Une nouvelle maladie a déjà tué un quart de la population des porcs au niveau mondial, mais les gros producteurs de viande ne veulent pas aborder ce problème

Par Martha Rosenberg
18 novembre 2019 Mis à jour: 18 novembre 2019

Avez-vous déjà entendu parler de la peste porcine africaine (PPA) causée par le virus de la peste porcine africaine, un virus à ADN de la famille des Asfarviridés ? Un quart des porcs du monde en sont morts cette année – la moitié de tous les porcs de Chine -, mais comme les précédentes pandémies d’animaux destinés à l’alimentation, Big Meat a réussi à ne pas en parler aux médias.

Les seules histoires habituelles que la plupart des gens ont lues au sujet de la peste porcine africaine concernent les réserves de porc de la Chine, comme l’indique un article du New York Times qui parvient à éviter la maladie elle-même, et les implications commerciales de la maladie du porc. Les questions sur une pandémie potentielle dans un contexte d’élevage intensif ne sont pas abordées.

La PPA est originaire d’Afrique de l’Est et a atteint l’Europe de l’Est en 2007 où elle est demeurée. Depuis l’apparition de la peste porcine africaine en Chine l’an dernier, où la moitié des porcs du pays sont morts et un million d’autres ont été abattus, la maladie s’est propagée au Vietnam, au Cambodge, au Laos, en Corée du Nord, aux Philippines, dans d’autres pays d’Europe orientale et même en Belgique.

« Il ne s’agit pas de savoir si la peste porcine africaine atteindra les côtes américaines, mais plutôt à quel moment elle le fera », ont écrit Thomas Parsons, professeur à l’école de médecine vétérinaire de l’université de Pennsylvanie, et Scott Michael Moore, directeur du programme Chine à l’université de Pennsylvanie, dans The Hill ce mois-ci. « Si le virus devait entrer aux États-Unis, votre avenir en tant que producteur de porc changerait radicalement », prévient Pork Business.

Le virus de la peste porcine africaine cause la mort en 1 à 8 jours dans les cas aigus et, chez d’autres animaux, dans les cas subcliniques sans symptômes. Cela permet la propagation de la maladie car les animaux et leur viande sont vendus, et ce, de façon délibérée ou non.

Ce n’est pas la première fois que Big Meat écarte les informations sur les grandes pandémies animales des consommateurs qui risquent de se détourner de leurs produits. Il avait également effacé les faits concernant le virus de la diarrhée épidémique porcine (PEDV) et la grippe aviaire.

En 2014, le PEDv avait tué 10 % des porcs du pays, mais Big Meat a réussi à empêcher le public de voir des poubelles pleines de porcs morts. S’ils avaient vu des photos, les gens auraient voulu savoir ce qui se passe dans les fermes industrielles, pourquoi tant d’animaux étaient malades et quels médicaments leur avaient été donnés. Le fléau du PEDv était si dévastateur qu’une ferme du Kentucky a donné des porcs morts à d’autres porcs pour tenter d’inoculer une « immunité » chez les survivants.

Pour combattre le PEDv, le gouvernement avait donné 10 millions d’euros de nos impôts à des agriculteurs privés qui étaient des « producteurs de troupeaux infectés ». Voici une idée moins chère : pourquoi ne pas leur donner de l’air frais, de l’espace et pas de médicaments ?

Puis il y a eu la grippe aviaire aux États-Unis. De 2014 à la mi-2015, 48 millions de poulets et dindes ont été tués aux États-Unis pour prévenir la propagation de la maladie et protéger les profits des éleveurs. Malgré le carnage, la maladie a refait surface en 2017. Encore une fois, Big Meat a réussi à garder les images hors de la vue du public.

Il est facile de comprendre pourquoi. Pour prévenir la propagation de la grippe aviaire, les dindes et les poulets de chair sains et élevés au sol sont rassemblés dans un enclos où on leur administre de la mousse de propylène glycol pour les étouffer. « L’arrêt de la ventilation » est également utilisé – augmenter la température de l’étable à au moins 40 °C pendant au moins trois heures pour tuer tout le troupeau. Selon le magazine Fortune, « des incinérateurs 24 heures sur 24 et des équipages en combinaison de protection contre les matières dangereuses étaient nécessaires pour le dépeuplement des oiseaux en 2015 ».

Lorsque les pandémies de maladies des animaux d’élevage frappent, il ne s’agit pas du « prix du bacon », des guerres commerciales ou des profits des agriculteurs comme les médias grand public et Big Meat voudraient vous le faire croire. Le vrai problème, c’est qu’on a affaire à un style d’agriculture qui nuit énormément aux animaux, aux travailleurs et à l’environnement pour un produit qui est à peu près aussi bon pour vous que la cigarette. La peste porcine africaine n’en est que le dernier exemple.

Martha Rosenberg est l’auteur de l’article primé « Born With a Junk Food Deficiency ». Elle a enseigné à l’université et dans les facultés de médecine et a fait des apparitions à la radio et à la télévision.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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