Le nouvel ordre mondial chinois

Est-ce que la course de la Chine vers la domination mondiale peut être « contrôlée » par des règlements et des accords commerciaux ?
Par Epoch Times
1 mai 2019 Mis à jour: 13 juillet 2019

Un nouvel ordre international basé sur le leadership économique et politique chinois, est-ce une bonne idée ? Conduira-t-il à un monde plus libre et plus prospère ?

C’est juste ce que recommandent les « experts » économiques et politiques qui ont récemment participé à la Global Supertrends Conference du Credit Suisse tenu à Singapour. Ils ont souligné que la montée en puissance de la Chine dans le monde coïncide avec le déclin de l’influence économique et militaire européenne et américaine. Par conséquent, selon eux, la communauté internationale devrait saisir cette occasion à la fois pour accepter la montée en puissance de la Chine et pour établir de nouveaux règlements commerciaux mondiaux.

Qui y croit vraiment ?

On présume que ces règlements empêcheront la Chine de tricher. C’est ce que pensent les gens comme Anthony Gardner, l’ancien ambassadeur américain auprès de l’Union européenne. Pourtant, au mieux c’est totalement naïf, au pire c’est autodestructeur et plus encore.

Les soi-disant experts semblent oublier que la Chine est arrivée à la place mondiale qu’elle occupe aujourd’hui en enfreignant, depuis 40 ans, toutes les règles du système international. Pourquoi alors arrêter de faire ce qui a bien marché pour la Chine pendant des décennies ? En exploitant l’ouverture des économies occidentales, le régime chinois a détruit des industries entières en Europe et aux États-Unis, entraînant la délocalisation en Chine d’usines et d’emplois occidentaux d’une valeur de plusieurs milliers de milliards d’euros ainsi que le vol massif de technologie et de propriété intellectuelle.

Alors, maintenant, les personnes ayant une grande influence sur les relations économiques internationales pensent que la Chine devrait guider le monde dans la formation d’un nouvel ordre mondial ? Quel genre d’ordre international pensent-ils serait mis en place ? En fait, on n’a pas besoin de beaucoup réfléchir pour voir à quoi ressemblerait un ordre mondial dirigé par le régime chinois.

L’impérialisme néo-fasciste chinois

Contrairement à d’autres régimes communistes, la Chine a adopté une approche pyramidale à la formation de capital, tout en subventionnant la productivité par le biais de cycles de crédit incessants et en absorbant dans le secteur d’État les entreprises les plus performantes.

Plutôt que d’adopter l’ouverture pratiquée par les économies occidentales, le régime chinois a tiré parti de son énorme potentiel de marché et de son avantage en tant que manufacturier avec une main-d’œuvre à faible coût et peu de règlements sur les normes du travail et l’environnement. Ceci afin de devenir rapidement un puissant concurrent économique et militaire sur la scène mondiale.

Cependant, malgré les prévisions des « experts » que le commerce conduirait à la formation en Chine d’une société plus libre et plus ouverte, cela a eu un effet contraire. La nouvelle puissance acquise par le pays a conduit le Parti communiste chinois (PCC) à exercer une plus grande exploitation à l’étranger et une répression sociale à l’intérieur de la Chine. En d’autres mots, le PCC a transformé la Chine – avec une énorme aide de l’Occident – en une puissance expansionniste néo-fasciste.

Les signes en sont bien visibles. L’exploitation effrénée du système international par l’État-Parti chinois et l’assujettissement financier qu’elle impose à ses partenaires économiquement plus faibles nous montrent exactement à quoi ressemblerait un ordre mondial dirigé par les communistes chinois. En fait, ils sont en train de bâtir ce nouvel ordre en ce moment même.

Si l’on prend, par exemple, l’initiative chinoise « One Belt, One Road – OBOR » (une ceinture, une route), souvent qualifiée de « nouvelles routes de la soie », ce titanesque programme d’investissement chinois qui prévoit la création d’une immense « ceinture » terrestre par rail et route en Asie, doublée d’une « route » maritime, permettant à la Chine de se relier aux marchés d’Asie, d’Afrique et d’Europe, voire au-delà. À tous points de vue, il s’agit d’une version mondiale chinoise de la Sphère de coprospérité de la Grande Asie orientale proclamée par le Japon impérial des années 1930. Les similitudes entre le Japon de l’entre-deux-guerres et la Chine d’aujourd’hui sont frappantes.

Au cours des années précédant la Seconde Guerre mondiale, le Japon n’avait pas assez de matières premières nécessaires – y compris le pétrole – pour maintenir son modèle économique. De plus, son arrangement social et politique était basé sur le culte de l’empereur et l’antipathie envers l’Occident. Pour soutenir ses objectifs expansionnistes et apaiser la crainte d’être soumis aux puissances occidentales, le Japon a mené une politique de colonisation agressive dans toute l’Asie du Sud-Est. Bien entendu, les avantages étaient tous à sens unique.

