Peines alourdies pour deux sœurs jugées d’avoir financé le terrorisme en Syrie avec l’argent issu des allocations familiales

Par Epoch Times avec AFP
30 octobre 2019
Mis à jour: 31 octobre 2019

Reconnues coupables, les deux sœurs ont envoyé au moins 15 000 euros, issus des allocations familiales, aux membres de leur famille partis rejoindre Daech.

Deux sœurs originaires de Roubaix (Nord) ont été condamnées mercredi 30 octobre en appel à six et quatre ans de prison ferme pour avoir aidé leurs proches partis rejoindre les rangs jihadistes en Syrie, en leur envoyant notamment plusieurs milliers d’euros. Elles répondaient d’association de malfaiteurs et de financement d’une entreprise terroriste, faits commis entre 2013 et 2015.

La cour d’appel de Paris a prononcé la peine la plus lourde à l’encontre d’Anissa Tahar Aouidate, Française âgée de 31 ans. En première instance, cette mère de deux enfants avait écopé d’une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis.

Sa sœur aînée, Assia, âgée de 36 ans, a écopé quant à elle de quatre ans de prison ferme. Cette peine est là aussi plus lourde que celle prononcée en première instance, à savoir quatre ans de prison dont deux avec sursis. Un mandat d’arrêt a été délivré contre la prévenue, absente lors du délibéré.

« On ne comprend pas très bien la décision » de la cour d’appel, a réagi son avocat, Me Nabil Boudi, jugeant la peine « inadaptée ». « C’est une décision qui ne trouve de justification ni dans l’infraction commise, ni dans la personnalité de ces deux sœurs. Elles ne présentaient aucun signe de radicalité ou de dangerosité et étaient depuis plus de deux ans parfaitement insérées socialement », a renchéri l’avocat d’Anissa, Me Joseph Hazan.

Épouses de combattants du groupe djihadiste État islamique dans le camp d’al-Hol dans le gouvernorat d’al-Hasakeh, au nord-est de la Syrie. (Photo : DELIL SOULEIMAN / AFP)

Jugées pour « financement du terrorisme »

Au cours de l’année 2014, Anissa et Assia qui sont en France restent en contact avec leur mère et leurs sœurs qui sont parties en Syrie rejoindre les rangs de l’organisation djihadiste État islamique (EI) en Syrie.

Accusées d’avoir envoyé au moins 15 000 euros, issus des allocations familiales, à leurs proches, les deux sœurs étaient jugées notamment pour « financement du terrorisme ». Anissa a également été condamnée pour avoir aidé une jeune femme à partir en Syrie en lui fournissant de faux papiers.

Selon l’accusation, 23 membres de leur famille au total ont rejoint les rangs de l’organisation État islamique (EI) en Syrie. Un des frères est décrit comme charismatique et dominateur. Ce dernier fait aujourd’hui partie des Français condamnés à mort en Irak, après avoir été capturé par les forces de la coalition anti-EI.

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