La NASA honore une centenaire qui a contribué au vol habité et à l’alunissage, en donnant son nom à l’une de leurs installations

10 mars 2019 Mis à jour: 10 mars 2019

Aujourd’hui, âgée de 100 ans, cette femme est considérée comme une des pionnières de la navigation spatiale, mais dans les années 1960, cette brillante mathématicienne était « un ordinateur » travaillant pour la NASA, mais payée modestement.

Avant l’avènement des ordinateurs électroniques, des centaines de femmes diplômées en sciences et en mathématiques occupaient des emplois « d’ordinateurs ». C’était en fait le titre de leur poste.

Dans les années 40 et 50, les femmes qui occupaient des emplois « d’ordinateurs en jupe » étaient considérées comme des semi-professionnelles et leur salaire variait d’environ 92 € par an pour « un ordinateur subalterne » à 132 € environ par an pour « un ordinateur supérieur ».  Les hommes avec des qualifications similaires commençaient avec un salaire d’environ 1 725 €  par an.

Katherine Johnson, née en 1918, est née avec un don pour les chiffres. Elle était prête pour la sixième à 10 ans et s’était mise aux mathématiques comme un canard dans l’eau, obtenant son diplôme d’études collégiales à 18 ans avec des diplômes en mathématiques et en français.

Katherine Johnson, mathématicienne et chercheuse de la NASA, au Langley Research Center. (©NASA)

Lorsque la NASA (la NACA à l’époque) a commencé à enquêter sur l’envoi de vols habités dans l’espace pour la première fois dans les années 1950, Katherine Johnson a été embauchée comme membre d’un groupe de femmes africaines à bas salaires chargées d’effectuer les équations mathématiques complexes, et elle est restée à la NASA pendant 33 ans.

Mme Johnson a calculé la trajectoire du vol de la première mission de la NASA dans l’espace – la trajectoire de la mission Freedom 7, pilotée par Alan Shepard en 1961.

Lancement de la fusée Mercury-Redstone 3 (MR-3), le premier vol spatial habité américain à partir du cap Canaveral à bord de la mission suborbitale Freedom 7 de l’astronaute Alan B. Shepard. (© NASA)

Lorsque l’astronaute John Glenn a fait son voyage historique de trois orbites autour de la Terre en 1962, il a demandé à Katherine Johnson de refaire elle-même les équations mathématiques manuellement, avant le décollage, car les calculatrices électroniques n’étaient pas très fiables à l’époque. Il a dit au superviseur de Mme Johnson : « Si elle confirme que les chiffres sont bons, alors je suis prêt à partir. »

Décollage de la mission Mercury-Atlas 6 le 20 février 1962. Au cours de cette mission, John Glenn est devenu le premier Américain en orbite autour de la Terre. (©NASA)

John Glenn est revenu sur Terre en toute sécurité, et Johnson a continué à travailler sur les calculs qui permettraient aux hommes d’alunir. À l’époque, Katherine Johnson était relativement peu connue, mais cela a changé lorsqu’elle a reçu la médaille présidentielle de la Liberté en 2015 (la plus haute distinction civile aux États-Unis) pour son travail de pionnière.

Le livre Hidden Figures, de Margot Lee Shetterly, publié en 2016, détaille les accomplissements de Katherine Johnson et à inspiré le film à grand succès du même nom, qui a rapporté 178 millions d’euros et a eu trois nominations aux Oscars. Ce film a raconté les histoires de trois mathématiciens afro-américains – Katherine Johnson, Mary Jackson, et Dorothy Vaughan.

Katherine Johnson a ensuite été poussée sous les feux de la rampe, et maintenant la NASA a honoré la brillante mathématicienne en renommant une installation à Fairmont, en Virginie-Occidentale, en son honneur.

L’administrateur de la NASA Charles Bolden remet un prix à Katherine Johnson. (©NASA)

L’installation indépendante de vérification et de validation de la NASA portera à présent le nom de Katherine Johnson Independent Verification and Validation Facility.

« Je suis ravi que nous honorions ainsi Katherine Johnson, car c’est une véritable icône américaine qui a surmonté des obstacles incroyables et a inspiré tant de gens », a déclaré Jim Bridenstine, administrateur de la NASA dans un communiqué. « C’est un hommage approprié que de nommer l’installation qui perpétue son héritage de calculs critiques en son honneur. »

Katherine Johnson, qui va avoir 100 ans en août prochain, est sûrement une inspiration pour toutes les femmes qui exercent dans le domaine des mathématiques. En son honneur, la West Virginia State University prévoit d’ériger une statue de bronze sur son campus et d’offrir une bourse d’études en son nom, selon le Daily Press.

©NASA

Son arrière-petite-fille Na Kia Boykin, une élève de CE2 qui a un don naturel pour les mathématiques, est peut-être prête à perpétuer son héritage. Elle a obtenu une note parfaite de 600 au test des normes d’apprentissage en 2018. « J’aime les mathématiques parce que je peux regarder un problème et le résoudre », a-t-elle dit lors d’une assemblée scolaire lorsque ses efforts ont été reconnus, a rapporté le Daily Press. « Tu peux juste t’attaquer au problème et le résoudre. Tu te sers des chiffres, et tu utilises ton cerveau. C’est un bon défi. »

« C’est une fille tellement stimulante », a dit la mère de Na Kia, Nicole Terry. « Elle me motive beaucoup. Elle veut exceller, et elle veut accomplir ce que son arrière-grand-mère lui dit. Cela a définitivement eu une influence sur elle. »

La First Flight Society rend hommage à Katherine Johnson, au Monument commémoratif national des frères Wright à Kitty Hawk, en Caroline du Nord, lors de la cérémonie du 115e anniversaire du vol motorisé. (©NASA)

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