Crainte d’une propagation de peste dans le nord de la Chine où la population de rats échappe à tout contrôle

Par Olivia Li
28 novembre 2019 Mis à jour: 28 novembre 2019

De nombreux Chinois sont en état d’alerte depuis que plusieurs cas de peste se sont déclarés en Mongolie intérieure, dans le nord de la Chine, où la population de rats serait hors de contrôle.

Selon les médias d’État chinois, au moins quatre personnes ont été diagnostiquées comme étant atteintes de la peste. Le premier patient, originaire de la province du Gansu, dans le nord-ouest de la Chine, est mort en septembre de la peste bubonique. Un couple vivant en Mongolie intérieure atteint de peste pulmonaire est actuellement pris en charge dans un hôpital de Pékin. Le quatrième patient a contracté la peste bubonique après avoir consommé un lièvre sauvage le 5 novembre, il est également traité à Pékin.

Cependant, bien que le régime chinois ait pris des mesures pour prévenir la propagation de la maladie, les internautes soupçonnent que les autorités tentent de dissimuler d’autres cas de contamination.

La peste bubonique est principalement propagée par les puces infectées des petits animaux et des rongeurs tels que les rats, les chiens de prairie et les lièvres. Les trois formes de peste – la peste bubonique, la peste septicémique et la peste pulmonaire – sont d’origine infectieuse. Au XIVe siècle, en Europe, cette maladie connue sous le nom de peste noire a coûté la vie à 50 millions de personnes.

Le couple soigné à Pékin a contracté la peste dans leur ville natale de la ligue de Xilin Gol, en Mongolie intérieure.

Le 25 novembre, un villageois de la ligue de Xilin Gol a déclaré à l’édition chinoise d’Epoch Times, sous couvert d’anonymat, que la population de rats en Mongolie intérieure a soudainement augmenté cette année. L’invasion de rats dans la ligue de Xilin Gol a débuté en août, bien que les gens des environs aient commencé à les remarquer en juin. Il a déclaré qu’on voit à présent des rats courir partout.

De jeunes cavaliers participent à une course lors du festival Naadam dans les prairies de la steppe de Gegen Tal en Mongolie intérieure, dans le nord de la Chine, le 27 juillet 2005. Ces régions rurales sont connues pour leurs vastes prairies, où l’élevage en plein air est l’activité économique dominante. (Goh Chai Hin/AFP via Getty Images)

La ligue de Xilin Gol est connue pour ses prairies bien préservées et ses races de chevaux mongols. Elle est bordée au nord par la Mongolie et se trouve à environ 547 km (340 miles) au nord de Pékin.

« Il y a de nombreux trous à rats dans la prairie, et nous voyons souvent des rats courir partout à l’intérieur de la maison », a-t-il déclaré. « Les autorités ont distribué de la mort-aux-rats aux habitants, mais je sais que ça ne marchera pas. Il y a juste trop de rats, ils se déplacent par centaines. »

La compagnie aérienne Huabin Airlines de Pékin, spécialisée dans les secours en cas de catastrophe, a annoncé le 20 novembre sur Twitter qu’elle avait envoyé quatre hélicoptères dans les steppes de Xilin Gol pour y déverser de la mort-aux-rats.

Un fonctionnaire local s’est entretenu avec l’édition chinoise d’Epoch Times sous le couvert de l’anonymat. Il a confirmé que la population de rats est devenue incontrôlable. Il a déclaré que les fonctionnaires utilisent des tracteurs pour livrer aux bergers locaux de la mort-aux-rats, ainsi que des brochures sur la prévention de la peste bubonique.

Il a également révélé que dans les gares ferroviaires, les gares routières et les points d’entrée et de sortie des grandes villes de la région, les employés de l’État prenaient la température corporelle des voyageurs. Certains employés ont été vus avec des combinaisons de protection intégrales, ce qui donne aux gens l’impression que la situation est très grave.

Selon ce fonctionnaire, la ligue de Xilin Gol est actuellement dans un état d’alerte de « premier ordre » concernant la peste. Tous les résidents ont reçu des mises en garde contre les dangers de manger des animaux sauvages et de s’approcher des chiens de prairie.

Le magazine financier chinois Caixin a rapporté le 22 novembre que le groupe d’intervention d’urgence chargé de la prévention et du contrôle de la peste bubonique (Bubonic Plague Prevention and Control Emergency Response Leadership Group) a publié une stratégie visant à empêcher la propagation de la peste à Pékin. Trois lignes de défense ont été proposées : 1) avertir la population de l’épidémie ; 2) procéder à des examens physiques [qui doivent être effectués par les institutions médicales] ; et 3) effectuer des inspections médicales aux points de contrôle d’entrée.

En particulier, des « points de contrôle de la température corporelle » ont été installés sur toutes les principales artères de circulation de la Mongolie intérieure. Toutes les personnes qui entrent et sortent de la région doivent subir un test et doivent enregistrer leur nom, leur numéro de téléphone, le point de départ et la destination de leur voyage.

On sait que le régime chinois a systématiquement bloqué les informations sur les épidémies contagieuses, comme l’épidémie de SRAS en 2003. Un citoyen de Pékin souhaitant rester anonyme a déclaré à New Tang Dynasty TV, une chaîne de télévision partenaire d’Epoch Times, que son ancien camarade de classe qui travaille à l’hôpital Xuanwu, l’un des meilleurs hôpitaux de Pékin, n’avait pas le droit de partager les informations sur les cas de peste.

« Mon camarade de classe m’a dit que les autorités de l’hôpital ont déjà donné l’ordre qu’aucun des employés de l’hôpital ne soit autorisé à parler à des étrangers de la situation réelle de la peste », a déclaré l’informateur. « En fait, il y a six cas confirmés. Tout comme le camouflage du SRAS il y a quelques années, les autorités ne permettront pas à la population de connaître [les détails] de l’épidémie de peste », a-t-il ajouté.

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