Premier péage sans barrière en France: des automobilistes se plaignent de recevoir des PV en masse

Par Léonard Plantain
13 janvier 2021
Mis à jour: 13 janvier 2021

Au péage de Boulay, depuis la mise en service du premier péage sans barrière de France, un nombre impressionnant de conducteurs se sont plaints de PV injustifiés, dont certains les accumulent par dizaines.

Cela fait maintenant plusieurs semaines que la colère monte sur les réseaux sociaux au sujet de nombreux témoignages d’automobilistes verbalisés au péage de Boulay, qui ne cessent de se multiplier depuis fin 2020.

Ce péage, qui est le premier péage sans barrière de France, est situé à la sortie de l’autoroute A4 près de Metz (Moselle). Cependant, bien que présenté comme innovant à sa mise en service, ce dernier aurait également pénalisé plus de 300 personnes jusqu’à présent, relate Actu.fr.

Parmi les plus touchés, un usager a fait état de 8 000 euros de PV et une entreprise a été pénalisée à hauteur de 200 PV de 75 euros, totalisant donc 15 000 euros d’amende. De manière générale, cela se chiffre à plusieurs centaines d’euros, une somme que les usagers victimes auraient volontiers utilisée à meilleur escient.

Pour faire entendre leurs voix et exposer leurs différents cas de figure, ils se sont d’ailleurs rassemblés dans un groupe Facebook, après avoir été redirigés vers Me Jean-François Changeur, avocat spécialisé en droit routier lié aux pages d’Info Trafic françaises.

L’affaire a ensuite pris une nouvelle tournure, ce dimanche 3 janvier, lorsque la députée LREM de la 7e circonscription de Moselle, Hélène Zannier, est venue à la rencontre des victimes.

« Je suis ici en soutien car je suis moi-même victime du péage de Boulay. Je suis une passagère occasionnelle. Au niveau des bornes, soit on me disait ‘paiement refusé’, soit ‘veuillez recommencer’. Au bout d’un moment, on ne sait pas si ça a été pris ou pas. J’ai donc continué mon chemin, pour avoir des amendes par la suite », a-t-elle déclaré.

« Je pensais être la seule à ne pas avoir compris le fonctionnement de la machine. J’ai reçu des amendes très salées », a précisé Hélène Zannier, qui a finalement découvert le groupe Facebook où des usagers témoignaient des mêmes difficultés qu’elle, « voire bien plus grandes que les miennes », a-t-elle ajouté. Elle espère maintenant que la Sanef, qui gère l’A4, essaie « de régler ces dysfonctionnements ».

Parmi les usagers victimes, Ahmet Cakirbey a par exemple reçu deux procès-verbaux un an après être passé « deux fois au même péage en une minute ». Il a ainsi reçu deux amendes de 60 euros chacune pour deux passages à la même date, un premier à 21 h 55 puis un second à 21 h 56, « et dans le même sens ! Ça montre qu’il y a un dysfonctionnement », a-t-il dénoncé.

Un autre usager, David Pirus, s’est présenté avec 12 amendes à 60 euros chacune en main. « J’en ai encore 10 qui vont tomber dans les jours à venir, toutes à 60 euros. Je crains des saisies sur salaire chaque mois. »

« Je paye un bip, qui sonne à chaque fois. Sauf que quand je regarde sur le site de la Sanef, je n’ai rien à payer. Le problème vient de la machine, pas de moi. Et maintenant, on me réclame 60 euros par passage au lieu d’1,30 euro. Si je ne paye pas dans les trois jours, c’est 75 euros. Je pense que leur portique a un sacré problème », a expliqué David.

De son côté, après la polémique provoquée sur les réseaux sociaux, la Sanef s’est adressée à tous ses clients, encourageant les victimes « à prendre contact avec [leur] service client, par téléphone ou par mail, et à exposer leur situation individuelle ».

Selon Vincent Fanguet, le directeur d’exploitation : « Pour ceux qui auraient reçu directement l’amende sans avis de paiement et qui pourraient présenter des justificatifs montrant que la contravention est injustifiée, on est prêts à considérer cette situation et à demander au Ministère public d’arrêter les poursuites. »

Il explique aussi que la Sanef « encourage fortement ses clients à souscrire à la notification par mail que nous avons mise en place depuis plusieurs mois. Chaque plaque étant associée à une adresse mail, cela permet d’envoyer le rappel de paiement sous 10 jours et résoudre les problèmes évoqués ».

Avant de conclure, Vincent Fanguet a également tenu à préciser : « Pour tout ce qui précède l’amende, ça dépend de nous, mais pour tout ce qui suit, la décision revient à l’officier du Ministère public. Les amendes sont émises par l’État et non par la Sanef. Nous ne tirons aucun bénéfice financier de ces PV. »

Depuis, Hélène Zannier a pu s’entretenir avec le ministère des Transports ainsi qu’avec la Sanef, et a précisé que « pour les usagers ayant reçu la contravention à 75 euros, il faut certifier sur l’honneur ne pas avoir réceptionné ni la lettre de rappel, ni le premier avis de paiement à 21,30 euros », c’est-à-dire l’addition du prix du passage (1,30 euro) et de l’indemnité forfaitaire (20 euros), relate Actu.fr.

Concernant les abonnés du service Bip and Go, Hélène Zannier a expliqué : « On vous demandera une attestation sur l’honneur certifiant que vous n’aviez pas conscience des complications de lecture du boîtier au moment du passage au péage. »

Puis, pour ceux pensant déjà avoir réglé leur passage, « à défaut d’avoir gardé un justificatif, pensez à vérifier vos comptes dans le cas de paiement par carte bleue. Sinon, il faudra une attestation sur l’honneur expliquant comment vous aviez réglé la somme », a précisé Hélène Zannier.

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