Paris – Après son agression, le kiosquier de Barbès jette l’éponge et ferme son commerce : « J’ai essayé de résister »

22 mai 2019 Mis à jour: 11 juillet 2019

La coupe est pleine pour Samir Lebcher. Las de l’ambiance délétère qui règne dans le quartier où est située son affaire, le kiosquier affirme qu’il ne peut plus continuer à y exercer son métier.

Violemment attaqué par un pickpocket le lundi 13 mai au moment où il fermait son kiosque à Barbès, Samir Lebcher avait déjà dénoncé l’ « insécurité » qui règne dans ce quartier du 18arrondissement de Paris.

« En fermant mon kiosque ce soir à Barbès, agressé par un pickpocket s’en prenant à moi en venant dans mon dos. Inadmissible, impossible de travailler dans cette cacophonie ! », avait-il écrit sur Twitter en publiant un cliché de son visage tuméfié.

« Je ne peux pas continuer »

Le 20 mai, le kiosquier a déclaré qu’il jetait l’éponge, préférant changer de métier plutôt que de continuer à supporter les risques liés à l’endroit où son affaire est implantée.

« Cela fait un moment que j’officie dans le 18e arrondissement et que j’alerte sur les mauvaises conditions de travail », a expliqué M. Lebcher sur BFMTV.

« On est face à une misère sociale qui s’est implantée dans ce quartier et dans cet arrondissement. Je ne suis pas le seul à dénoncer les problèmes de sécurité qui durent depuis un moment », poursuit le kiosquier

« Je ne suis pas là pour dire que c’est la faute d’un tel ou un tel. Je suis là pour dire que, moi, au milieu de tout cela, je ne peux pas continuer. Là, c’était un coup de poing, la prochaine fois ce sera quoi, un coup de couteau ? », s’interroge-t-il.

« Il faut que chacun prenne ses responsabilités »

En septembre dernier, Samir Lebcher avait d’ailleurs déjà pris la décision de fermer son kiosque, épuisé par cet « environnement hostile » et les nombreux trafics liés à la présence de « vendeurs de cigarettes, pickpockets et dealers ».

« C’est usant de passer ses journées au milieu des pickpockets, d’assister aux vols, aux arrachages de colliers […] À Barbès, on se permet des choses incroyables », avait-il observé dans les colonnes du Parisien. Il avait finalement rouvert au mois de novembre, pensant que la situation s’était améliorée.

« Mon père était installé là depuis 1976. C’est ce qui m’a emmené là-bas. Au départ, ce n’était pas le métier qui m’attirait, c’était l’emplacement et l’affaire de famille. Aujourd’hui, avec ce que j’ai pu vivre, je ne suis pas prêt à rouvrir », confie Samir.

« La situation était compliquée bien avant le mandat d’Anne Hidalgo. Et ce le sera encore après sa mandature. Les autorités compétentes sont conscientes de ce qu’il se passe. Mais aujourd’hui, pour le bien de ce quartier, il faut que chacun prenne ses responsabilités et qu’une solution soit trouvée », ajoute-t-il.

« J’arrête, parce que prendre des coups pour vendre des journaux… c’est bon. J’ai essayé de résister », conclut Samir Lebcher.

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