En tant qu’empereur de facto de la Chine, le dirigeant chinois Xi Jinping a propagé les mêmes idées. Ce qui est plus important encore, ce sont les effets de l’OBOR chinois sur ses partenaires commerciaux relativement plus faibles. Cependant, contrairement au Japon, la Chine envahit économiquement plutôt que militairement.

Bien que la technique soit différente, les résultats restent essentiellement les mêmes. La Chine promet à ses partenaires d’OBOR des infrastructures et d’autres formes de développement économique, puis elle impose à ces pays des dettes qu’ils ne peuvent pas rembourser. Par la suite, l’État-Parti chinois prend possession des projets réalisés et détruit l’environnement du pays hôte, exploitant les ressources naturelles dont la Chine a tellement besoin.

C’est ce qui se passe en Afrique, en Asie et en Amérique latine – une sphère de coprospérité beaucoup plus vaste que celle que le Japon impérial aurait pu imaginer.

Un plan de domination technologique

L’OBOR montre comment la Chine compte traiter avec les pays relativement plus faibles, ceux qui ne disposent pas d’économies complètement développées et technologiquement avancées. Pour les économies avancées, les plans chinois du nouvel ordre mondial sont énoncés dans le programme « Made in China 2025 ». De nouveau, il s’agit de suivre certains comportements passés du Japon, cette fois-ci, ses stratégies commerciales agressives des années 1970 et 1980.

En résumé, le programme « Made in China 2025 » implique le vol continu de technologies de pointe à des entreprises occidentales dans 10 secteurs clés. L’objectif est d’inverser de l’Ouest à l’Est (c.-à-d. vers la Chine) l’origine du flux commercial des produits technologiques par le biais d’élimination des concurrents étrangers grâce aux prix plus attractifs. L’objectif final est la destruction des bases industrielles technologiques européennes et américaines, ce qui placerait la Chine en position dominante dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la robotique, des microprocesseurs, des produits pharmaceutiques et d’autres produits liés aux technologies de pointe.

Traiter le monde comme une famille

Selon la présentation chinoise d’un nouvel ordre mondial, le reste du monde serait traité par la Chine comme une famille. Lorsque la Chine établira ses règles, aucun favoritisme ne sera autorisé dans la famille mondiale des nations. Cela semble être un monde parfait ouvrant de grandes perspectives, n’est-ce pas ?

Mis à part le sarcasme, il est très important de comprendre que l’ordre international libéral qui a apporté tant de prospérité au monde – y compris à la Chine – n’est qu’une exception à la règle dans la longue histoire de l’humanité. Ce sont les normes occidentales de droit et d’ouverture, associées à une magnanimité rarement pratiquée par les grandes puissances au cours de l’histoire, qui ont permis d’élever le niveau de vie dans le monde. Les droits de l’homme, la liberté d’expression, l’échange d’idées et la charité sont tous des idéaux occidentaux. Sans doute, ils sont parfois imparfaits dans leur application, mais clairement préférables aux principes directeurs que le PCC imposerait au monde entier.

Le modèle du développement chinois n’est pas viable

L’idée fausse la plus flagrante partagée par certains experts est l’idée que le « modèle » du développement chinois est un modèle à imiter pour d’autres pays en développement. En réalité, l’économie moderne de la Chine n’a pas été créée par le génie intellectuel du PCC, loin de là. Laissée seulement aux idées des communistes, la Chine serait affamée. En fait, elle l’a expérimenté pendant trente ans, entraînant la mort de dizaines de millions de personnes.

Le développement de la Chine est principalement attribuable à la forte implication des économies occidentales dans l’économie chinoise. Malgré cela, l’économie du régime totalitaire chinois est guidée par des considérations politiques et non économiques, ce qui se manifeste par la fraude, la corruption, le gaspillage et la pollution généralisés. En fait, la Chine a pratiquement détruit sa capacité à nourrir elle-même sa population et compte parmi les pays les plus pollués de la planète. C’est ce qui pousse la Chine vers l’extérieur – ses propres politiques ont transformé en friche une très grande partie du pays.

Tout cela est le sous-produit d’une classe politique corrompue qui nuit à l’efficacité économique, à l’hygiène écologique et ne permet pas un développement économique et social adéquat de son propre peuple. De plus, il a été démontré que la puissance de cette économie chinoise déformée est bien inférieure à ce qu’elle semble être, car les évaluations de son volume proviennent souvent de chiffres falsifiés ainsi que des données d’entreprises fortement endettées, ce qui, à un moment donné, pourrait contribuer à un écroulement économique.

L’ironie de la perspective d’un nouvel ordre mondial dirigé par la Chine est le fait que, en même temps que la Chine s’élèverait, le reste du monde s’effondrait. Même aujourd’hui, le régime chinois lutte pour maintenir une économie qui n’arrive pas à supporter son propre poids. Un tel pays, peut-il vraiment servir d’idéal et de base pour fonder un nouvel ordre mondial ?

James Gorrie

James Gorrie est un écrivain texan. Il est l’auteur du livre The China Crisis.

Le point de vue exprimé dans cet article est celui de son auteur et ne reflète pas nécessairement celui d’Epoch Times.

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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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