Oise : 47.500 euros d’amende pour avoir pollué un parc avec 2.000 litres de shampoing

Par Léonard Plantain
19 février 2021
Mis à jour: 19 février 2021

En juin 2019, une importante mousse s’est dégagée des eaux du parc de Géresme, à Crépy-en-Valois dans l’Oise, tuant toute la faune sur son passage. Après enquête, il s’est avéré que le problème venait de l’entreprise Wonder Glam Paris, le gérant ayant déversé 2 000 litres de shampoing périmé dans ses sanitaires, qui ont fini dans les eaux du parc.

Mardi 16 février 2021, le tribunal de Senlis a reconnu la société Wonder Glam Paris et son gérant coupables d’avoir pollué le parc de Géresme, à Crépy-en-Valois. L’affaire, qui remonte à début juin 2019, a commencé lorsqu’une montagne de mousse d’origine inconnue a recouvert les eaux du parc, tuant toute la faune sur son passage, relate Le Parisien.

Une mousse qui s’est « délitée en une multitude de boules grandes comme des balles de ping-pong, il y en avait partout. Ce parc, les écoles de la ville y viennent pour étudier la biodiversité. Tous nos efforts avaient été réduits à néant. Nos agents ont ramassé 1 600 cadavres de poissons. Je me souviendrai toujours de cette atmosphère de désolation », a déploré Murielle Wolski, l’adjointe à l’environnement de la commune.

Le responsable : le gérant de Wonder Glam Paris, une entreprise qui entreposait ses produits cosmétiques non loin du parc. En effet, après enquête et en garde à vue, le gérant a reconnu s’être débarrassé de 200 bidons de 10 litres de shampoing périmé dans ses sanitaires.

À l’audience de début janvier, l’homme a expliqué avoir renoncé à les amener en déchetterie, pensant qu’ils allaient être refusés. Selon son avocat, qui a plaidé l’ignorance : « Mon client pensait que les produits allaient terminer dans les eaux usées et non dans le parc. »

Mais au final, le tribunal a jugé que la société était coupable d’écocide. Un fait reconnu comme un délit par la justice française depuis novembre 2020, rapporte Actu Oise.

Dans le détail, Wonder Glam Paris doit payer une amende de 13 500 € à la commune et 1 000 € à l’association Regroupement des organismes de sauvegarde de l’Oise (ROSO). Elle écope également de 30 000 € d’amende dont 20 000 € avec sursis. Quant au gérant, il doit régler 3 000 € d’amende. Soit un total de 47 500 €.

Depuis, la nature a repris ses droits, mais seulement en partie : « La vie revient doucement. Ces produits ont privé la faune et la flore d’oxygène. Tout était mort », a expliqué Didier Malé, responsable du ROSO. « Il faudra entre 5 et 10 ans pour que tout revienne à la normale. Nous avions des carpes et des brochets de belle taille. Si des alevins ont vite réapparu, ils mettront du temps à grandir », a-t-il précisé.

Cette décision, qui est considérée comme « exemplaire », rassure désormais les associations de défense de l’environnement. « Avant, les tribunaux avaient du mal à condamner ce type de faits. J’espère que cette décision découragera les pollueurs », a déclaré Jean Jopek, président de la fédération de pêche.

« Nous espérons la même sévérité pour d’autres dossiers en cours », a conclu de son côté le responsable du ROSO.

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