Les origines communistes du groupe extrémiste Antifa

Par Joshua Philipp
12 août 2019 Mis à jour: 12 août 2019

Le groupe extrémiste anarchiste-communiste Antifa fait fréquemment les gros titres, des violents affrontements qui ont eu lieu à Charlottesville, en Virginie aux rassemblements de gilets jaunes en France. Pourtant, alors que l’organisation est applaudie par certains médias de gauche dont les flèches sont tournées vers les nationalistes et l’extrême droite, les antifas n’ont pas toujours ciblé le « fascisme », comme ils le prétendent.

L’organisation faisait initialement partie des opérations de l’Union soviétique visant à instaurer une dictature communiste en Allemagne. Elle visait à qualifier tous les partis rivaux de «fascistes».

L’organisation peut être reliée au « front uni » de l’Internationale communiste de l’Union soviétique (Comintern) depuis le Troisième Congrès mondial tenu à Moscou en juin et juillet 1921, selon le livret allemand « 80 ans d’action antifasciste » de Bernd Langer., publié par l’Association pour la promotion de la culture antifasciste. Langer est un ancien membre de l’Autonome Antifa, une des plus grandes organisations antifa d’Allemagne, qui a été dissoute en 2004.

L’Union soviétique a fait partie des dictatures les plus violentes au monde, et tué environ 20 millions de personnes, selon le « Livre noir du communisme », publié par Harvard University Press. Le régime soviétique n’est second qu’au Parti communiste chinois de Mao Zedong, responsable de la mort d’environ 65 millions de personnes.

L’antifascisme est une stratégie plus qu’une idéologie.
– BERND LANGER, ANCIEN MEMBRE, AUTONOME ANTIFA

L’idée de la stratégie du front unique était de rassembler les organisations de gauche afin d’inciter à la révolution communiste mondiale. Les Soviétiques pensaient que, à la suite de la révolution russe de 1917, le communisme s’étendrait ensuite à l’Allemagne, l’Allemagne possédant le deuxième plus grand parti communiste, le KPD.

C’est au quatrième Congrès mondial du Komintern en 1922 que le plan prit forme. Moscou adopta le slogan « vers les masses » pour sa stratégie de front uni et chercha à réunir les divers partis communistes et ouvriers d’Allemagne sous une bannière idéologique unique qu’elle contrôlerait.

« Le ‘front uni’ ne signifiait donc pas une coopération égale entre différentes organisations, mais la domination du mouvement ouvrier par les communistes », écrit Langer.

Benito Mussolini, d’abord marxiste et socialiste, avait été expulsé du parti socialiste italien en 1914 pour son soutien à la Première Guerre mondiale. Il fonda plus tard le mouvement fasciste en tant que parti politique et prit le pouvoir lors de sa « Marche sur Rome » en octobre 1922.

En Allemagne, Adolf Hitler prit la tête du Parti ouvrier national-socialiste allemand (Parti nazi) en 1921 et organisa une tentative de coup d’État en 1923.

Le KPD a décidé d’utiliser la bannière de l’antifascisme pour former son mouvement. Langer note cependant que, pour le KPD, les idées de fascisme et d’antifascisme étaient « indifférenciées » et que le terme « fascisme » servait simplement de rhétorique pour soutenir l’opposition.

Les systèmes communiste et fasciste étaient tous deux fondés sur le collectivisme et des économies planifiées par l’État. Tous deux ont également proposé des systèmes dans lesquels l’individu est fortement contrôlé par un État puissant, et tous deux sont responsables d’atrocités à grande échelle et d’un génocide.

Le rapport annuel 2016 du service de renseignement national allemand, l’Office fédéral de la protection de la Constitution (BfV), note le même point: Du point de vue de « l’extrémisme de gauche », l’étiquette de « fascisme », telle qu’utilisée par Antifa ne se réfère pas au fascisme réel, mais est simplement une étiquette attribuée au capitalisme.

Alors que les extrémistes de gauche prétendent lutter contre le « fascisme » en lançant leurs attaques, le rapport indique que le terme « fascisme » a une double signification sous l’idéologie d’extrême-gauche, et implique surtout la « lutte contre le système capitaliste ».

Cela est vrai depuis le début, selon Langer. Pour les communistes allemands, « anti-fascisme » signifiait simplement « anti-capitalisme ». Il note que les étiquettes ont simplement servi de « concepts de bataille » dans un « vocabulaire politique. »

A member of the Antifa extremist group vandalizes a storefront in Nantes, France, on Feb. 14, 2014. (FRANK PERRY/AFP/Getty Images)
— Un antifa tagge un commerce à Nantes, en 2014 (Franck Perry/AFP/Getty Images)

Une description d’Antifa sur le site Web du BfV indique que l’organisation maintient toujours cette même définition de base du capitalisme en tant que « fascisme. »

« Ils soutiennent que l’État capitaliste produit le fascisme ou du moins le tolère. Par conséquent, l’antifascisme est dirigé non seulement contre les extrémistes de droite, supposés ou actuels, mais toujours contre l’État et ses représentants, en particulier les membres des services de sécurité », explique-t-il.

