Les mutations en cours de notre modèle urbain

2 décembre 2015
Mis à jour: 2 décembre 2015

Nous sommes en train de vivre une révolution écologique. Rarement dans l’histoire, tous les secteurs économiques de la France n’avaient été aussi concentrés dans un même objectif : la limitation du réchauffement climatique. Avec la préparation de la COP21, ce sont tous les secteurs de la société, dans toutes les régions, qui entament une mutation profonde de leur consommation d’énergie.

Dès aujourd’hui, les tissus urbains sont repensés en terme d’économie circulaire, mettant en inter-relation les différents cycles de la ville. Il s’agit de réutiliser l’énergie, de baisser notre consommation et de réduire les déchets. Pour cela, l’innovation est un atout pour repenser les relations entre les transports, l’industrie, l’agriculture et le citoyen. C’est un changement de modèle urbain qui se préfigure à l’horizon, une histoire passionnante à l’échelle d’une civilisation, se déroulant aujourd’hui devant nos yeux.

Une stratégie nationale bas-carbone qui donne le cap

L’un des principaux outils de pilotage de la loi de transition énergétique – la stratégie nationale bas-carbone (SNBC), a été adopté par le conseil des ministres le 18 novembre. La France se fixe pour objectif ambitieux une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40% d’ici à 2030 (par rapport à 1990), puis de 75% d’ici à 2050.

La France, pays hôte de la conférence COP21, a choisi d’être exemplaire. Ségolène Royal

Selon la ministre de l’Écologie Ségolène Royal, il s’agit d’un véritable défi pour les deux générations à venir. « La France, pays hôte de la conférence COP21, a choisi d’être exemplaire. Les déclarations orales ne permettent pas encore de limiter le réchauffement climatique à seulement 2 °C. C’est pour cela que le pays s’est engagé par écrit », a déclaré la ministre, le 13 novembre.

Pour y arriver, trois premiers « budgets carbone » sont prévus pour les périodes 2015-2018, 2019-2023 et 2024-2028, avec comme but de réduire les émissions de GES d’ici à 2030 et à 2050.

Tous les secteurs économiques sont concernés par ces efforts

L’objectif de la SNBC est que tous les secteurs économiques français s’allient de concert pour diminuer le taux d’émissions de GES du pays.

Selon le décret publié le 19 novembre, les transports auront pour obligation de passer à l’énergie verte en réduisant de 29% leurs émissions avant 2028, et « d’au moins deux tiers » d’ici à 2050. Il s’agira d’améliorer l’efficacité énergétique des véhicules en se reposant notamment sur les voitures électriques ou hybrides. Seront aussi promus les modes de déplacements alternatifs comme le vélo, le covoiturage et les transports collectifs.

L’industrie devra aussi diminuer ses rejets de GES de 24% d’ici à 2030, puis de 75% en 2050. Elle devra progressivement rentrer dans une boucle d’économie circulaire avec les villes, en baissant sa consommation énergétique, en recyclant les déchets en tant que matière première et en permettant une réutilisation de ses ressources.

L’effort le plus important sera porté par le bâtiment résidentiel et tertiaire, qui devra réduire ses émissions de 54% d’ici à 2030 et de 87% à l’horizon 2050. La construction et la rénovation pour les particuliers et les entreprises devront répondre aux normes de « bâtiments basse consommation » avec l’aide des nouvelles technologies de l’éco-conception et de la maison durable.
L’agriculture aussi devra participer aux objectifs du gouvernement en réduisant son émission de GES de 12% dans un premier temps, puis de 50% d’ici à 2050. L’accent devra être mis notamment sur l’agroécologie (permettant une productivité responsable, transmettant des sols de qualité aux générations futures et diminuant la consommation en pétrole et en pesticides), ainsi que sur les cycles courts pour que la production soit relocalisée au plus proche de la consommation.

Quelques exemples de mutation du modèle urbain

L’usine ArcelorMittal à Dunkerque est un exemple de la mise en application de l’économie circulaire de l’industrie dans la ville. La chaleur des immenses fourneaux de fabrication d’acier est en effet récupérée à l’aide d’un réseau de canalisations souterraines d’une quarantaine de kilomètres, pour alimenter le chauffage urbain. Cette source d’énergie coûte 15 à 20% moins cher que le gaz ou le fioul et donne aux habitants une chaleur constante tout au long de l’année.

Autre exemple, non moins intriguant, à Bailly-Romainvilliers en Seine-et-Marne où les bassins de la piscine municipale sont chauffés grâce aux serveurs informatiques de la zone commerciale située à côté. Auparavant cette chaleur était tout simplement inutilisée et perdue, demain toute source d’énergie devra non seulement être verte, mais elle devra également être repensée pour pouvoir être réutilisée en diminuant ses pertes.

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