Montpellier : un policier reste accroché à une portière et est traîné sur 1,5 km pendant une folle course-poursuite

Par Séraphin Parmentier
21 février 2020
Mis à jour: 21 février 2020

Un agent de police est resté accroché à la portière d’un chauffard ayant refusé de se soumettre à un contrôle de police, jusqu’à ce que ses collègues parviennent à immobiliser le conducteur en ouvrant le feu.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 février. Le conducteur d’une Clio commence par refuser de s’arrêter lors d’un contrôle de police rue Paul Rimbaud, dans le quartier des Cévennes.

Aussitôt pris en chasse par les forces de l’ordre, il fait alors mine de s’arrêter une première fois avant de redémarrer en trombe au moment où les policiers arrivent à sa hauteur et descendent de leur véhicule.

La police décide ensuite d’employer une herse pour obliger l’automobiliste à s’arrêter. Si celui-ci finit par immobiliser son véhicule, il refuse toutefois de sortir de l’habitacle.

Un des policiers brise alors la vitre avant droite de la voiture pour tenter de l’appréhender. Le contrevenant redémarre immédiatement et l’agent doit s’accrocher à la portière de la Clio pour ne pas tomber.

C’est le début d’une course folle qui va durer plusieurs minutes et pendant laquelle le chauffard n’hésitera pas à essayer de percuter un véhicule arrivant en sens inverse afin que le policier soit pris en étau. Le conducteur arrivant en face parviendra heureusement à l’éviter au prix d’une embardée.

Des renforts arrivent et les policiers n’ont d’autres choix que celui d’ouvrir le feu sur le fuyard qui refuse toujours de s’arrêter. Touché à l’épaule et à la jambe, il sera finalement obligé de se rendre.

Âgé de 19 ans, il a été interpellé en compagnie des trois passagers qu’il transportait. Bien connus de la police, ces derniers sont respectivement âgés de 18, 23 et 39 ans.

Plus de peur que de mal pour le policier

Si le policier resté accroché à la portière du véhicule n’a été que légèrement blessé – il s’est vu délivrer trois jours d’ITT –, il a toutefois été particulièrement choqué par ce qui lui est arrivé.

« Si parfois les policiers sont renversés, confrontés à la violence, traînés sur quelques mètres, c’est quand même très rare d’être accroché à la portière sur 1,5 kilomètre avec un chauffard qui fait des pointes à 80 km/h. J’imagine que le policier a dû se poser des questions et se demander s’il allait finir la nuit vivant. Heureusement qu’il était en très bonne condition physique. Notre collègue est blessé légèrement, mais c’est un véritable miracle », a déclaré David Leyraud, membre du syndicat Alliance Police Nationale, aux journalistes de France Bleu.

« Il a percuté des voitures de police, il a zigzagué, il a accéléré… Dieu merci, il les a percutés de face, notre collègue était au niveau de la portière, donc sur le côté… mais c’est une scène d’une extrême violence digne d’un film d’action, sauf que ce n’est pas du cinéma, c’est la vraie vie et notre collègue a failli y laisser sa peau », ajoute-t-il.

« On sait très bien que la vie d’un policier ne vaut pas grand chose. Pour échapper à leur responsabilité, pour une alcoolémie, pour quelques grammes de cannabis ou un défaut d’assurance, les gens n’hésitent plus à adopter des comportements d’une violence extraordinaire qui peuvent mettre en jeu la vie d’un homme. La vie de mes collègues, pour beaucoup d’individus, elle ne vaut pas grand chose. C’est extrêmement inquiétant, c’est une dérive sociétale et on ne peut pas l’accepter. Il faut une réponse exemplaire de la justice. On ne peut pas accepter que l’on dise que ce sont les risques du métier. […] On est là pour interpeller des voleurs, porter secours et assistance. D’ailleurs, c’est ce qui a été fait : quand le chauffard a été blessé, les collègues lui ont porté assistance. Ça, c’est un comportement digne et exemplaire en matière de déontologie et de professionnalisme de la part des policiers montpelliérains », conclut M. Leyraud.

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