Le PCC n’est pas la Chine et ne représente pas le peuple chinois

Par Ching Cheong
16 septembre 2021
Mis à jour: 16 septembre 2021

La plupart des gens en Occident croient que la Chine, le peuple chinois et le Parti communiste chinois (PCC) sont la même chose. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Il est temps que le monde se rende compte que le PCC n’est pas la Chine et qu’il ne représente pas le peuple chinois.

Le premier homme politique à avoir souligné ce fait est l’ancien ministre des Affaires étrangères américain Mike Pompeo. Lors d’un discours prononcé à la Richard Nixon Presidential Library and Museum en Californie en juillet 2020, Mike Pompeo a dit : « Le peuple chinois est complètement distinct du Parti communiste chinois. Le plus grand mensonge qu’ils racontent est de penser qu’ils parlent au nom de 1,4 milliard de personnes. Le PCC craint les opinions honnêtes du peuple chinois plus que tout autre ennemi. »

Le 1er septembre, le professeur Miles Yu, ancien conseiller de Mike Pompeo sur les stratégies liées à la Chine, a pris sur son emploi du temps chargé et m’a accordé une interview exclusive dans sa retraite du Maryland. Il a expliqué pourquoi le PCC et le peuple chinois ne sont pas la même chose.

Miles Yu, qui est né en Chine et a quitté le pays au milieu des années 1980, a compris ce qu’était la vie sous le régime du PCC.

« Toute personne qui a pu vivre en Chine conclurait immédiatement que les intérêts du Parti et du peuple ne sont pas les mêmes. Par exemple, les gens veulent la liberté mais on la leur refuse au nom de la sécurité nationale. »

Selon Miles Yu, il est paradoxal qu’alors que les intérêts du PCC sont en désaccord avec ceux du peuple, ce dernier affirme sans vergogne que le Parti représente la population chinoise, qui compte environ 1,4 milliard de personnes. Chaque fois que Pékin se dispute avec les puissances occidentales, il les accuse de « blesser les sentiments du peuple chinois ». En d’autres termes, le PCC tente d’intimider l’Occident par la seule taille de la population qu’il contrôle.

Miles Yu, ancien conseiller principal en politique chinoise de l’ancien secrétaire d’État américain Mike Pompeo à Annapolis, Maryland, États-Unis (Tal Atzmon/Epoch Times)

De l’avis de M. Yu, cela revient à kidnapper le peuple chinois pour obtenir une rançon. « Alors que le PCC réduisait le peuple au silence et lui liait les mains, il prétendait représenter le peuple qu’il gardait en otage – ce sont les caractéristiques exactes d’un régime voyou. »

Le régime chinois a été rendu furieux par la déclaration de Mike Pompeo. L’agence de presse d’État Xinhua a publié un long article accusant M. Pompeo de « tenter de creuser un fossé entre le PCC et le peuple chinois ».

Par ailleurs, le clan familial Yu, dans la province de l’Anhui, a radié Miles de l’arbre généalogique officiel sur ordre des autorités locales. Dans la tradition chinoise, cela est considéré comme une insulte majeure à la famille Yu et une lourde sanction « morale » pour Miles.

Au vu de la réaction virulente du PCC, Miles Yu a déduit que lui et Mike Pompeo avaient directement touché le point sensible du PCC.

Le PCC comprend que cette distinction entre le Parti et le peuple pourrait lui coûter sa légitimité. Avant que le PCC n’accède au pouvoir il y a 100 ans, il a appliqué la même tactique pour saper le Kuomintang alors au pouvoir, ce qui a conduit à la chute de ce dernier.

« Donc, ils sont hypersensibles lorsque nous leur faisons remarquer qu’ils ne représentent pas le peuple chinois », a expliqué M. Yu.

En effet, l’idée d’être « dressé contre » le peuple dérange le PCC. Le 3 septembre 2020, le dirigeant chinois Xi Jinping a prononcé un discours à l’occasion du 75e anniversaire de la guerre antijaponaise (1937-1945) et a dit : « Le peuple chinois ne permettra jamais à quiconque ou à toute force d’essayer de creuser un fossé entre le PCC et le peuple chinois. »

Le même thème a également été abordé lors de la réunion sino-américaine en Alaska au début de cette année, lorsque Yang Jiechi, le haut responsable des affaires étrangères de la Chine, a tracé une soi-disant ligne rouge pour les États-Unis, avertissant ces derniers de ne pas remettre en question leur légitimité.

Dans le passé, chaque fois que Pékin se plaignait qu’une certaine politique américaine « blesse le sentiment ou les intérêts de 1,4 milliard de personnes », Washington adoucissait un peu sa position, a dit Miles Yu. À partir de Pompeo, cette rhétorique n’a plus fonctionné car « nous savions que le PCC ne représente pas le peuple chinois ».

Au niveau politique, l’administration Trump a fait une distinction claire entre le peuple chinois et le PCC. Si l’administration a accueilli les ressortissants chinois pour qu’ils étudient aux États-Unis, elle a imposé des restrictions à l’entrée dans le pays de certains membres du PCC.

« Nous pénalisons le PCC pour avoir porté atteinte à Hong Kong, pour avoir commis un génocide au Xinjiang, pour avoir intimidé Taïwan et pour avoir violé le droit international en mer de Chine méridionale. Toutes ces mesures sont vraiment dans l’intérêt du peuple chinois mais en contradiction avec celles du PCC », a dit Miles Yu.

Miles Yu pense qu’en soulignant le fait évident que le PCC n’est pas la même chose que la Chine ou le peuple chinois, cela contribuerait grandement à mettre fin au sentiment pro-Pékin que ce dernier est parvenu à susciter en utilisant la sympathie du peuple américain à l’égard du peuple chinois (politique pro-Pékin d’apaisement des tensions).

Il explique qu’au plus profond de la culture américaine, il existe une forte sympathie pour le peuple chinois, grâce aux premiers missionnaires chrétiens qui ont été témoins de la détresse et du sous-développement culturel des populations ordinaires. Cette compassion pour les Chinois souffrants a été particulièrement bien reflétée dans La Terre chinoise de Pearl Buck (il s’agit du roman le plus vendu aux États-Unis en 1931 et 1932).

Malheureusement, cette bienveillance pour les citoyens chinois ordinaires a été habilement transformée par le PCC, par le biais de la propagande et des tactiques de front uni, pour servir ses propres intérêts. Il en est résulté un fort sentiment d’apaisement à l’égard du PCC.

« Cette politique d’apaisement avait survécu à 8 présidents, jusqu’à Donald Trump », a dit Miles Yu. Il pense que l’apaisement va s’éteindre naturellement une fois que les gens réaliseront que le PCC et le peuple chinois partagent des intérêts diamétralement opposés.

Miles Yu a conclu : « Pendant plus d’un demi-siècle, nous avons été trompés par la propagande chinoise en croyant que le PCC et la Chine avaient la même signification. Pour la première fois, nous avons brisé ce mythe et cela va avoir un impact significatif dans les jours à venir. »

Ching Cheong est diplômé de l’université de Hong Kong. Au cours de sa carrière journalistique de plusieurs décennies, il s’est spécialisé dans l’actualité politique, militaire et diplomatique à Hong Kong, Pékin, Taipei et Singapour.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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