Oui, les parents sont capables de choisir le mode d’éducation de leurs enfants

L’idée que les parents gênent l’éducation des enfants et puisse enrayer leur épanouissement n’a rien de nouveau. C'est aussi faux.
Par Kerry McDonald
15 août 2019 Mis à jour: 17 août 2019

Au cœur des débats autour de la liberté d’éducation et du choix de l’école se trouve le sentiment subtil mais pernicieux qu’on ne peut faire confiance aux parents. Ils sont trop occupés, trop pauvres ou trop ignorants pour prendre les bonnes décisions pour leurs enfants, tandis que d’autres savent mieux comment élever et éduquer leurs enfants. Peu importe que les parents s’occupent et éduquent leurs enfants avec succès depuis des millénaires, assurant ainsi la survie et le succès continu de notre espèce.

Méfiance à l’égard des parents

Comme l’écrit l’économiste Richard Ebeling dans l’introduction du livre de Sheldon Richman « Separating School & State » :

« Le parent a été considéré – et est toujours considéré – comme une influence néfaste et préjudiciable dans les années de formation de l’éducation de l’enfant, une influence qui doit être corrigée et remplacée par l’enseignant professionnel ‘éclairé’ formé, nommé et financé par l’État. »

Cette méfiance à l’égard des parents se manifeste dans un certain nombre de domaines politiques, notamment avec la mise en place d’une éducation préscolaire publique universelle pour les enfants de quatre ans (et, de plus en plus, ceux de trois ans) dans des villes comme New York et Washington, et dans des rapports académiques plaidant pour des interventions gouvernementales « du berceau à la maternelle ». Ces efforts sont presque toujours conçus pour aider les parents, alléger le fardeau des familles à revenu faible et moyen et s’attaquer aux inégalités et aux écarts de résultats. Mais le message est clair : on ne peut pas s’attendre à ce que les parents, en particulier les parents défavorisés, élèvent efficacement leurs enfants et assurent leur éducation sans l’aide du gouvernement.

Le maire de New York, Bill de Blasio, parle avec des enfants après leur avoir lu un livre dans une classe de maternelle à P.S. 130 à New York le 25 février 2014. (Seth Wenig-Pool/Getty Images)

Certains chercheurs le disent d’emblée. Dans un article publié dans le Washington Post au sujet d’une prétendue perte d’apprentissage estivale chez les écoliers, Kelly Chandler-Olcott suggère que pour résoudre le problème, nous devons cesser de nous attendre à ce que les parents prennent soin de leurs enfants pendant les mois d’été et compter plutôt sur des experts pour le faire pour eux. Elle écrit :

« Il est également troublant de penser que les familles, et non les éducateurs, devraient promouvoir l’apprentissage dans des domaines spécialisés comme les mathématiques, la lecture et les sciences. Bien que les familles de tous les milieux fassent la promotion de divers types d‘apprentissages dans la vie de tous les jours, la plupart des parents n’ont pas la formation requise pour aborder la matières scolaire, et ils ne peuvent pas s’abstraire de leurs obligations [lesquelles leur retirent une partie de leur disponibilité pour être avec leurs enfants] simplement parce que l’école est fermée à leurs enfants. »

C’est en été, remarquez, que les parents sont depuis longtemps responsables de la garde de leurs enfants. Apparemment, la crise scolaire est maintenant si grave, en particulier pour les enfants à faible revenu et les obligations des parents tout au long de l’année sont si énormes, que nous devrions confier à d’autres pendant la période estivale ce qui apparemment ne s’est pas bien déroulé pendant l’année. Comme je l’ai écrit à la NPR, nous devons nous poser la question suivante : si les enfants peuvent si rapidement oublier ce qu’ils ont prétendument  appris pendant l’année scolaire, l’ont-ils vraiment appris ? Et si « la plupart des parents ne sont pas formés pour aborder les matières scolaires », qu’en est-il de l’éducation qu’ils ont reçue grâce à l’enseignement publique ?

La « force éternelle » de la parentalité

L’idée que les parents n’ont pas leur place dans l’éducation des enfants et qu’ils risqueraient de freiner leur épanouissement n’a rien de nouveau. Alors qu’il concevait l’architecture de la scolarisation en masse obligatoire au XIXe siècle, Horace Mann soutenait que l’éducation était trop importante pour être laissée à la discrétion des parents. Il a expliqué que les liens parentaux forts constituaient des obstacles au développement des enfants et de la société, écrivant dans sa quatrième conférence sur l’éducation en 1840 :

« La nature fournit une force pérenne, inépuisée et inépuisable, réapparaissant partout et à tout moment où la relation parentale existe. Nous, qui sommes engagés dans la cause sacrée de l’éducation, sommes donc en droit de considérer tous les parents comme ayant pris notre cause en otage. »

Horace Mann a ajouté que « dès que nous pourrons leur faire comprendre le véritable lien qui les unit à cette cause, eux et leurs enfants, ils en deviendront des défenseurs », en faveur du changement complet du contrôle de l’éducation par la famille vers l’État. C’est pour le bien de tous, a dit M. Mann – à l’exception des parents comme lui qui font l’enseignement à la maison à ses propres enfants tout en rendant obligatoire l’école forcée pour les autres.

Horace Mann a soutenu que l’éducation était trop importante pour être laissée à la discrétion des parents. (Domaine public)

La solution consiste pour les parents à repousser le contrôle insidieux du gouvernement sur l’éducation des enfants. Ne vous laissez pas impressionner par le chant des sirènes d’empathie feinte pour le fardeau de votre travail et de votre famille. Ne soyez pas convaincu de la fausse croyance que vous êtes incapable de prendre soin de vos enfants et de déterminer comment, où et avec qui ils devraient être éduqués. Ne laissez pas votre instinct parental « inépuisable » faiblir par les responsables du gouvernement qui pensent savoir ce qui est le mieux pour votre enfant. Exigez la liberté et le choix.

Les parents sont puissants. Ils ne sont pas parfaits et ils échouent, mais ils sont plus parfaits et échouent beaucoup moins que les agents de l’État et les bureaucraties gouvernementales enivrés d’autorité et d’ego. Ils devraient reprendre le contrôle de l’éducation de leurs enfants en plaidant en faveur du choix des parents et en s’opposant aux efforts visant à saper leur capacité innée à veiller au bien-être de leurs enfants.

Faites confiance à la « force pérenne » de la parentalité, même lorsque – ou peut-être surtout lorsque – les autres s’en méfient.

Kerry McDonald est Senior Education Fellow (SEF) à la Foundation for Economic Education et auteur de « Unschooled : Raising Curious, Well-Educated Children Outside the Conventional Classroom » (Chicago Review Press, 2019). Cet article a été publié à l’origine sur FEE.org.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

RECOMMANDÉ