Langer note qu’historiquement, en qualifiant d’ « antifasciste » les luttes anticapitalistes du mouvement communiste, le KPD a pu utiliser cette rhétorique pour qualifier tous les autres partis politiques de fascistes. Langer déclare: « Selon cela, les autres partis opposés au KPD étaient fascistes, en particulier le SPD [Parti social-démocrate allemand]. »

Ainsi, dans ce qui serait aujourd’hui considéré comme ironique, le groupe que les « antifascistes » communistes ont le plus fortement ciblé sous leur nouvelle étiquette de « fascisme » était les sociaux-démocrates.

Le 23 août 1923, le Politburo du Parti communiste russe a tenu une réunion secrète. Selon Langer, « tous les responsables importants se sont prononcés en faveur d’une insurrection armée en Allemagne ».

Le KPD était à l’avant-garde de cet appel, lançant un mouvement sous la bannière du Front d’Action Uni et baptisant son aile armée « antifasciste » sous le nom Antifaschistische Aktion (Action antifasciste), qu’Antifa porte toujours en Allemagne, et à partir de laquelle les organisations Antifa d’autres pays sont nées.

The Unity Congress of Antifa, held at the Philharmonic Opera House in Berlin, on July 10, 1932. The congress was organized by the Communist Party of Germany as a rallying point to defeat the Social Democratic Party and the Nazi Party. Antifa labeled both parties as "fascist," which was a political label they used for all rival parties. (Public Domain)
Le congrès Antifa unitaire, à l’Opéra philharmonique de Berlin le 10 juillet 1932. Le congrès avait été organisé par le parti communiste allemand pour vaincre les sociaux-démocrates et le parti nazi. (domaine public)

À cette époque, Hitler et son parti nazi avaient déjà commencé à émerger sur la scène mondiale et le parti nazi avait employé un groupe similaire à l’action anti-fasciste pour mener des violences politiques et intimider les adversaires : les « chemises brunes. »

Pendant ce temps, Antifaschistische Aktion commençait à attirer des membres qui s’opposaient à l’arrivée du fascisme en Allemagne et qui ne souscrivaient pas ou n’étaient peut-être pas au courant des liens de cette organisation avec l’Union soviétique.

Cependant, la violence provoquée par Antifaschistische Aktion a eu un effet largement opposé. La tactique de violence et d’intimidation de tous les systèmes rivaux sous le mouvement Antifa, ainsi que son idéologie violente, ont poussé beaucoup de gens vers le fascisme.

« La rhétorique violente révolutionnaire des communistes, qui promettaient la destruction du capitalisme et la création d’une Allemagne soviétique, terrorisait la classe moyenne du pays, qui savait trop bien ce qu’il était advenu de ses homologues russes après 1918 », écrit Richard J. Evans dans « Le Troisième Reich au pouvoir. »

L’antifascisme ne vise pas seulement les extrémistes de droite actuels ou supposés, mais également toujours l’État et ses représentants, en particulier les membres des autorités de sécurité.

– OFFICE FÉDÉRAL DE L’ALLEMAGNE POUR LA PROTECTION DE LA CONSTITUTION

Le peuple allemand « était consterné par l’échec du gouvernement à résoudre la crise et redoutait la montée des communistes », a-t-il déclaré. « Ils ont commencé à quitter les petites factions en conflit de la droite politique conventionnelle et à se rapprocher des nazis. »

Langer note que depuis le début, le KPD était membre du Komintern et que, « en quelques années, il est devenu un parti stalinien », à la fois idéologiquement et logistiquement. Il était même devenu « financièrement dépendant du siège de Moscou ».

Les dirigeants du KPD, avec Antifa comme mouvement de terrain pour mener la violence et l’intimidation des partis politiques rivaux, sont donc tombés sous le commandement direct de l’appareil soviétique. De nombreux dirigeants du KPD sont plus tard devenus des dirigeants d’Allemagne de l’Est communiste, y compris de son ministère de la Sécurité de l’État, la Stasi.

Comme le dit Langer, « l’antifascisme est une stratégie plutôt qu’une idéologie ».

« Il a été mis en œuvre en Allemagne dans les années 1920 par le KPD », non pas en tant que mouvement légitime contre le fascisme qui plus tard, a envahi l’Allemagne, mais « en tant que concept de lutte anticapitaliste », écrit-il.

Christian Watjen a contribué à cet article.

On estime que le communisme a tué au moins 100 millions de personnes, mais ses crimes n’ont pas encore été complètement compilés et son idéologie persiste. Epoch Times cherche à exposer l’histoire et les croyances de ce mouvement, source de tyrannie et de destruction depuis son apparition. Lire toute la série à l’adresse ept.ms/TheDeadEndCom

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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