Oradour-sur-Glane, il y a 75 ans…

Par Emmanuelle Bourdy
10 juin 2019
Mis à jour: 12 juillet 2019

Le village d’Oradour-sur-Glane, situé à 22 kilomètres au nord-est de Limoges, commémore aujourd’hui le 75e anniversaire du massacre des habitants de cette petite bourgade.

En effet, le 10 juin 1944 fut un jour fatidique. 642 habitants ont été enfermés puis massacrés par une unité de 2e Division SS «Das Reich». Beaucoup ont été brûlés vifs, tandis que d’autres ont été fusillés.

Claude Milord, président de l’association des familles de martyrs raconte au micro de France Inter leur calvaire ce jour-là : «Les nazis ont emmené une caisse, ils ont mis le feu, tiré dans la foule.»

Ce lundi, Philippe Lacroix, le maire d’Oradour, a prononcé un discours aux côtés de Geneviève Darieussecq, secrétaire d’État à la Défense qui a présidé la cérémonie.

En mars 1945, soit 9 mois après ce massacre, le Général de Gaulle en personne avait été le premier à rendre hommage aux victimes. Il avait par ailleurs pris la décision de faire du village un lieu de mémoire et c’est la raison pour laquelle ce village est resté figé. Lors de sa visite, le Général De Gaulle avait prononcé ces paroles : «Qu’un lieu comme celui-là reste une chose commune à tous, une chose où tout le monde reconnaît le malheur commun, la volonté commune et l’espérance commune».

Ce lieu est visité chaque année par 300 000 personnes. Le village est accessible gratuitement et librement, mais on peut également passer par le Centre de la Mémoire dans lequel des expositions permanentes, temporaires et itinérantes sont montrées.

Claude Milord déplore que la plupart des visiteurs ne passent pas par le Centre de la Mémoire à la sortie duquel un couloir, donnant accès au village, expose plus de 500 photos, imprimées sur des carreaux de porcelaine, recouvrant ainsi tout un pan de mur. Lorsque la photo d’une victime n’a pas été retrouvée, le carreau de porcelaine est laissé nu.

Les visites du lieu comptent également de nombreux scolaires, le chiffre s’élève à environ 60 000 jeunes visiteurs par an. Richard Jezierski, le directeur du Centre de la mémoire, souhaite poursuivre le travail éducatif avec les enseignants. Il précise que «c‘est fondamental de faire ce travail de préparation, de pédagogie». Ces dernières années, un phénomène nouveau est apparu. Des clichés sont pris dans ces lieux chargés de mémoire par ces jeunes dans des mises en scène légères. Ces images inappropriées circulent ensuite sur les réseaux sociaux.

«On a eu des scandales, sur Internet : des gamins qui se prennent en photo dans des tenues ‘ouh lala’, ce n’est pas normal!» précise Richard Jezierski à France Inter.

N’oublions pas que ce lieu est et doit rester un lieu de recueillement, 30% des habitants actuels du village ont encore un lien de sang avec les victimes. C’est notamment le cas de Claude Milord, dont la sœur de sa mère est décédée dans cette tragédie alors qu’elle était âgée de 10 ans. Il souhaite vivement que l’Association des familles de martyrs mette en place des panneaux dans les ruines même du village afin que les visiteurs, qui ne sont pas passés par le Centre de la mémoire, puissent mieux comprendre l’histoire de ce lieu, et donc mieux le respecter.

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