Non, l’administration Trump ne fait pas marche arrière sur l’environnement

Par Richard Trzupek
15 septembre 2019 Mis à jour: 20 octobre 2019

Mick Jagger et Donald Sutherland sont tous deux d’excellents artistes. En tant qu’analystes des questions environnementales, ils sont un peu moins bons.

Lors de la présentation du nouveau film The Burnt Orange Heresy à la Mostra de Venise, Jagger a déclaré : « Nous sommes dans une situation très difficile en ce moment, surtout aux États-Unis, où tous les contrôles environnementaux qui avaient été mis en place – et qui étaient à peu près adéquats – ont été tellement réduits à néant par l’administration actuelle qu’ils sont en train de disparaître. […] Les États-Unis devraient être le chef de file mondial du contrôle environnemental, mais maintenant ils ont décidé d’aller dans l’autre sens. »

Sutherland a acquiescé.

« Mick a raison lorsqu’il dit que les réformes qui ont été faites sous le gouvernement Obama étaient à peine suffisantes, et que maintenant, elles sont détruites », a-t-il dit.

Bien qu’il ne soit pas surprenant d’entendre deux stars qui font partie de le gauche hollywoodienne répéter ces arguments anti-Trump, c’est plutôt déprimant. On ne peut pas s’attendre à ce que les célébrités sachent comment accéder aux données environnementales, ni comment évaluer les changements des réglementations environnementales, mais il est triste de voir deux artistes légendaires utilisés comme des dupes par des gens qui, eux, le savent mieux.

L’administration Trump ne fait pas reculer les contrôles environnementaux, et elle ne détruit rien.

Le mécanisme de la réglementation environnementale est si complexe qu’il faudrait beaucoup plus qu’un seul article de commentaire pour prouver la véracité de cette affirmation. Les relations publiques des grandes organisations environnementales le savent, alors elles distillent leurs récits pour y inclure un langage presque hystérique qui ne résiste pas à un examen minutieux, mais qui est facilement accepté par ceux qui sont prédisposés à détester tout ce que fait ce président.

Ils le font de bien des façons, mais deux d’entre elles sont particulièrement offensantes : 1) déformer les mesures prises par l’EPA (Agence de Protection de l’Environnement) pour les faire paraître nuisibles à l’environnement alors qu’elles ne le sont pas, et 2) prétendre que le président a le pouvoir et la volonté de démanteler une législation environnementale dûment adoptée par le Congrès.

Il existe de nombreux exemples de la première, mais n’en prenons qu’un : la fin de la politique de l’EPA appelée « once in, always in » (une fois dedans, toujours dedans.)

Mise en œuvre à l’ère Clinton en 1995, cette politique vise les principales sources des polluants atmosphériques dangereux. Si une installation émet suffisamment de ces polluants atmosphériques dangereux pour être considérée comme une source importante, elle est assujettie à des normes nationales ultra-strictes sur les émissions, les NESHAP. Mais que se passe-t-il si l’installation apporte des changements et n’émet plus ces niveaux importants de polluants ? Dans le cadre de la politique « une fois dedans, toujours dedans », cela n’avait pas d’importance. Vous deviez tout de même vous conformer aux normes NESHAP.

C’était une politique contre-productive puisqu’elle décourage l’industrie dans ses efforts pour changer les procédés et utiliser des matériaux qui permettent une réduction des émissions de polluants atmosphériques. Pourquoi se donner la peine de le faire si le fardeau réglementaire n’est pas un peu allégé ? Beaucoup de gens à l’EPA l’ont compris, déjà à l’époque Clinton et au fil des ans. Mais aucun administrateur de l’EPA n’a osé abandonner cette politique, parce qu’ils savaient que les groupes environnementaux crieraient « retour en arrière » de toutes leurs forces.

Tout assouplissement des règles environnementales, aussi raisonnable soit-il, pousse la plupart des ONG environnementales à hurler. L’EPA de l’administration Trump devrait être félicité plutôt que condamnée pour avoir apporté ce changement de bon sens.

L’autre tactique, qui consiste à prétendre que le pouvoir exécutif peut, et dans le cas de Trump, veut influencer radicalement les réglementations environnementales, est à la fois naïve et ignorante.

Le président américain est peut-être favorable aux mines de charbon, mais n’autorise pas la construction de nouvelles grandes centrales au charbon et n’empêche pas les départs à la retraite prévus des centrales au charbon existantes. Le président ne croit peut-être pas que l’énergie éolienne et l’énergie solaire sont des moyens efficaces et fiables de produire de l’électricité, mais les crédits d’impôt pour permettre à ces technologies de fonctionner à profit demeurent en place.

En tant que puriste du marché libre, j’aurais personnellement souhaité que le président ait pris l’initiative de tels changements, mais le fait est qu’il ne l’a pas fait et que personne ne s’y attend. En ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, bien qu’une économie dynamique ait entraîné une légère hausse dans ce domaine au cours des années Trump, les États-Unis demeurent le leader mondial en matière de réduction de ces émissions.

Si l’on veut vraiment réduire sérieusement les émissions de gaz à effet de serre au XXIe siècle, c’est vers la République populaire de Chine que les yeux doivent se tourner. Aucun autre pays  ne peut faire une différence aussi notable, au vu de leur niveau colossal d’émissions.

L’affirmation selon laquelle Trump a tenté de réduire à néant les progrès environnementaux que nous avons réalisés au cours des 50 dernières années est tout à fait ridicule. La Loi sur l’assainissement de l’air, la Loi sur l’assainissement de l’eau, la Loi sur la conservation et la récupération des ressources et d’autres lois environnementales demeurent en pleine force. Les règles et règlements qui découlent de ces lois demeurent en vigueur. Il n’y a pas eu de recul dans les normes de qualité de l’air ou de l’eau. Les exigences en matière de contrôle n’ont pas été assouplies.

Le point central des réglementations environnementales demeure les États, les comtés et les municipalités qui, en vertu de la loi, ont toujours la capacité d’appliquer des normes plus strictes que ce que demande le gouvernement fédéral. L’EPA surveille ces organismes pour s’assurer qu’ils respectent les normes fédérales minimales, mais elle continue d’avoir très peu à voir avec la mise en œuvre quotidienne des programmes voulus par les États.

Rien n’a donc changé, si ce n’est la nature de la propagande émanant des militants écologistes. Et pourtant, étant donné que la même chose se déroule chaque fois qu’un républicain occupe la Maison-Blanche, ce n’est pas vraiment un changement non plus.

Richard Trzupek est chimiste, consultant en environnement et analyste au Heartland Institute. Il est aussi l’auteur de « Regulators Gone Wild : How the EPA Is Ruining American Industry ».

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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