« On est des héros et on se fait convoquer en conseil de discipline ? », des soignants refusent l’hommage du 14 juillet

Par Emmanuelle Bourdy
15 juillet 2020
Mis à jour: 15 juillet 2020

Ce 14 juillet, les soignants ont été mis à l’honneur pour avoir été aux premières lignes dans la gestion de la pandémie de coronavirus. Certains d’entre eux ont été sanctionnés pour avoir pointé des dysfonctionnements, ceux-là se sentent « négligés » et ne seront pas de la partie. Deux d’entre eux se confient au micro d’Europe 1.

Lors de la cérémonie présidée par le chef de l’État Emmanuel Macron, à Paris, ce 14 juillet, un hommage a été rendu aux soignants, au son de La Marseillaise. D’ailleurs, parmi les invités, 1 400 soignants avaient été conviés à assister à la cérémonie.

Mais certains soignants, qui ont été sanctionnés pendant cette crise du coronavirus, sont amers. Pour avoir osé réclamer du matériel de protection ou pour avoir alerté sur des dysfonctionnements au sein de leur établissement, ces soignants ont en effet été mis à pied ou même licenciés.

C’est le cas de Younès et sa collègue. Infirmier dans un Ehpad de Toulouse, Younès se sent « délaissé » et « négligé », ainsi qu’il l’a confié au micro d’Europe 1. Il a été mis à pied pour avoir réclamé à sa direction des masques de protection à plusieurs reprises, alors que parmi les résidents, des cas étaient suspectés atteints du coronavirus. Younès raconte : « Ma collègue a contacté le Samu, qui lui a recommandé de déstocker les masques et les blouses, car il s’agissait de cas suspects. La direction a refusé de déstocker le matériel. »

Younès explique encore que sa collègue a été mise à pied, quant à lui, après un entretien avec sa direction, il a été obligé de quitter son lieu de travail. Il relate ce que la direction lui a dit à ce moment-là : « Elle m’a dit que j’étais obligé de quitter l’établissement. J’ai refusé et elle a appelé la police. Quatre policiers m’attendaient devant la porte, ça m’a vraiment choqué », confie-t-il.

Selon la direction du groupe Domusvi, chargé de la gestion de cet Ehpad, Younès aurait eu un « comportement agressif ». Elle « conteste formellement » les dires de Younès. Elle estime encore que « c’est la réaction disproportionnée des deux salariés et la nécessaire cohésion de l’équipe, qui a amené la directrice à prendre la mesure conservatoire ». Elle ajoute : « La nature des faits reprochés est d’une gravité suffisante pour que, en tant qu’employeur, nous ayons été contraints d’envisager une mesure à l’encontre de ces salariés. »

L’aide-soignante et déléguée syndicale de Livry-Gargan, Anissa Amini, a elle aussi été convoquée pour un « entretien préalable à procédure disciplinaire ». « On est des héros et on se fait convoquer en conseil de discipline ? » a-t-elle déclaré à la presse. « Moi, je ne vais pas défiler au 14 juillet. Je prends ça comme du ‘foutage de gueule’. Si je marche dans Paris cet après-midi, dit-elle, ce sera dans le cortège des soignants en colère », avait-elle annoncé ce 14 juillet au matin.

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