Paris veut protéger ses abeilles des produits toxiques, des pesticides et des OGMs (+vidéo)

22 juin 2015
Mis à jour: 22 juin 2015

 

Une charte « L’ Abeille, sentinelle de l’environnement » a été signée samedi 20 juin par la ville de Paris au Chai de Bercy. Signe des temps, ce sont maintenant aux villes de protéger ces émissaires de la biodiversité, mourant inexorablement des pesticides dans les campagnes. En effet, début avril un rapport des académies des sciences européennes montrait les “impacts négatifs sévères” de l’utilisation des néonicotinoïdes, des insecticides suspectés de la mort de masse des abeilles domestiques, des insectes pollinisateurs et des oiseaux.

Une charte pour protéger les abeilles parisiennes

Paris s’est donc engagé à protéger les 600 ruches de son territoire et à y interdire les produits toxiques, les pesticides et les OGMs – selon les termes rédigés par l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF). Fini donc les pesticides industriels dans l’entretien des végétaux urbains, la charte prévoit même de privilégier “des plantations de variétés mellifères”, plus appréciées par les abeilles.

Paris se targue déjà d’abriter 4,6 au kilomètre carré de ruches, la plaçant devant Berlin. Parmi les différents sites, on peut les retrouver dans les bois de Vincennes et de Boulogne, sur les toits de l’Opéra et du centre Beaugrenelle, dans le jardin Georges-Brassens ou du Luxembourg, au parc Monceau, etc.

Paris veut aussi re-végétaliser sa ville en augmentant les espaces verts ce qui donnera un terrain de jeu plus propice pour les abeilles. Selon  Pénélope Komitès (PS), adjointe à la mairie, chargée des espaces verts, de la nature et de la biodiversité, « sur les 30 nouveaux hectares d’espaces verts promis durant ce mandat municipal, nous en avons réalisé 4,5 hectares. Nous nous sommes aussi engagés à planter 20 000 arbres supplémentaires d’ici à 2020 dans les jardins de la ville.».

Mais que les Parisiens se rassurent, les insectes restent souvent hors de portée des trottoirs, préférant la vie des toits. Ils sont également en petit nombre à l’échelle de la capitale.

Un effort en demie teinte de la part du gouvernement

Quelques jours plus tôt le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll s’engageait timidement en se disant favorable à la création d’un label « Miel de France ». La semaine dernière, la ministre de l’Écologie Ségolène Royal avait saisi davantage l’importance du problème en interdisant purement et simplement l’utilisation du Roundup par les particuliers.

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Mais 80% du pesticide – qualifié de cancérigène par le Centre international de recherche sur le cancer, étant déversé dans les sols par les professionnels de l’agriculture, on peut comprendre qu’un effort du ministère de l’ Agriculture est attendu, au risque d’en fâcher quelques uns. En effet, le tissu agricole français est bloqué d’une part par les investissements industriels déjà réalisés pour des culture intensives (Monsanto vend aux agriculteurs des semences stériles – alors que les plantes repoussent naturellement d’une année sur l’autre, devant être utilisées avec les pesticides vendus par la firme) et d’autre part par une loi du marché leur imposant des prix toujours plus bas, les obligeant à devoir produire toujours plus, avec toujours plus d’insecticides.

Le 6 juin 2014, un apiculteur près de Perpignan montre ses abeilles mortes en dénonçant un taux de mortalité élevé des abeilles et l'empoisonnement de causée par les pesticides (RAYMOND ROIG/AFP/Getty Images)
Le 6 juin 2014, un apiculteur près de Perpignan montre ses abeilles mortes en dénonçant un taux de mortalité élevé des abeilles et l’empoisonnement de causée par les pesticides (RAYMOND ROIG/AFP/Getty Images)

Cependant l’agriculture biologique – ou agro-écologie, n’utilisant pas de pesticides fait un retour de plus en plus marqué ces dernières années. Elle permet la régénération naturelle des sols, une productivité au final plus élevée avec un savoir-faire de la terre préservé et un respect des bêtes, des plantes et des hommes. On peut trouver plusieurs expériences d’agriculteurs qui ont renoncé à l’agriculture intensive et industrielle, pour revenir à une plus petite exploitation: leur pari à tous a été gagnant leur permettant de revenir à l’équilibre des finances et à faire des produits de meilleure qualité.

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Sur la vidéo “Le déclin des abeilles expliqué en 3 minutes” ci dessous, le constat est cependant sans appel: les colonies d’abeilles s’effondrent partout dans le monde, alors qu’un tiers de l’alimentation mondiale résulte de leur pollinisation.


Le déclin des abeilles expliqué en 3 minutes par lemondefr

 

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