme de fascisme, dérivée de la structure corporatiste des régimes fascistes du XXe siècle.

Les fascistes ont appris de la famine et des pénuries en Russie soviétique qui menèrent à la Nouvelle Politique économique de Vladimir Lénine en 1921 – également conçue pour pacifier la rébellion la même année. Les fascistes utilisaient les entreprises comme mandataires pour contrôler l’économie : la fiscalité et la réglementation contournaient les risques associés à la propriété du titre légal d’une entreprise, évitant ainsi les problèmes que les communistes éprouvaient en possédant les moyens de production.

Le fascisme est une forme de socialisme, quoique différente dans son application au communisme. Hélas, des sympathisants communistes ont tenté de nier que tel est le cas. Ils changent la définition du socialisme. Dans le même ordre d’idées, personne ne peut être considéré comme de gauche s’il n’est pas communiste. Le résultat final de ce révisionnisme en est que ceux qui ne défendent pas tous les aspects du Manifeste communiste ne peuvent être socialistes ou de gauche.

Avant la Seconde Guerre mondiale, un débat a eu lieu sur la question de savoir si le communisme ou le fascisme était la meilleure voie à suivre pour les socialistes.

Un pamphlet nazi de 1926 intitulé « Réflexions sur les tâches de l’avenir » disait : « Nous sommes des socialistes, des ennemis, des ennemis mortels du système économique capitaliste actuel avec son exploitation des faibles économiquement, avec son injustice salariale, avec son évaluation immorale des individus selon la richesse et l’argent au lieu de la responsabilité et du succès, et nous sommes déterminés en toutes circonstances à abolir ce système » ! Il serait facile de confondre cette déclaration avec une proclamation marxiste.

Si l’on met de côté le fait que certains n’accepteront jamais que le fascisme soit une forme de socialisme, nous pouvons certainement voir à quel point les entreprises sont disposées à collaborer avec les gouvernements aujourd’hui, créant ainsi une porte tournante entre les élites aux plus hauts échelons de l’État et les entreprises.

Ce type d’arrangement mutuellement bénéfique est parfois appelé « fascisme des entreprises », dans lequel les grandes entreprises mettent en œuvre les politiques économiques de l’État et, de façon critique, perçoivent des recettes. Cette relation peut être juxtaposée à des seigneurs féodaux percevant des impôts au nom de la monarchie, bénéficiant d’une relation étroite avec la cour royale.

Marxisme culturel

Si le communisme entraîne constamment une libéralisation économique pour éviter l’effondrement total, le mondialisme adopte les politiques économiques beaucoup plus pragmatiques du fascisme. Sur le plan social, cependant, le mondialisme rejette catégoriquement cette idéologie. En tant qu’internationaliste par nature, le mondialisme s’oppose totalement au nationalisme, qu’il soit civique ou ethnique, et est donc sur un pied d’égalité avec le communisme à cet égard.

Le fascisme est généralement associé au nationalisme, mais étant donné qu’il cherche à s’étendre au-delà des frontières d’une nation, il ressemble davantage à une forme ethnique ou raciale d’internationalisme.

L’internationalisme vise précisément le même objectif expansionniste, sans toutefois mettre l’accent sur la race ou l’ethnicité.

Le fascisme aspire à une « race maîtresse » qui gouverne le monde. Pour le communisme, c’est un « homme nouveau » qui transcende la nation, la religion ou la classe économique.

Le mondialisme est une idéologie postmoderne qui cherche un monde où les distinctions biologiques et culturelles n’existent plus et est donc un produit de la pensée marxiste connue sous le nom de « marxisme culturel ».

Comme nous pouvons le voir, le mondialisme découle de la même école de pensée sociale que le communisme, tout en restant fermement ancré dans le camp économique fasciste. Cela crée une combinaison toxique qui décime la culture et la tradition. La mondialisation paralyse les économies à l’échelle nationale et locale, les remplaçant par des monopoles d’entreprises qui rendent les pays interdépendants et faibles.

Dans ce contexte économique, le mondialisme a graduellement établi des organisations supranationales et intergouvernementales comme l’Union européenne et les Nations Unies, les élargissant subrepticement par le biais d’accords qui sont présentés par euphémisme comme un libre-échange international.

Sur le plan social, le mondialisme attaque tout sentiment d’identité à l’échelle nationale. Au niveau individuel, il décompose la biologie jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un sens nihiliste de soi. Privés d’identité nationale ou individuelle, les gens sont entraînés dans un cycle sans fin de groupes de justice sociale qui favorise évidemment la balkanisation [processus de fragmentation et de division des États et régions en des territoires plus petits et souvent hostiles les uns envers les autres].

La société devient ainsi atomisée, sans racines et complètement vulnérable à la convergence mondialiste. Nous l’avons vu lorsque la Grande-Bretagne a voté pour quitter l’UE, marquant les explosions hystériques de citoyens britanniques qui se sentaient plus européens que citoyens britanniques.

Aucune société ne peut survivre sans identité et aucun individu ne peut maintenir son équilibre s’il ne sait pas qui il est – d’où la raison pour laquelle le mondialisme est une idéologie si destructive.

Cid Lazarou est un blogueur, écrivain et journaliste indépendant du Royaume-Uni.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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