Pas-de-Calais : un miraculé du coronavirus raconte sa descente aux enfers

Par Emmanuelle Bourdy
24 avril 2020
Mis à jour: 24 avril 2020

Après avoir contracté le coronavirus, Franco Lucarini âgé de 63 ans, s’en sort miraculeusement. Ayant frôlé la mort, il raconte son épreuve.

Ce retraité de Lens (Pas-de-Calais) se dit « miraculé », après un mois d’hospitalisation pendant lequel il a passé deux semaines dans le coma, selon France 3 Hauts-de-France.

C’est à la suite d’un concert donné le 8 mars que ce passionné de musique a commencé à tousser. Quelques jours plus tard, il appelle son médecin qui lui prescrit des antibiotiques et un sirop, diagnostiquant une bronchite. Mais l’état de santé de Franco Lucarini ne s’améliorant pas, son généraliste a alors contacté le 15. Le 17 mars, l’homme, toujours fiévreux, a été hospitalisé. Le diagnostic ne faisait plus de doutes, il avait contracté le coronavirus.

Passant du centre hospitalier de Lens au service de réanimation de Beuvry-Béthune, il ne se souvient de rien et, « à partir de ce moment-là, c’est le trou noir », explique Franco Lucarini.

Très rapidement, il est plongé dans un coma artificiel. Il raconte : « Pour moi ça a été très vite… Les quatre premiers jours, on ne donnait pas cher de ma peau. »

Durant son coma, il a eu des hallucinations, tantôt se croyant dans une luxueuse clinique parisienne, tantôt voyant son épouse en infirmière ou encore sa nièce de 2 ans souriant à côté de lui.

Mais Franco Lucarini a tenu bon. « Après 15 jours de coma, je me suis réveillé avec les tuyaux plein la bouche », raconte-t-il.

« On avait demandé à mon épouse de rapporter des photos d’elle et de mon fils, que j’avais devant moi au réveil, ça donne un soutien incroyable », admet-il, ajoutant que de nombreux messages lui sont parvenus, lui apportant également beaucoup de réconfort et « une force extraordinaire ».

Même s’il n’a « finalement pas souffert », il reconnaît que toutes les 30 minutes, l’infirmière venait « vider sa cage thoracique » et « dans ces cas-là, les secondes paraissent des minutes, j’avais l’impression d’étouffer. À un moment donné, je me suis senti partir ».

Il a ensuite passé une semaine en soins intensifs et lorsque le personnel soignant a retiré les tuyaux, Franco Lucarini a vécu cela comme « une délivrance ». À la suite de quoi, il a été transféré à La Bassée pour y effectuer une rééducation.

Franco Lucarini explique que lorsqu’il a voulu se lever pour la première fois, ce n’était pas gagné. « Je ne tenais pas debout », a-t-il dit. Ayant perdu 15 kg dans cette bataille contre la mort, il lance avec humour que ce n’est « pas une mauvaise chose, mais je ne reviendrai pas l’année prochaine pour un régime ! ».

Depuis le 18 avril, il profite à nouveau de la vie, comme sorti d’un mauvais rêve. Savourant chaque instant, il est conscient de son bonheur retrouvé. « Là c’est le pied,  parce que je suis avec les miens, je peux marcher dans mon grand jardin… On est tirés d’affaire, je suis passé par une belle porte. » Et il le doit à tous les soignants qui se trouvaient à ses côtés dans cette épreuve. « J’ai eu une équipe exceptionnelle… Pour moi ce ne sont pas des médecins, ce sont des copains. Je leur ai promis qu’on ferait la fête après, je ne pourrai jamais l’oublier », confesse-t-il.

« Pour moi, je suis un miraculé. La mort a frappé à ma porte, je lui ai dit de dégager, et je suis reparti parmi les vivants », conclut Franco Lucarini.

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