Pêche accidentelle : un requin-renard vendu dans un hypermarché fait polémique

Par Léonard Plantain
22 septembre 2020
Mis à jour: 22 septembre 2020

Mercredi 16 septembre, des clients du magasin E. Leclerc de Vitry (dans le Val-de-Marne) ont été surpris de voir un requin-renard, une espèce menacée, sur le présentoir de la poissonnerie. Une situation qui a fait réagir sur les réseaux sociaux.

Après avoir été alerté de la présence d’un requin-renard en vente au E. Leclerc de Vitry, vraisemblablement par pêche accidentelle, l’ONG Sea Shepherd France a dénoncé sur les réseaux sociaux l’hypocrisie de telles pratiques : « Sans aucun scrupule et à l’instar d’autres grandes surfaces, l’hypermarché E. Leclerc de Vitry sur Seine crée actuellement le spectacle en exposant fièrement ce requin-renard en promotion sur un îlot central au beau milieu de son espace poissonnerie. »

L’ONG poursuit : « Quand une enseigne de grande distribution assume la promotion et la mise en avant macabre d’une espèce menacée, on est en droit de se poser de réelles questions sur son éthique […] Pour rappel : Le requin-renard est une espèce menacée dont la pêche ciblée est interdite. Si les captures accidentelles ne sont pas sanctionnées et qu’il est légal de les commercialiser, le manque d’éthique et l’irresponsabilité des professionnels avides de profits ne doivent plus être ignorés ».

Dés le lendemain, l’enseigne de Vitry-sur-Seine a mis fin à cette vente controversée, après que de nombreux internautes ont dénoncé ce procédé sur les réseaux sociaux. La direction du magasin a ensuite publié un message d’excuses sur son compte Facebook dans lequel elle indique qu’une enquête interne a été ouverte « pour comprendre comment une telle erreur avait été possible » et que le fournisseur a été invité « à venir s’expliquer auprès de la direction ». Les équipes seront également « de nouveau sensibilisées à la protection des espèces menacées ».

Cependant, le magasin de Vitry n’a légalement enfreint aucune loi, relate Le Figaro. En effet, bien que cette espèce de requin soit menacée et que sa pêche ciblée est interdite en France, sa pêche accidentelle n’est quant à elle pas répréhensible : si un spécimen est pêché accidentellement par un bateau de pêche et qu’il n’est plus vivant au moment de la remontée des filets (auquel cas il doit être relâché), le pêcheur peut, en toute légalité, le vendre à son retour au port afin qu’il soit distribué dans les poissonneries et les grandes surfaces.

Mais pour Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France : « Le fait d’interdire la capture ciblée des requins-renards, tout en autorisant la vente de cette espèce lorsqu’elle est pêchée accidentellement, incite certains pêcheurs à garder leurs prises même si ces dernières sont encore vivantes afin de les revendre », dénonce-t-elle, d’autant que « rien ne peut prouver la capture accidentelle de ces espèces », souligne-t-elle.

Dans son message sur Facebook, l’ONG Sea Shepherd France a également ajouté : « Si certains préféreront pointer du doigt un seul responsable (pêcheur, État, consommateur, poissonnier, supermarché ou restaurateur), il est important de rappeler le rôle de chacun, car tous font que ces pratiques soient encore possibles », avant de conclure : « Nous en appelons à la responsabilité de chaque consommateur et de chaque professionnel : chacun doit mesurer l’impact de sa consommation sur ces espèces et leurs habitats. »

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