Le Parlement européen adopte une résolution sur Hong Kong, appelant à une action « urgente et résolue »

Par Dorothy Li
10 juillet 2021
Mis à jour: 11 juillet 2021

Le Parlement européen a adopté une nouvelle résolution le 8 juillet pour condamner la répression « sans précédent » exercée par le régime communiste chinois contre la liberté à Hong Kong, appelant au boycott des Jeux olympiques de Pékin 2022 en réponse aux violations des droits de l’homme.

La résolution d’urgence a été adoptée à une écrasante majorité à Strasbourg, en France, jeudi, avec 578 voix pour, 29 contre et 73 abstentions.

Dans un contexte de tension entre le régime communiste chinois et l’UE, la résolution non contraignante montre l’état d’esprit qui prévaut au sein du Parlement à l’égard de la Commission européenne et du Conseil de l’UE.

Les membres du Parlement européen (MPE) condamnent « dans les termes les plus forts » la fermeture forcée du journal pro-démocratie de Hong Kong, l’Apple Daily, en lui demandant de libérer « immédiatement et sans condition » les journalistes et les manifestants pro-démocratie détenus et de cesser de harceler et d’intimider les médias et les journalistes, selon la résolution.

La résolution en 28 points appelle également les gouvernements à imposer de nouvelles sanctions, à refuser les invitations aux Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022 et à fournir des visas d’urgence pour aider les journalistes et les militants qui ont fui la ville à se réinstaller.

Apple Daily a imprimé sa dernière édition le 24 juin après le gel de ses actifs et l’arrestation de ses dirigeants en vertu de la loi sur la sécurité nationale (LSN) imposée par Pékin, à la suite d’une descente massive de la police de Hong Kong à son siège. Son fondateur, le magnat des médias Jimmy Lai, purge une peine de 20 mois pour son implication dans les manifestations pro-démocratiques de 2019.

Les députés ont critiqué la loi sur la sécurité nationale comme « un assaut complet contre le haut degré d’autonomie de la ville, l’État de droit et les libertés fondamentales ».

« En un an, la loi a été appliquée pour démanteler complètement la société libre de Hong Kong sur presque tous les fronts … transformant complètement le paysage politique et juridique de Hong Kong et étouffant la liberté de la presse et la libre expression des opinions », peut-on lire dans le communiqué.

Des participants de diverses armées marchent à côté d’une bannière soutenant la nouvelle loi sur la sécurité nationale à la fin d’une cérémonie de lever du drapeau pour marquer le 23e anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Grande-Bretagne, à Hong Kong, le 1er juillet 2020. (Anthony Wallace/AFP via Getty Images)

La vaste loi sur la sécurité nationale est entrée en vigueur le 30 juin 2020, criminalisant des chefs d’accusation vaguement définis comme la subversion, la sécession et la collusion avec des forces étrangères.

Considérant que la loi sur la sécurité nationale (LSN) « viole complètement » la règle « un pays, deux systèmes », les députés ont appelé les membres de l’UE à « traiter la LSN comme une priorité absolue à l’ordre du jour de toutes les réunions UE-Chine ».

Le régime communiste avait accepté de laisser la ville contrôler les affaires intérieures par le biais de sa structure politique dans le cadre de l’approche « un pays, deux systèmes » pendant 50 ans lorsque la souveraineté de l’ancienne ville coloniale britannique a été transférée à la Chine le 1er juillet 1997.

Ils ont exhorté l’UE et les 27 États membres à mettre en œuvre un « programme de sauvetage » pour aider les militants et les dirigeants politiques pro-démocratiques à vivre et à travailler dans leurs pays respectifs et à offrir des documents de voyage d’urgence aux journalistes, alors que la situation des droits de l’homme se détériore dans la ville.

Elle a souligné que 128 personnes avaient été arrêtées dans le cadre de la LSN et 64 personnes formellement inculpées, dont 47 sont actuellement en détention provisoire.

La résolution appelle les gouvernements à refuser les invitations adressées aux représentants du gouvernement et aux diplomates pour assister aux Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022, « à moins que le gouvernement chinois ne démontre une amélioration vérifiable de la situation des droits de l’homme à Hong Kong ».

« Nous ne devons pas devenir nous-mêmes un symbole de la main du communiste », a dit à Bruxelles le député allemand Engin Eroglu, qui a fait pression pour le boycott des Jeux olympiques de Pékin.

« Nous ne cesserons pas de parler de ces questions ici dans cette Assemblée tant que les Hongkongais devront se battre pour leur liberté », a-t-il dit avant de mettre fin à sa remarque.

La députée européenne slovaque Miriam Lexmann s’est exprimée jeudi : « Le PCC se livre aux pires violations des droits de l’homme depuis le massacre de la place Tiananmen. »

« Le monde libre ne peut rester sans rien faire et donc, à l’occasion du centenaire du Parti communiste chinois, en paroles comme en actes, envoyons un message fort : que nous sommes aux côtés du peuple de Hong Kong, de toutes les victimes de la terreur et de l’oppression du PCC, et des personnes éprises de liberté partout dans le monde », a-t-elle poursuivi.

Pour mettre fin aux violations des droits de l’homme, les députés ont affirmé que des mesures plus ciblées, telles que des sanctions si nécessaire, seront imposées pour faire face à la répression dans la région extrême-ouest du Xinjiang et à Hong Kong.

L’UE avait suspendu l’accord global UE-Chine sur les investissements en mai, après les sanctions de représailles imposées en raison des violations des droits de l’homme dans la région du Xinjiang.

Ils ont recommandé de désigner le 1er juillet comme « Journée de solidarité avec Hong Kong » afin de sensibiliser le public à la situation de Hong Kong.

L’UE se félicite également de la coopération avec des alliés démocratiques comme les États-Unis pour mettre fin à l’érosion de la liberté de Hong Kong et soutenir la démocratie à Taïwan.

Le Parti travailliste britannique, principal parti d’opposition du pays, a invité le gouvernement et la famille royale à boycotter les Jeux olympiques de 2022 le 6 juillet, en raison de la « persécution systématique » des Ouïghours si Pékin refuse de permettre une enquête approfondie.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a dit qu’il allait « certainement envisager«  un boycott diplomatique de l’événement le 7 juillet.

Le 9 juillet, le Global Times, porte-parole du Parti communiste chinois (PCC), s’est insurgé contre cette initiative en menaçant « quiconque sanctionnera la Chine au sujet de Hong Kong subira des représailles implacables ».

Le sénateur irlandais Malcolm Byrne a annoncé à Epoch Times le 9 juillet que le ministre des sports, Jack Chambers, avait confirmé que l’Irlande n’enverrait aucun représentant officiel du gouvernement aux Jeux de Pékin.

Malcolm Byrne a confié qu’il espérait que les Jeux olympiques soient déplacés dans un autre pays « afin de ne pas désavantager les athlètes ».

« Je pense que c’est une question primordiale pour les sponsors des Jeux de Pékin ainsi que de savoir s’ils veulent être associés au Parti communiste chinois qui utilise les Jeux à des fins de propagande », a dit M. Byrne.

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