Nike choisit les profits de la Chine plutôt que les esclaves ouïghours

Par Wesley J. Smith
2 juillet 2021
Mis à jour: 2 juillet 2021

Le président et directeur général de Nike, John J. Donahoe, a récemment déclaré la fidélité sans équivoque de son entreprise envers la tyrannie chinoise. Au cours de la « conférence téléphonique sur les résultats du quatrième trimestre » pour discuter des prévisions de bénéfices de la société, M. Donahoe s’est vanté que Nike « est une marque de la Chine et pour la Chine ».

Réfléchissez à l’hypocrisie flagrante de cette déclaration honteuse. En Amérique, Nike s’enorgueillit d’être « woke », et la société soutient régulièrement toutes les causes politiquement correctes de la gauche.

Par exemple, il y a quelques années, Nike a piqué une crise lorsque l’Indiana a adopté une loi sur la restauration de la liberté religieuse, arguant que la loi garantissant la liberté de religion encourageait la discrimination contre les minorités sexuelles.

Dans un autre des moments forts de la culture américaine, Nike a soutenu avec enthousiasme les protestations à genou de l’ancien quart arrière Colin Kaepernick pendant l’hymne national lors de manifestations sportives. L’entreprise a ensuite joint le geste à la parole en payant grassement Colin Kaepernick (comme un certain ancien président l’a dit) pour qu’il soutienne sa marque.

Peu importe qu’un Colin Kaepernick chinois faisant exactement la même chose serait arrêté et disparaîtrait, ou pire, serait soumis à un prélèvement d’organes vivants, comme le sont les prisonniers de conscience du Falun Gong. Le pire que Kaepernick ait eu à craindre du gouvernement dans le pays de la liberté, c’est la critique furieuse du président Trump.

Toutefois, je me dis : « Attends, Wesley. Peut-être que Donahoe a été cité hors contexte. »

Il n’en est rien. Voici sa déclaration vénale, édité juste un peu pour la clarté : « Nous sommes en Chine depuis plus de 40 ans, nous avons investi beaucoup de temps et d’énergie en Chine dès les premiers jours et aujourd’hui nous sommes la plus grande marque de sport là-bas, et nous sommes une marque de la Chine et pour la Chine. Et le plus grand atout que nous avons en Chine, c’est le capital consommateur […] Je l’ai vu lors de ma première semaine là-bas, j’ai hâte d’y retourner, et c’est fort. Et cela prend vie dans les rues de toute la Chine grâce aux plus de 7 000 magasins monomarques que nous avons en Chine. Nous avons donc une forte franchise de consommateurs en Chine, et ils se sentent très liés à notre marque. Nous allons donc […] poursuivre notre investissement à long terme en Chine. »

La Chine est un marché énorme. Aucune politique tyrannique n’empêchera Nike d’y faire des affaires. Et ce, même si, ce faisant, Nike contribue matériellement à la prospérité économique de la Chine, ce qui rend l’entreprise complice de la menace aiguë que représente aujourd’hui la Chine pour la paix et la sécurité dans le monde.

Dans le contexte du soutien supposé de Nike aux droits de l’homme, il est important de souligner que le PCC oblige les minorités ethniques à travailler comme des esclaves, y compris, et c’est une ironie amère – si l’on considère que la société a adopté la condamnation de Colin Kaepernick à l’égard des États-Unis, celui-ci les ayant déclarés comme systématiquement racistes – forcer les Ouïghours musulmans à cueillir du coton dans la province de Xinxiang, au nord-ouest du pays.

Ne vous inquiétez pas, Nike l’a fait savoir dans une déclaration officielle : « Nike s’engage à fabriquer de manière éthique et responsable, et nous respectons les normes internationales du travail. Nous sommes préoccupés par les rapports faisant état de travail forcé dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang (XUAR) ou en relation avec celle-ci. Nike ne s’approvisionne pas en produits provenant de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, et nous avons confirmé à nos fournisseurs contractuels qu’ils n’utilisent pas de textiles ou de filés provenant de cette région. »

Ah ! Nike est « préoccupé » ? Quelle comédie !

