Pékin renomme les Instituts Confucius au moment où elles sont confrontées à des fermetures mondiales

Au Canada, des pétitions demandent aux écoles de plusieurs provinces de mettre fin au programme
Par Hongyan Lu
7 juillet 2020
Mis à jour: 7 juillet 2020

Le régime chinois change le nom de ses controversés Instituts Confucius, alors que de plus en plus d’écoles occidentales mettent fin à ce programme, qui a été critiqué pour avoir fait progresser la sphère d’influence de Pékin.

Selon un document du ministère chinois de l’Éducation, les instituts, désignés par Pékin comme promouvant la langue et la culture chinoises, sont rebaptisés Centres d’échange linguistique et de coopération.

« Le but de ce changement de nom est d’approfondir les échanges et la coopération en matière d’éducation linguistique entre la Chine et d’autres pays », indique un article d’une des agences de presse nationale chinoise, porte-voix du régime, Xinhua.

Ce changement de nom intervient alors que de plus en plus d’Instituts Confucius hébergés par des établissements d’enseignement en Occident – dont près de 40 aux États-Unis et plusieurs au Canada et en Europe – ferment leurs portes, en raison des inquiétudes que suscitent les programmes financés par Pékin et utilisés pour étendre la propagande et l’influence du régime à l’étranger, voire pour l’espionnage, comme le citent les experts du renseignement.

Sheng Xue, une auteure et militante sino-canadienne basée dans la région de Toronto, déclare que le fait que Pékin change le nom des instituts montre que les mouvements pour les contrer ont été efficaces.

« C’est une bonne nouvelle », a déclaré Mme. Sheng. « Le régime communiste chinois a réalisé que les Instituts Confucius ne peuvent pas continuer, surtout dans les pays démocratiques. »

Selon Mme Sheng, les instituts font partie des méthodes du Parti communiste chinois (PCC) qui consistent à utiliser la « tromperie » pour infiltrer d’autres pays.

« Le PCC a toujours été rusé et utilisera divers déguisements pour infiltrer son idéologie dans le monde », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’il faut également s’opposer à la nouvelle incarnation des instituts.

En mai, l’Université Brock est devenue la dernière université canadienne à mettre fin à son partenariat avec le programme, laissant dix Instituts Confucius (IC) toujours en activité au Canada. À un moment donné, quinze établissements d’enseignement canadiens avaient des partenariats avec les IC.

La province du Nouveau-Brunswick a déclaré, en février 2019, qu’elle retirerait l’Institut Confucius de son système éducatif. Le ministre de l’Éducation Dominic Cardy a déclaré que l’objectif du programme est de mettre « un visage amical et joyeux sur un gouvernement qui est responsable de plus de décès que presque tous les autres dans l’histoire de notre espèce ».

L’Université McMaster a mis fin à son programme d’IC en 2013, après que les partenaires chinois ont refusé de supprimer une clause de leurs conditions d’embauche qui violait les droits de l’homme au Canada. La clause exigeait que les enseignants envoyés de Chine pour enseigner dans les IC au Canada signent un formulaire déclarant qu’ils ne pratiqueraient pas le Falun Gong, dont les pratiquants sont persécutés en Chine.

La même année, l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) a publié une déclaration demandant à toutes les universités et collèges canadiens de couper les liens avec les instituts, les qualifiant « d’armes essentiellement politiques du gouvernement chinois ».

« Ils restreignent la libre discussion de sujets que les autorités chinoises jugent controversés, et ne devraient pas avoir leur place sur nos campus », a déclaré l’ACPPU.

À la suite de l’appel de l’ACPPU, l’université de Sherbrooke a également fermé son IC, en 2013.

Entre-temps, plusieurs pétitions dans diverses provinces, dont l’Ontario, la Colombie-Britannique et le Québec, réclament la fermeture des instituts.

« Les instituts Confucius préconisent une confiance aveugle envers le PCC. De façon inadmissible, ils diffusent ces idéologies auprès des enfants, des adolescents et des jeunes adultes du monde entier, réalisant ainsi les objectifs des fondateurs et des dirigeants des IC », peut-on lire dans la pétition lancée en Ontario.

La pétition cite un ancien directeur général d’IC qui décrit le programme comme « une partie importante du pouvoir doux [de la Chine] ».

Les établissements d’enseignement au Canada qui continuent à accueillir des IC sont l’Institut de technologie de la Colombie-Britannique (Colombie Britannique), l’Université Saint Mary’s (Nouvelle-Écosse), le Collège Dawson (Québec), l’Université Carleton (Ontario), l’université de Regina (Saskatchewan), l’université de Waterloo (Ontario), l’université de Saskatchewan (Saskatchewan), le district scolaire de Coquitlam (Colombie-Britannique), le collège Seneca (Ontario) et les écoles publiques d’Edmonton (Alberta).

D’autres universités canadiennes, telles que l’université de la Colombie-Britannique et l’université du Manitoba, ont rejeté les partenariats avec les IC.

Concernant le changement de nom des instituts, Doris Liu, la productrice du documentaire Au Nom de Confucius (In the Name of Confucius), a déclaré à Epoch Times : « L’Institut Confucius ne peut plus être promu davantage, ils doivent donc faire quelque chose de différent. »

« Le PCC n’abandonnera jamais cette méthode qui lui permet d’influencer le monde avec l’enseignement de la langue et de la culture chinoise », a déclaré Mme Liu.

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