Nice : une femme de 85 ans meurt écrasée par son fauteuil roulant dans une maison de retraite – Sa fille dénonce une « négligence grave »

Par Séraphin Parmentier
20 septembre 2019 Mis à jour: 20 septembre 2019

L’octogénaire a été découverte inanimée dans le jardin de la résidence où elle vivait, coincée sous son fauteuil électrique. Sa fille accuse l’établissement de « négligence grave » et a décidé de porter plainte.

Le 7 août, Nicole Bunoust, une Niçoise de 85 ans est retrouvée morte dans le jardin de la maison de retraite Orpea Corniche fleurie où elle réside, à Nice-Ouest. L’octogénaire a été écrasée par son propre fauteuil roulant après avoir probablement basculé en butant sur une bordure dans un chemin étroit.

« La maison de retraite m’a appelée vers 19 heures pour savoir si j’avais sorti ma mère de l’établissement pour le dîner. En fait, ils l’avaient perdue… Quand je suis arrivée sur place, vers 19h30, ils m’ont annoncé son décès », a expliqué sa fille Laurence dans les colonnes de Nice-Matin.

« Ma mère avait les deux jambes paralysées et était en fauteuil depuis vingt ans. Elle savait s’en servir. Elle venait d’avoir une petite-fille qu’elle adorait ! Je la pensais en sécurité dans cette maison, surtout au vu des presque 4000 euros que nous payons chaque mois ! », ajoute-t-elle.

« Ma mère ne sortait que très peu dans le jardin »

Laurence Bunoust ne s’explique toujours pas comment sa mère a pu échapper à la vigilance du personnel de la maison de retraite. Elle a d’ailleurs décidé de déposer plainte, accusant l’établissement de « négligence grave, voire d’homicide involontaire ».

« Ma mère ne sortait que très peu dans le jardin. Un jardin encadré par deux portillons, du type de ceux que l’on voit dans les aires de jeux d’enfants. S’ils avaient été fermés, ma mère n’aurait pas pu les ouvrir et les franchir : elle n’avait qu’un bras valide, le droit, dont elle se servait pour diriger son fauteuil. Les portillons devaient être ouverts… Elle s’est engagée sur un sentier étroit. Son fauteuil a buté contre la bordure et elle a basculé », observe la fille de la défunte.

« Selon le directeur, la dernière fois qu’ils l’ont vue, c’était vers 16 heures, au goûter dans la salle commune. Après, ils se sont aperçus de son absence vers 18h15 car elle n’était pas descendue dîner. C’est là qu’ils ont commencé à la chercher », poursuit Laurence Bunoust.

Si elle « n’en veut pas au directeur de la maison de retraite », estimant que « ce n’est pas de sa faute, si on ne lui donne pas les moyens d’embaucher, s’ils sont en sous-effectifs », la fille de Nicole Bunoust ne décolère en revanche pas contre le « groupe Orpea qui ne [lui] a même pas envoyé un mot de condoléances ».

« Quand on confie nos aînés à un groupe comme Orpea ou de cette envergure, on a droit en retour à la garantie d’une bonne prise en charge et du respect des obligations de vigilance et de sécurité. Le simple fait que cet accident soit survenu témoigne des manquements à ces obligations. L’enquête pénale en cours révélera probablement la gravité et la nature de ces manquements », renchérit son avocat, Maître Thibault Pozzo di Borgo.

« Elle était tout à fait libre de se déplacer dans l’enceinte de l’établissement »

Contacté par les journalistes de Nice-Matin, le directeur de la maison de retraite Orpea Corniche fleurie a reconnu qu’un « accident grave » avait eu lieu le 7 août dans l’enceinte de l’établissement.

« Nous renouvelons nos plus sincères condoléances à sa famille et ses proches, avec qui nous avons encore échangé il y a dix jours pour leur faire part de notre disponibilité et de notre écoute pour toute aide que nous pourrions leur apporter », poursuit le directeur.

« La résidente, en fauteuil mais autonome, était sortie dans le jardin en fin de journée. […] Elle était tout à fait libre de se déplacer dans l’enceinte de l’établissement, conformément au projet de vie défini en concertation avec l’ensemble de l’équipe soignante », ajoute-t-il.

« Ce jour-là, pour une raison que nous n’expliquons pas, elle s’est éloignée et a emprunté un accès sécurisé par un portillon, pourtant identifié comme étant réservé au personnel. Sur ce chemin, la résidente a chuté avec son fauteuil de manière accidentelle, en butant sur un trottoir, comme cela a été constaté par les services de secours et la police sur place. La psychologue était venue […] le soir même apporter soutien et réconfort à la famille et aux équipes, bouleversées », conclut le responsable de la maison de retraite.

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