En fait, comparons la passivité de cette déclaration avec l’indignation exprimée par Nike lors de l’adoption de la loi sur la restauration de la liberté religieuse dans l’Indiana. Voici ce que la société a déclaré à propos de cette controverse : « NIKE a mené des efforts aux côtés d’autres entreprises pour vaincre les lois discriminatoires en Oregon et s’oppose à la nouvelle loi en Indiana, qui est mauvaise pour nos employés, mauvaise pour nos consommateurs, mauvaise pour les affaires et mauvaise pour la société dans son ensemble. »

Voyez-vous la différence de message et de ton ? Il n’y avait pas un mot dans la déclaration de Nike sur le fait que la politique chinoise d’asservissement des Ouïghours était « mauvaise » pour les esclaves, les consommateurs, les entreprises ou la société chinoise dans son ensemble.

En outre, même si l’entreprise n’achète pas de coton en provenance de la région autonome du Xinjiang, et alors ? Le coton est fongible. Tout coton chinois utilisé par Nike dans ses produits pourrait avoir été cueilli par des esclaves dans la province, et même si ce n’est pas le cas, cela ne fait qu’augmenter le nombre de coton cueilli par des esclaves que d’autres entreprises peuvent acheter, et à un prix inférieur étant donné la loi de l’offre et de la demande.

En outre, cette déclaration est un aveu que les dirigeants de Nike savent que le travail forcé et l’esclavage existent en Chine et qu’ils s’en moquent. Il y a de l’or à se faire. En effet, M. Donahoe a déclaré lors de la conférence téléphonique sur les résultats : « Compte tenu de notre expérience en Chine et de nos relations avec les consommateurs, nous serons en mesure, à long terme, de générer une croissance faible à moyenne. » Qu’est-ce que la misère des Ouïghours comparée aux milliards de profits que ce chiffre de croissance représente ?

Peut-être même pire, cette affirmation qu’a utilisée Nike pour se défendre pourrait être mensongère. Selon un rapport publié l’année dernière par le très respecté Institut australien de Stratégie politique, l’esclavage en Chine ne se limite pas à la cueillette du coton : « Le gouvernement chinois a facilité le transfert massif de citoyens ouïghours et d’autres minorités ethniques de la région du Xinjiang, à l’extrême ouest du pays, vers des usines à travers le pays. Dans des conditions qui suggèrent fortement le travail forcé, les Ouïghours travaillent dans des usines qui font partie des chaînes d’approvisionnement d’au moins 82 marques mondiales bien connues dans les secteurs de la technologie, de l’habillement et de l’automobile, notamment Apple, BMW, Gap, Huawei, Nike, Samsung, Sony et Volkswagen. »

La faible opposition de l’entreprise à l’esclavage sonne encore plus creux si l’on considère que, selon le New York Times, l’entreprise a fait activement pression contre la loi sur la prévention du travail forcé chez les Ouïghours, en tentant « d’atténuer certaines de ses dispositions, en faisant valoir que, bien qu’elle condamne fermement le travail forcé et les atrocités actuelles au Xinjiang, les exigences ambitieuses de la loi pourraient causer des ravages dans les chaînes d’approvisionnement qui sont profondément ancrées en Chine ». En d’autres termes, les paroles ne valent rien. Heureusement, malgré tous les efforts de Nike, la loi a été signée par le président américain Trump.

Nike est pire qu’immorale. Elle est amorale. Elle publie des déclarations décriant avec justesse les supposées échardes dans l’œil de l’Amérique parce que les dirigeants de l’entreprise pensent que cela maximisera les profits ici parmi les jeunes s’identifiant au « woke », alors qu’elle fait en même temps un clin d’œil au séquoia de la Chine en se basant sur l’énorme potentiel de marché de ce pays.

S’il existe une chose telle que la responsabilité morale ultime, ces barons voleurs contemporains pourraient réfléchir à une question cruciale formulée pour la première fois il y a 2 000 ans : « À quoi bon gagner le monde en échange de perdre sa propre âme ? »

Wesley J. Smith est président du Center on Human Exceptionalism du Discovery Institute, un think tank chrétien aux États-Unis.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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