Le mystérieux « bunker nazi » en Argentine aurait pu être construit par Perón

Par Romina Garcia
7 novembre 2019 Mis à jour: 7 novembre 2019

Une construction mystérieuse et étrange sur un promontoire naturel, située dans le parc municipal de Llao Llao, dans la baie de Villa Tacul, à San Carlos de Bariloche, en Argentine, serait une autre preuve que les nazis s’étaient réfugiés dans ce pays. La construction qui date de la fin de la Seconde Guerre mondiale semble être un bunker construit sous la présidence de Perón, puis démoli sans explication.

Les vestiges révèlent qu’il s’agissait d’une grande structure et que la montagne de gravats ressemble clairement au résultat d’une démolition intentionnelle et non à la détérioration naturelle d’un bâtiment abandonné. Mais dans cet ancien village, il y a aussi neuf maisons, la plupart sans habitants, qui entourent cette construction énigmatique, selon une publication récente du journal Río Negro.

Les habitants qui connaissent l’histoire du lieu ont révélé des faits de l’époque : « Ils l’ont fait imploser dans les années 1950 », a déclaré Diana Lochner, présidente du conseil du quartier de Llao Llao.

Le garde forestier Aníbal Millalonco a aussi indiqué qu’il s’agissait d’un hôtel « construit à l’époque de Perón », dont la première présidence a commencé en 1946, et que le bâtiment n’a jamais été inauguré.

Une autre résidente, Dominick Tacul, a assuré que la construction robuste date de « quand Perón est entré au pouvoir » et coïncide avec le moment où il a attribué des lots côtiers à Tacul « à ses amis ». Elle a dit que dans le processus, son grand-père, Ismael Tacul, avait été évacué du lieu.

Diana Lochner, d’autre part, a assuré que le mégaprojet avait été initié par la société allemande Siemens dans les années 1930. Elle a ratifié qu’il s’agissait d’un hôtel et qu’il n’avait jamais obtenu d’autorisation définitive. Finalement, ils l’ont démoli « afin d’éviter que des intrus s’y installent ».

Mais la présence nazie à Bariloche a une longue histoire, remontant aux années 1930, et depuis lors, elle a généré une abondance de littérature et attiré l’attention du monde en 1994 lorsque l’ancien capitaine SS d’Hitler, Erich Priebke, a été arrêté puis extradé.

De plus, la physionomie du bâtiment n’est pas conforme à celle d’une auberge conviviale, mais fait plutôt référence à une installation conçue comme un abri et en même temps comme une tour de guet.

San Carlos de Bariloche. (Sputnik br/Flickr/CC BY-SA 3.0)

La porte-parole de la communauté mapuche (un groupe ethnique et peuple autochtone du Chili et de l’Argentine), Ana María Dominick Tacul, a affirmé que les familles propriétaires ont reçu des « titres signés de la main de Perón » et que la majorité d’entre elles étaient d’origine allemande. « Je le dis parce que je suis aussi d’origine allemande du côté de mon père », explique-t-elle. La construction « était destinée à servir d’abri à des gens ». Elle a également mentionné qu’il y avait des « casemates » aux alentours, qu’elle a décrites comme des « puits dans la terre » conçus pour garder l’endroit.

De son côté, Ariel Basti, chercheur sur le nazisme en Argentine, confirme que les ruines étaient un bunker militaire construit en 1946 et que l’armée argentine l’a fait exploser en 1955. « Il s’agit d’une structure située face au lac à un endroit particulier. La structure ne correspond pas à une maison normale. Il y a une zone souterraine. Elle n’est pas inscrite au cadastre de Bariloche », a-t-il déclaré à la chaîne de télévision Telenoche en 2016.

L’historien a également expliqué à Telenoche qu’il y a une maison dans le centre de la ville de Bariloche où se tenaient des réunions et des rencontres entre nazis. « Les voisins s’accordent à dire que les réunions étaient fréquentées par Josef Mengele, qui vivait dans ce quartier », se souvient-il.

Le parcours mène également à une tour située en face du lac Nahuel Huapi, qui offre une vue stratégique face à l’eau. On pense qu’elle a été utilisée pour garder les propriétés dans lesquelles vivaient les nazis qui ont fui l’Allemagne. « Il y a des témoignages de gens qui ont vu des drapeaux nazis accrochés à la tour ainsi que des réunions », a ajouté M. Basti.

Image d’illustration (olavXO/Flickr/CC BY 2.0)

Le plus grand complexe est la résidence Inalco, le manoir dans lequel Hitler est censé avoir vécu. Il se situe dans un secteur difficile d’accès, dans lequel plusieurs maisons ont été construites dans les années 1940. Les matériaux ont été apportés de l’extérieur, avec un investissement important. « C’était un complexe construit stratégiquement avant la fin de la guerre et qui a été utilisé après », a déclaré le spécialiste.

Cette découverte n’est peut-être que l’une des nombreuses découvertes qui pourraient confirmer l’existence de refuges allemands en Argentine.

Regardez la vidéo qui montre les ruines de Villa Tacul ci-dessous :

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