Orléans : un médecin inquiété par la justice car il reçoit « trop de patients »

Par Séraphin Parmentier
11 juillet 2019 Mis à jour: 12 juillet 2019

Un médecin généraliste exerçant à Orléans (Loiret) a été placé en garde à vue à la gendarmerie de la Ferté-Saint-Aubin dans l’après-midi du jeudi 4 juillet pour escroquerie à la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). Celle-ci lui reproche de recevoir trop de patients.

« Absent ce jour jeudi 4 juillet car mis en garde à vue », pouvait-on lire sur la porte d’entrée du cabinet de Jean-Marc Blanchon le 4 juillet. « La sécu a porté plainte contre moi car je vois trop de patients », a expliqué le praticien aux journalistes de France 3.

Le médecin exerce dans un immeuble du centre-ville d’Orléans où il affirme recevoir près de 120 patients par jour, sans rendez-vous. Une situation liée au manque de confrères présents dans le secteur, considéré comme une zone de désert médical.

« Je me retrouve avec énormément de gens pour pallier le système médical qui est défaillant ici et je me retrouve dans l’ennui. On me dit : ‘Monsieur, vous voyez trop de monde !’. Au-delà de 72 patients, c’est considéré comme de la fraude. »

D’après le Conseil de l’ordre des médecins, il n’existe pas de nombre de patients imposé aux praticiens. « En moyenne, un généraliste reçoit entre 40 et 50 patients par jour, ce qui fait déjà des grosses journées », confie l’organisme à France 3.

« Qu’est ce qu’on va faire tous ici, on va aller où ? »

Mais la Sécurité sociale soupçonne le docteur Blanchon de mentir et a déposé plainte contre lui pour « fausses déclarations », entraînant l’ouverture d’une enquête par le parquet d’Orléans. Si sa garde à vue a été levée dans la soirée du 4 juillet, « l’enquête préliminaire se poursuit », rapporte le quotidien régional La République du Centre.

Une situation qui suscite l’incompréhension de ses patients. « Ce n’est pas normal, si la Sécu le radie, qu’est ce qu’on va faire tous ici, on va aller où ? », s’interroge une femme ayant parcouru 25 kilomètres avec son mari pour venir consulter M. Blanchon. « Il n’y a qu’à y avoir plus de médecins », renchérit son époux.

Contactée par les journalistes de France 3, la CPAM du Loiret affirme détenir des éléments à l’encontre du médecin. Le directeur de la CPAM du Loiret n’a toutefois pas voulu donner suite à la demande de rendez-vous des journalistes de France Télévisions.

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