Pandora Papers: une enquête ouverte contre le président chilien Piñera

Par Epoch Times avec AFP
8 octobre 2021
Mis à jour: 8 octobre 2021

Le parquet chilien a annoncé vendredi l’ouverture d’une enquête contre le président Sebastian Piñera concernant la vente d’une compagnie minière par une entreprise détenue par ses enfants, une opération citée dans l’enquête des Pandora Papers.

« Le procureur général (….) a décidé d’ouvrir une enquête pénale sur les faits associés à ce qui est connu sous le nom de ‘Pandora Papers’ et liés à l’achat et à la vente de l’entreprise minière Dominga, en lien avec la famille du président Piñera », a déclaré à la presse Marta Herrera, responsable de l’unité anticorruption au sein du bureau du procureur.

Sebastian Piñera, un des dirigeants politiques apparaissant dans les Pandora Papers, l’enquête divulguée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), a démenti lundi tout conflit d’intérêt dans la vente de la compagnie minière Dominga à un ami proche.

Le conflit d’intérêt dans la vente de la compagnie minière 

La vente a eu lieu en 2010 pendant le premier mandat du chef de l’Etat chilien (2010-2014), à nouveau au pouvoir depuis 2018.

« Le procureur général a pris cette décision considérant que ces faits pourraient constituer le moment venu des délits de corruption, avec leur corollaire en matière de dessous-de-table et d’éventuels délits d’ordre fiscal, des questions qui feront toutes l’objet d’une enquête », a ajouté Mme Herrera.

Etant donné « la gravité des faits faisant l’objet de l’enquête », l’affaire sera traitée par un parquet régional, en l’occurrence celui de Valparaiso (centre), a précisé la magistrate.

Selon une enquête menée par les médias chiliens CIPER et LaBot, membres de l’ICIJ, l’entreprise minière Minera Dominga a été vendue à l’homme d’affaires Carlos Alberto Délano, un ami du chef de l’Etat, pour 152 millions de dollars, une transaction opérée aux îles Vierges britanniques.

Le paiement contenait une clause controversée

Le paiement de la transaction devait être effectué en trois versements, et contenait une clause controversée qui subordonnait le dernier paiement à la condition « qu’une zone de protection environnementale ne soit pas établie sur la zone d’exploitation de la société minière, comme le demandent des groupes écologistes ».

D’après l’enquête, le gouvernement de Sebastian Piñera n’a finalement pas protégé la zone où l’exploitation minière était prévue, si bien que le troisième paiement a bien été effectué.

Le président de droite, un des hommes les plus riches du Chili, a affirmé lundi qu’il n’avait pas eu connaissance de cette transaction car il n’administrait plus ses biens pendant sa présidence.

Les faits rendus publics par les médias en 2017 

« Les faits mentionnés dans ce rapport ne sont pas nouveaux, ils ont été rendus publics par les médias en 2017 et ont également fait l’objet d’une enquête approfondie par le ministère public, une affaire close par la justice », s’est défendu M. Piñera.

« Les faits liés à la vente et à l’achat de la société minière ne sont pas expressément inclus dans la décision de non-lieu de 2017 », a toutefois précisé vendredi Mme Herrera.

Le projet d’exploitation à ciel ouvert de cuivre et fer dans le désert d’Atacama (nord), toujours en attente d’une décision de la Cour suprême après des recours, prévoit aussi la construction d’un port de chargement de minerais à proximité d’une réserve nationale abritant des manchots de Humboldt, une espèce menacée qui ne nichent qu’au Chili et au Pérou.

Début août, une commission d’évaluation environnementale a approuvé le projet malgré les protestations des défenseurs de l’environnement, mais doit encore recevoir l’aval en Conseil des ministres.

Pendant son premier mandat, M. Piñera avait annoncé l’annulation d’un projet de construction d’un centrale thermoélectrique qui devait être installée près de Minera Dominga. Plus aucune mesure de protection n’avait ensuite été prise.

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide de l’État et n’appartenant à aucun groupe politique ou financier. Depuis le jour de notre création, nous faisons face à des attaques systématiques pour faire taire la vérité, notamment de la part du parti communiste chinois. C'est pourquoi nous comptons sur votre générosité pour défendre un journalisme indépendant, honnête et en bonne santé. Ensemble, nous pouvons continuer à faire connaître la vérité.

RECOMMANDÉ