Pékin lance une nouvelle règle : les citoyens doivent passer un test de reconnaissance faciale pour naviguer sur Internet

Par Nicole Hao
4 octobre 2019 Mis à jour: 4 octobre 2019

Le régime chinois a annoncé une nouvelle règle qui oblige les résidents à passer un test de reconnaissance faciale afin de pouvoir demander une connexion Internet via un smartphone ou un ordinateur.

La règle sera mise en œuvre dès le 1er décembre 2019. En outre, aucun numéro de téléphone portable ou fixe ne peut être transféré à une autre personne en privé.

Il s’agit d’une restriction mise à jour après que le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT) exige depuis janvier 2015 que tous les demandeurs présentent une pièce d’identité valide et des renseignements personnels pour s’inscrire à un téléphone portable ou à un numéro de ligne terrestre.

Nouvelle règle

Le MIIT a publié la nouvelle règle sur son site Web officiel et l’a distribuée à tous les opérateurs de télécommunications le 27 septembre, laquelle comprend trois demandes de haute importance.

Tout d’abord, toutes les entreprises de télécommunications doivent utiliser la reconnaissance faciale pour vérifier si le demandeur voulant une connexion Internet est le propriétaire de la carte d’identité qu’il utilise depuis le 1er décembre. En même temps, les transporteurs doivent vérifier que la pièce d’identité est authentique et valide.

Deuxièmement, toutes les entreprises de télécommunications doivent avant la fin novembre 2019 mettre à niveau les modalités de leur service et aviser tous leurs clients qu’ils ne sont pas autorisés à transférer ou à revendre leur carte SIM de téléphone portable à une autre personne.

Troisièmement, les entreprises de télécommunications devront aider leurs clients à vérifier s’il existe des numéros de téléphone portable ou de ligne terrestre qui ne leur appartiennent pas mais qui sont enregistrés à leur nom depuis le 1er décembre. Pour les numéros non identifiés, les opérateurs de télécommunications doivent enquêter et fermer les lignes immédiatement.

Le MIIT a indiqué dans l’avis que le ministère fera en sorte que les superviseurs vérifient le rendement de chaque opérateur de télécommunications et organisera des inspections pour s’assurer que tous les opérateurs respectent strictement la réglementation.

Objectif

« La raison pour laquelle le régime chinois demande aux gens d’enregistrer leur véritable identité pour surfer sur Internet, c’est parce qu’il veut contrôler le discours des gens », a déclaré le commentateur américain Tang Jingyuan à Epoch Times le 27 septembre.

Les autorités ont arrêté des centaines de Chinois ces dernières années parce qu’ils avaient publié à propos d’un sujet que le régime jugeait sensible, dont les dernières manifestations à Hong Kong.

« La nouvelle règle du MIIT sur l’utilisation de la reconnaissance faciale pour identifier un internaute signifie que le gouvernement peut facilement suivre ses activités en ligne, incluant ses messages sur les médias sociaux et les sites Web qu’il visite, a précisé M. Tang.« Ensuite, ces personnes ont peur de partager leurs opinions réelles en ligne car leurs commentaires pourraient mettre en colère les autorités et causer leur arrestation. »

Pour conclure, M. Tang résume la situation : « Je pense que la nouvelle règle du MIIT prive complètement le peuple chinois de la liberté d’expression. »

Reconnaissance faciale en Chine

Le régime chinois utilise des systèmes de reconnaissance faciale pour surveiller les gens depuis plusieurs années déjà.

Dans les villes et les espaces publics comme les gares, les aéroports, les édifices gouvernementaux et les entrées de musées, la police utilise des lunettes intelligentes pour vérifier l’identité de chaque passant et savoir s’il a un dossier judiciaire.

Dans la rue, des millions de caméras de surveillance capturent et suivent les mouvements des gens.

Les systèmes de reconnaissance faciale enregistrent les piétons qui ignorent ou contreviennent aux règlements en lien avec les passages piétonniers, lesquels se voient imposer une amende de 20 yuans soit 2,56 € (2,81 $) et des baisses de points sur leur cote de crédit social. Le système de crédit social du régime chinois attribue à chaque citoyen un score de « confiance » sociale. Une personne ayant un faible pointage de crédit social peut ne pas être autorisée à monter à bord d’un train ou d’un avion, ou son enfant peut ne pas être admis dans une école digne de confiance.

Dans les salles de classe, la technologie de reconnaissance faciale surveille chaque élève et rend compte de ses actions à l’enseignant et aux parents.

Même à l’intérieur des toilettes publiques, les touristes et les résidents doivent utiliser un système de reconnaissance faciale pour obtenir du papier hygiénique.

Le régime chinois espère installer suffisamment de caméras de surveillance pour couvrir tout le pays.

Selon le dernier rapport de la société d’études de marché américaine IDC, la Chine a dépensé 9,6 milliards € (10,6 milliards $) en matériel de vidéosurveillance en 2018, et les dépenses atteindront 18,3 milliards € (20,1 milliards) en 2023. 64,3 % des dépenses en 2018 ont été consacrées aux caméras de surveillance.

L’IDC a annoncé le 30 janvier qu’elle prévoyait que la Chine aura installé 2,76 milliards de caméras de surveillance d’ici 2022.

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