Pour la première fois, des chercheurs réussissent à prélever de l’ADN de dinosaure

Par Léonard Plantain
29 avril 2020
Mis à jour: 29 avril 2020

Est-ce qu’un nouveau Jurassic Park pourrait s’inspirer de cette découverte ? Certainement. De l’ADN prélevé d’un crâne de bébé Hypacrosaurus stebingeri, retrouvé en 1988 aux États-Unis, pourrait révolutionner nos connaissances sur les dinosaures.

Le magazine Science et vie a rapporté que l’équipe de paléontologues américains et chinois à l’origine de cette découverte a analysé un morceau de cartilage provenant de ce crâne de bébé.

L’une des paléontologues, Alida Bailleul, a remarqué d’étranges taches sombres à l’intérieur de certaines cellules, visibles à l’endroit où l’ADN est censé se condenser en chromosomes. En injectant des molécules fluorescentes, les chercheurs ont alors constaté que le noyau à l’intérieur des cellules s’est coloré, prouvant la présence d’ADN.

Une découverte incroyable, sachant que l’ADN n’est pas censé survivre aussi longtemps.

D’après nos théories, l’ADN ne peut pas se conserver plus d’un million d’années. Alors comment expliquer cette découverte ? Tout ce que l’on pensait savoir sur la conservation de l’ADN serait-il erroné ? « L’ensemble de la communauté scientifique n’en sait pas assez sur la dégradation du génome dans les très vieux fossiles », estime Alida Bailleul.

Thierry Grange, responsable de l’équipe Épigénome et Paléogénome à l’Institut Jacques-Monod, explique que : « Nous ne sommes pas encore prêts à envisager que de l’ADN soit conservé aussi longtemps. Mais il y a dix ans, personne n’aurait cru quelqu’un disant en avoir retrouvé dans des fragments vieux de 1 million d’années. »

Serait-ce là un tournant de la recherche dans ce domaine ?

Pour beaucoup de paléontologues, l’objectif serait de pouvoir un jour séquencer l’ADN découvert, afin d’obtenir des informations génétiques cruciales nous en apprenant plus sur les dinosaures.

Cependant, pour en arriver là, Alida Bailleul précise qu’il faudra être patient : « Les technologies actuelles de séquençage d’ADN ne fonctionnent pas correctement sur les fossiles très anciens, comme celui-ci. »

Mais bientôt, peut-être pourra-t-on reconstituer tout l’arbre phylogénétique des dinosaures, ou du moins ceux dont on a retrouvé les fossiles, et également en savoir plus sur leur écologie, leurs maladies et leurs façons de vivre.

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