Une Péruvienne née dans un village sans électricité est maintenant ingénieur pour la NASA

Par Isabel Valencia-La Gran Epoca
11 novembre 2019 Mis à jour: 12 novembre 2019

La péruvienne Aracely Quispe est un exemple de persévérance et de dépassement, car bien qu’elle soit née dans un village sans électricité, elle est devenue ingénieur pour la NASA.

Depuis son enfance, Aracely voulait travailler à la NASA. C’était son rêve, et elle a dû passer par de nombreuses difficultés pour le réaliser. Tout a commencé quand elle avait 6 ans, le jour où elle a vu pour la première fois la retransmission de l’arrivée de l’homme sur la Lune en 1969. Cette scène l’a tellement marquée qu’elle a décidé de tout mettre en œuvre pour aller très loin, peut-être un jour aussi loin que Neil Armstrong.

« C’était impressionnant de voir que des humains pouvaient traverser cette frontière. Avec le temps, j’ai su que c’était quelque chose qui m’intéressait bien trop et que je devais commencer à étudier quelque chose en sciences », a déclaré l’ingénieur péruvienne à BBC Mundo, depuis le Maryland, aux États-Unis, lors d’une conversation téléphonique.

Bien qu’elle soit née et ait vécu dans le hameau de Marripón, un district rural de Lambayeque, dans le nord du Pérou, qui ne disposait pas d’électricité, elle savait comment illuminer ses rêves, non seulement avec des lampes à pétrole mais aussi avec la lueur de la lune et des étoiles, qui allaient être une grande source d’inspiration pour elle, a expliqué Aracely à Peru 21.

Quand elle avait 12 ans, elle faisait du vélo de son école jusqu’au centre de Chiclayo lorsqu’elle a trouvé au sol un flyer qui disait : « Bourse d’études pour étudier le karaté, gratuitement, pendant un mois. » Elle a pensé qu’elle voulait tenter sa chance et c’est à ce moment-là que son aventure qui l’emmènerait plus près de la lune a commencé. À l’âge de 16 ans, elle était déjà ceinture noire et en 2005, elle allait commencer à réaliser son rêve.

Elle a réussi à surmonter tous les problèmes et les épreuves et à aller de l’avant. Avec sa famille, ils ont déménagé dans d’autres villes du nord du Pérou où elle a étudié dans des écoles publiques et obtenu son diplôme en ingénierie des systèmes. Après être devenue ceinture noire de karaté, elle a commencé à participer à des compétitions nationales et internationales. « J’ai eu l’occasion de participer à des tournois régionaux, j’ai aussi voyagé dans plusieurs pays, dont les États-Unis », raconte Aracely à la BBC.

En 2004, elle s’est rendue aux États-Unis pour la première fois et a terminé deuxième dans un tournoi à Las Vegas. Quand elle est revenue en 2005, elle avait déjà une idée claire de ce qu’elle voulait faire et a commencé à faire les recherches pertinentes pour étudier le génie aérospatial ou quelque chose qui soit relié aux sciences, a-t-elle expliqué dans une entrevue avec le média Peru 21. Aracely a découvert qu’elle avait la possibilité de demander une résidence aux États-Unis pour personne ayant des capacités extraordinaires et elle a pu le prouver en tant qu’athlète et étudiante. Elle a donc cherché à obtenir du financement sous forme de prêts, de fonds et de bourses d’études.

« C’était difficile à prouver, c’était un dossier à long terme, je devais montrer que j’avais des reconnaissances nationales et internationales, non seulement dans le domaine du sport, mais aussi professionnellement. Je montrais les thèses que j’avais écrites, les travaux universitaires, les notes, et qu’il y avait un équilibre entre mon travail académique et le sport », a déclaré Aracely à BBC Mundo.

Elle a finalement obtenu sa résidence et est restée aux États-Unis avec un objectif clair : travailler pour la NASA. Elle a dû commencer par apprendre l’anglais pendant plus d’un an, puis elle s’est inscrite à un cours de génie technologique spatial à l’Université Prince George Community, dans l’État du Maryland, où elle réside actuellement. Cependant, sur la suggestion d’un conseiller de l’université, elle a décidé de s’installer à l’Université Capitol Technology (CapTechU), également dans le Maryland, pour y étudier l’astronautique, une spécialité axée sur la construction, l’exploitation et la surveillance des engins spatiaux.

Grâce à un accord entre CapTechU et la NASA, Aracely a pu effectuer un stage dans le lieu où elle rêvait de travailler depuis son enfance. Bien entendu, cela s’est fait après qu’elle est passée à travers de nombreuses épreuves, puisqu’elle ne répondait pas à toutes les exigences, mais avec persévérance, effort et dévouement, tout lui a été facilité jusqu’à ce qu’elle ait réalisé ce qu’elle voulait faire.

Elle a fait un stage à la Tropical Rainfall Measuring Mission (Mission de mesure des précipitations tropicales), puis elle a obtenu une bourse d’études pour faire une maîtrise avec une thèse sur la fonte des glaciers à Cusco, au Pérou, en utilisant des images satellites de la NASA.

En 2011, Aracely a participé en tant qu’ingénieur de vol et d’opérations à la mission Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) de la NASA. Cette sonde spatiale est un satellite sans pilote qui, depuis 2009, gravite autour de la Lune et envoie des informations à la Terre de temps à autre. Après environ trois ans et demi, elle a été promue chef d’équipe. « J’ai exaucé mon vœu le plus cher », a-t-elle indiqué à la BBC.

Au bout de 6 ans, Aracely a été mutée à un autre département de la NASA et elle est maintenant ingénieur des systèmes de vol pour le projet du télescope James Webb, qui doit sortir dans l’espace en 2021 et remplacer le télescope Hubble, afin d’étudier les galaxies dès leur formation.

« Je rêve d’être une personne qui laisse sa marque sur l’aspect de l’exploration. Je vais être chargée de cours, et je m’y prépare, une fois que j’aurai obtenu mon doctorat en sciences. Les limites ne sont que dans notre esprit », souligne Aracely auprès du média Pérou 21.

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