Passer de longues heures au bureau pourrait vous tuer

Par Epoch Times
3 juillet 2019 Mis à jour: 12 juillet 2019

Par Shainaz FIRFIRAY, de l’Université de Warwick

Une semaine de travail plus courte peut améliorer la santé, le bonheur, la motivation et la satisfaction de vivre.

Les salariés britanniques ont la semaine de travail la plus longue par rapport aux autres travailleurs de l’Union européenne. Cependant, malgré les longues heures travaillées, des études récentes ont montré que cela ne fait pas du Royaume-Uni un pays plus productif pour autant.

Une analyse du Congrès des syndicats portant sur le nombre d’heures de travail et la productivité a révélé que, si le personnel à plein temps du Royaume-Uni travaillait près de deux heures de plus que la moyenne de l’UE, il n’était pas aussi productif que le personnel du Danemark qui travaillait moins d’heures dans une semaine moyenne de travail.

De tels résultats ont suscité un intérêt envers la relation entre le nombre d’heures travaillées et la productivité – et les résultats de plusieurs études ont suggéré le concept de « temps de travail optimal ». Il s’agit d’un nombre optimal d’heures passées au travail, après quoi la productivité commence à diminuer et des problèmes de santé aigus ou chroniques commencent à apparaître. Certains experts suggèrent de ne pas dépasser 35 heures par semaine.

Ainsi, bien que la prévalence de la flexibilité du temps de travail et l’utilisation des technologies pour le faciliter aient apporté de nombreux avantages aux organisations, de tels changements ont également contribué à créer une culture de travail 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 – et avec elle, le sentiment de devoir être « toujours disponible » et prêt à répondre aux appels ou aux courriels pour le travail. Comme le montre la recherche, les employés qui travaillent dans de tels environnements peuvent en fait présenter des niveaux d’engagement plus faibles, ce qui, avec le temps, pourrait réduire leur productivité.

Impact sur la santé et le bien-être

Plusieurs études ont démontré que certains aspects du travail sont des indicateurs importants de la santé, du bonheur, de la motivation et de la satisfaction que les gens tirent de leur vie. Tout d’abord, le nombre d’heures travaillées a un impact majeur sur la santé physique et psychologique des gens. Des preuves indiquent également que les longues heures de travail sont associées à l’hypertension, aux maladies cardiaques et au risque de blessures et d’accidents.

D’autres études ont démontré que les heures de travail prolongées étaient associées au stress, à l’anxiété et à la dépression. La propension à travailler de longues heures a également un effet négatif sur les relations familiales et sociales et peut accroître les conflits familiaux.

Mais les recherches sur l’impact des heures de travail sur la santé ont également reconnu à quel point les perceptions des gens concernant les longues heures de travail et les demandes de temps peuvent affecter cette association négative. Cela peut permettre d’expliquer pourquoi certaines personnes qui travaillent beaucoup d’heures peuvent afficher un bien-être physique et psychologique moins bon que d’autres employés.

Motifs pour travailler de longues heures

Il y a principalement deux motivations pour travailler de longues heures – toutes les deux ont des influences distinctes sur la relation entre les résultats et le bien-être au travail. Certaines personnes aiment vraiment leur travail et tirent un sentiment de satisfaction d’exceller en exerçant celui-ci.

Ce n’est pas la même chose que de travailler de longues heures pour éviter la menace de l’insécurité d’emploi ou de la rétroaction négative des superviseurs. Dans le premier cas, bien qu’il puisse y avoir des pressions pour travailler de nombreuses heures, il s’agit en fin de compte d’un choix fait par l’employé. Par conséquent, il est peu probable que ces travailleurs subissent les effets néfastes de la pression et du stress au travail autant que ceux qui se sentent obligés d’effectuer de plus longues heures.

Néanmoins, il y a beaucoup de cynisme quant aux avantages de prolonger les heures de travail. Une implication excessive au travail, même si elle est agréable pour l’employé, peut mener à la négligence dans d’autres domaines de la vie, ce qui peut nuire à la santé, au bien-être et aux relations interpersonnelles.

Risques liés au fait d’être un bourreau de travail

Dans de nombreuses cultures, les longues heures de travail et le fait d’être un bourreau du travail ont des connotations positives – comme le dévouement, l’engagement et la persévérance. Mais lorsque le besoin de travail devient si excessif qu’il commence à nuire à la santé, au bonheur personnel et au fonctionnement social, il peut se transformer en un problème potentiellement mortel.

Les employeurs et les collègues de travail peuvent aider les employés qui sont enclins au surmenage en surveillant chez ceux-ci les signes avant-coureurs qui mènent à devenir un bourreau de travail. Il est essentiel de prévoir des moments précis pour prendre des pauses et terminer le travail. Tout le monde devrait prendre ses indemnités de vacances pour avoir assez de temps pour se reposer et se remettre sur pied.

Évidemment, tout cela est bien beau, mais l’insécurité d’emploi, les pressions professionnelles et une atmosphère de travail trop concurrentielle peuvent obliger les employés à travailler des heures supplémentaires, même lorsqu’ils savent que cela nuit à leur santé.

En fin de compte, la plupart des travailleurs d’aujourd’hui désirent une vie au-delà du travail – et la recherche démontre que les gens peuvent être plus productifs s’ils sont capables d’équilibrer leur vie professionnelle et personnelle de façon plus satisfaisante. Par exemple, les entreprises qui ont mis à l’essai la semaine de travail de quatre jours ont constaté que le fait de travailler moins d’heures se traduit par une augmentation de la productivité en raison de la réduction du stress des employés et d’une meilleure concentration sur les tâches professionnelles.

De plus, comme le fait de travailler moins de jours signifie que les employés passent moins de temps à se rendre au travail, il y a des avantages évidents pour l’économie (plus de temps pour récupérer et s’adonner à des activités de loisirs) ainsi que pour l’environnement. Deux raisons supplémentaires pour se débarrasser d’une culture du bourreau de travail.

Shainaz Firfiray est professeur agrégé en organisation et gestion des ressources humaines à la Warwick Business School de l’Université de Warwick au Royaume-Uni. Cet article a été publié pour la première fois dans The Conversation.

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