Une musicienne verbalisée dans le TGV à Reims car elle transportait sa contrebasse

Par Léonard Plantain
30 avril 2021
Mis à jour: 30 avril 2021

Originaire de Strasbourg, une musicienne professionnelle a reçu une amende de 100 euros pour avoir transporté sa contrebasse dans le train à Reims. Un « bagage » visiblement interdit par la SNCF.

Comme de nombreux contrebassistes qui ont déjà vécu ce scénario, Elodie Peudepièce a également été verbalisée le 8 avril dernier, dans le TGV entre Reims et Paris. En effet, cette Strasbourgeoise, qui partait enregistrer un disque dans un studio de Paris, a été interpellée par un contrôleur de la SNCF car elle transportait sa contrebasse dans le train. Résultat : 100 euros d’amende pour « occupation abusive de l’espace bagage ».

Contactée par France Bleu, la SNCF a déclaré : « C’est un sujet de sécurité pour permettre d’effectuer un voyage sans danger. Une contrebasse est particulièrement volumineuse [environ 1m80 de hauteur pour 1m de largeur] et lourde [environ 8 kg]. De par sa taille et son volume, elle ne peut pas être rangée dans les espaces bagages. Par ailleurs, la contrebasse a un risque de chute en cas de vibrations du train ».

Des mots et un règlement que les contrebassistes connaissent, mais qui n’ont pas de sens pour eux. Notamment car les vélos et les planches de surfs sont acceptés : « Lorsque j’ai pris l’amende, mon instrument était rangé bien comme il faut. Il ne dérangeait personne et ne bloquait ni les portes, ni les voyageurs », a expliqué Elodie.

Cette situation, source de stress, accompagne chaque voyage en train pour Elodie, qui parcourt des milliers de kilomètres chaque année pour jouer en concert : « C’est très difficile à vivre. Avant un voyage, on est inquiet et stressé parce qu’on ne sait pas où ranger l’instrument, on craint le passage de l’agent. Il y a une organisation logistique que personne ne mesure », a-t-elle déploré.

Même combat pour Marie-Amélie Clément, contrebassiste au sein de l’orchestre rémois Akadêmia : « C’est une source de stress de prendre le train, on ne sait pas à quelle sauce on va être mangé. Certains contrôleurs sont arrangeants, d’autres beaucoup moins. Il y en a un qui m’a même dit un jour : ‘Heureusement que le train est direct, sinon je vous descendais sur le quai’. Ce n’est jamais reposant, on n’est jamais détendus », a-t-elle expliqué.

Et bien qu’elle privilégie parfois la voiture pour éviter les problèmes, cette solution reste peu pratique pour des longs trajets. Sinon, il y a le fret pour transporter la contrebasse, mais « on sait quand ça part, on ne sait pas quand ça arrive, c’est un instrument fragile et coûteux, c’est impossible », a-t-elle indiqué. Alors, par nécessité, ces musiciens doivent composer avec l’interdiction de la SNCF.

Que faire alors ? Face à cette situation handicapante et pour tenter de faire bouger les choses, une pétition en ligne a été lancée il y a quelques semaines. Son objectif : que la SNCF revienne sur cette interdiction. À l’heure actuelle, plus de 31.000 personnes ont signé la pétition.

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