Pas-de-Calais : il recueille des chatons jetés vivants dans la poubelle d’un cimetière

Par Séraphin Parmentier
10 août 2019 Mis à jour: 10 août 2019

Tandis qu’il venait de se recueillir sur la tombe de son père, un homme de 35 ans a entendu des miaulements provenant d’une poubelle située dans une allée du cimetière.

Mardi dernier, un père de famille prénommé Olivier rend visite à sa mère qui réside à Hulluch, une commune d’environ 600 habitants située à une dizaine de kilomètres au nord de Lens, avec ses deux filles âgées de 7 et 9 ans.

Avant de rentrer chez lui à Avion, à une quinzaine de kilomètres d’Hulluch, Olivier décide de faire un détour par le cimetière communal établi rue Léopold-Gleizes afin de se recueillir sur la tombe de son père.

« J’en ai profité pour débarrasser les fleurs fanées. En les jetant dans la poubelle, j’ai entendu un miaulement. Je ne voyais rien, il y avait plein de pots, de fleurs, de papiers », a expliqué le trentenaire dans les colonnes de La Voix du Nord.

« Ils venaient de naître, ils avaient encore des bouts de cordon ombilical »

Intrigué, le père de famille allonge la poubelle sur le sol et retire une première couche de déchets recouvrant un sac-poubelle noir. « Le sac était à moitié ouvert et, avant même que je regarde dedans, un chaton est sorti », raconte Olivier.

Mais l’animal n’est pas seul : six autres chatons se trouvent à ses côtés, dont quatre sont inanimés. « Ils venaient de naître, ils avaient encore des bouts de cordon ombilical. »

Le père et ses filles récupèrent une jardinière et un morceau de papier ayant servi à emballer des fleurs afin d’y déposer les trois survivants. « Les filles les ont tenus tout le chemin du retour », souligne le trentenaire – qui s’occupe déjà d’un chat, de deux chiens, d’une tortue, de canaris et de poissons de bassin.

Les dépouilles des quatre autres félins sont laissées dans le sac-poubelle dans lequel elles se trouvaient. « J’ai appelé la mairie, les services techniques devaient passer pour les récupérer », observe Olivier.

« Il ne voulait plus manger et il n’arrêtait pas de miauler »

Une fois rentrée à son domicile, la petite famille nettoie les chatons et les nourrit. « On a acheté du lait et des biberons », explique le père. « Notre vétérinaire est à Avion, on y est allé tout de suite, mais il y avait beaucoup de monde. On a juste pris le traitement, du vermifuge, et on est parti », ajoute-t-il.

Malgré les soins prodigués aux trois félins, ils ne survivront finalement pas. Baptisée Myrtille, la femelle s’éteindra le soir du 6 août, tandis que son frère Coco, envahi par les vers, partira le lendemain.

Mal en point, le dernier rescapé finira par succomber le 8 août, lors de la journée internationale du chat. « Il ne voulait plus manger et il n’arrêtait pas de miauler dans la deuxième partie de la nuit. Il souffrait », soupire Olivier. Les trois chatons ont été enterrés dans le jardin familial.

Écœuré par le triste sort réservé aux félins, Olivier compte revenir à Hulluch pour y placarder une affiche relatant les faits. « Je vais sans doute aussi faire un tour dans les rues. Si je croise un chat blanc et gris, il me conduira peut-être chez son propriétaire. Faut quand même avoir le cœur bien accroché pour faire ça », conclut l’Avionnais.

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