Pourquoi Pékin, en plein désespoir, veut retirer complètement la liberté à Hong Kong

Par Diana Zhang
27 mai 2020
Mis à jour: 29 mai 2020

Dimanche dernier, plus de dix mille personnes sont descendues dans la rue à Hong Kong après que Pékin a proposé, lors de la réunion annuelle de son Assemblée législative fantoche, une nouvelle loi sur la sécurité nationale adaptée à la région administrative spéciale de Hong Kong. Il s’agit à la fois d’une mesure soigneusement calculée et d’un acte de désespoir qui rappelle la roulette russe.

Si cette loi est adoptée, ce sera la fin de la formule « un pays, deux systèmes » promis par le Parti communiste chinois (PCC). Pékin mettra en place un bureau de sécurité nationale à Hong Kong. Les Hongkongais pourront alors être arrêtés arbitrairement et emmenés en Chine continentale pour être poursuivis dans le cadre de son système juridique privé d’État de droit. De plus, les gens pourront être arrêtés et poursuivis à Hong Kong après que le système juridique de cette ville sera transformé en une réplique de celui du régime chinois. Les Hongkongais soupçonnent que la police militaire chinoise a déjà été envoyée à Hong Kong.

Pékin entreprend cette action à la suite du chaos déclenché par la pandémie. Plus de 122 pays veulent l’ouverture d’une enquête sur la façon dont l’épidémie du virus du PCC s’est produite en Chine. Alors pourquoi le régime chinois veut-il adopter une telle loi, sachant qu’elle suscitera une plus importante condamnation internationale du PCC ?

En fait, le PCC a soigneusement pesé les risques politiques et financiers. En fin de compte, la préservation de sa propre sécurité politique semble la chose la plus importante et la plus urgente pour ce Parti.

En septembre prochain, Hong Kong élira les membres de son assemblée législative, le Conseil législatif. Lors des élections dans les conseils de districts tenus en novembre dernier, Pékin a sous-estimé la position des Hongkongais. Au total, 388 sièges sont passés aux élus pro-démocratie, alors que seulement 62 ont été détenus par des candidats pro-Pékin. Un résultat similaire lors de l’élection au Conseil législatif aura un impact bien plus important. Le PCC ne peut se permettre de faire face à un tel défi et il veut donc agir maintenant.

De plus, il y a des manifestations. En avril 2019, le PCC a présenté un projet de loi sur l’extradition qui, comme la législation sur la sécurité nationale qui vient d’être proposée, a été considéré par les Hongkongais comme une tentative de les priver de leurs droits civils. Le PCC a été choqué par le résultat : des manifestations de masse qui ont persisté pendant six mois. À certains moments, deux millions de personnes sont descendues dans la rue, ce qui ne s’était jamais produit auparavant sous le règne du PCC. Le Parti craint que la Chine continentale suive son exemple s’il ne parvient pas à contrôler Hong Kong.

Pékin estime qu’il doit également agir à cause des graves luttes intestines au plus haut niveau de la direction chinoise. Pendant plus de deux décennies, Hong Kong a servi de base pour l’élite du régime chinois. Différentes factions ont leurs propres gens à Hong Kong, y compris les opposants du chef du PCC Xi Jinping. Hong Kong sert de plaque tournante : des actifs y sont détenus, des informations internes y sont divulguées et la ville représente une ouverture pratique permettant de faire sortir de l’argent de Chine continentale.

Pour les gens ordinaires, Hong Kong est comme ce qu’était Berlin-Ouest à l’époque. Pour Xi Jinping, cette ville pourrait servir de base anti-Xi. Pékin a déjà arrêté un libraire de Hong Kong qui avait publié un livre critiquant Xi Jinping et le milliardaire Xiao Jianghua – ce dernier gérait les actifs des soi-disant princes rouges (les enfants des principaux dirigeants du Parti). Il y a d’autres personnes que Pékin voudrait arrêter, et la nouvelle loi sur la sécurité nationale rendra ces arrestations faciles à faire.

Le PCC a toujours utilisé Hong Kong pour faire les affaires qu’il ne pouvait pas faire à partir de la Chine continentale. Autrefois centre de production manufacturière, Hong Kong a perdu ce statut au profit du continent et ne sert plus que de centre financier. C’est le seul endroit qui permet à Pékin d’accéder au marché financier international.

Si le PCC place Hong Kong sous le régime « un pays, un système », les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Europe lui retireront son statut de port franc. La seule ouverture financière dont dispose Pékin sera fermée.

Ce serait suicidaire pour le PCC. Mais l’État-parti chinois n’a pas de choix. Ses récentes actions semblent être autodestructrices. Il n’est pas étonnant que les Hongkongais sortent dans la rue avec des pancartes disant : « Le ciel élimine le PCC. »

Dr Diana Zhang est rédactrice et possède 20 ans d’expérience dans l’étude de la Chine. Basée aux États-Unis, elle utilise un pseudonyme pour protéger les membres de sa famille en Chine.

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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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