« On a même passé des mois sans le voir » : depuis 4 ans, Didier se bat pour rapatrier son frère hospitalisé à 100 km du domicile familial

Par Emmanuelle Bourdy
6 mai 2021
Mis à jour: 10 mai 2021

Serge Céré, ancien motard, s’est retrouvé paralysé à la suite d’un grave accident. Hospitalisé à 100 km du domicile familial, dans les Hautes-Pyrénées, son frère Didier réclame qu’il soit rapatrié pour être plus près de lui. Avec la crise sanitaire et son lot de restrictions en matière de déplacements, les visites auprès de Serge se sont encore raréfiées, plongeant le malade dans une grande souffrance psychologique. Didier a lancé une pétition en ligne.

Après un grave accident de moto survenu en 2017 à la suite d’un malaise, Serge Céré, âgé de 55 ans, s’est retrouvé hospitalisé loin des siens. En effet, l’hôpital, situé dans les Hautes-Pyrénées, est à 100 km du domicile familial, qui lui se trouve dans les Pyrénées-Atlantiques. Son frère Didier, musicien, déplore de ne pas pouvoir se rendre plus souvent au chevet de Serge.

Avec la crise sanitaire, les choses n’ont fait qu’empirer et les visites se sont encore restreintes, au point qu’ils ne se voient plus « qu’une heure par semaine », explique Didier à France Bleu. Il ajoute : « On a même passé des mois sans le voir. » Cela fait bientôt quatre ans que le musicien réclame que son frère soit rapatrié non loin du domicile familial, dans un centre spécialisé. Pour cela, il a lancé une pétition en ligne intitulée : « Moi SERGIO, prisonnier de mon corps, je vis, je me bats. »

« Depuis ce confinement, on a moins de lien avec lui », se désole encore le musicien, dont le frère bien que paralysé, est parfaitement conscient. Serge subit l’enfer de cette solitude, imposée au nom du Covid.

Et cela se ressent dans les progrès mêmes que Serge avait pu faire, tout au long de ces quatre années. « La famille amène une stimulation émotionnelle. Il faisait des progrès, mais malheureusement, depuis ce confinement, il a tout perdu. Il va falloir tout reprendre à zéro », se plaint Didier auprès de France Bleu. Et dans les yeux de Serge, on ne peut lire que tristesse et incompréhension.

Le 26 avril, sur sa page Facebook, Didier Céré écrivait : « Comme le dit Pascale, une amie infirmière, […] les soins du personnel sont importants mais l’accompagnement, l’amour de la famille, le sont tout autant. Je lis vos messages à Sergio, il sait qu’on se bat pour lui. Merci à tous pour votre soutien. »

« C’est l’action rapide des pompiers et du personnel hospitalier qui ont sauvé Sergio, mais c’est dans le lien qui l’unit à la famille qu’il a trouvé la force de se battre », soulignait encore Didier le 3 mai sur le réseau social, mentionnant aussi sur la pétition change.org que c’est « son incroyable envie de vivre », « son mental et sa force hors du commun l’ont fait revenir. »

Didier explique encore sur la pétition change.org que son frère « n’aurait pas dû survivre tant ses fractures et dégâts corporels étaient effroyables ». Mais pour son frère, Didier ne baisse pas les bras, car, dit-il à France Bleu, « Serge, c’est un peu notre moteur. Et puis, mon frère et moi, on a des liens très forts. Voir que je ne peux pas l’aider plus, ça me détruit, mais je ne lâcherai jamais mon petit frère,  jamais ». Didier reconnaît cependant que « c’est usant psychologiquement et émotionnellement de voir son petit frère comme ça, qui régresse ».

« On est en train de privilégier actuellement le rendement, mais on oublie l’humain, surtout pour les malades qui n’ont rien, qui ont besoin de ce lien pour se raccrocher à quelque chose », conclut Didier Céré auprès de France Bleu.

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