Un peuple d’Asie a maintenu son ADN intact pendant 8000 ans

2 mars 2017 Mis à jour: 4 mars 2017

Des études du génome et de l’ADN humain des populations préhistoriques ayant habité notre planète il y a des milliers d’années révèlent des secrets que les historiens, les anthropologues et les archéologues n’ont pas documenté.

Une nouvelle étude a découvert que certaines populations d’Asie du Nord-Est, entre la Russie et la Chine, ont maintenu pratiquement intact leurs caractéristiques génétiques pendant près de 8000 ans, remontant à l’Âge de pierre et à la période du Néolithique.

Contrairement à ce qui est arrivé en Europe occidentale, « il n’y  a pas eu d’interruption (des traits génétiques) par des migrants pendant plus de 7000 ans », a expliqué l’université de Cambridge le 1er février, en présentant l’étude internationale conduite par l’écologiste spécialiste de l’évolution Andrea Manica.

Le territoire des peuples Oultches.

Il en résulte que l’ADN des groupes ethniques du bassin de l’Amour, sur la frontière du territoire russe et du Japon et délimité par la Chine et la Corée du Nord, est « remarquablement similaire » à celui des chasseurs-cueilleurs ayant vécu dans les grottes de la même région durant l’Âge de pierre.

La population Mandchoue et ses vêtements caractéristiques. (Wikimedia Commons)

C’est le cas des Oultches, un groupe dont la langue appartient à celles des Mandchous et des Toungouses, très similaire au dialecte des Nanaïs. Leur mode de pêche traditionnelle dans les eaux du fleuve Amour ressemble également beaucoup à celui des Nivkhes.

Une équipe du Trinity College de Dublin a extrait l’ADN des restes retrouvés dans une grotte connue comme la Porte du Diable, située dans une zone montagneuse de la Russie faisant face au nord du Japon. Ces restes ont ensuite été comparés aux populations actuelles de la région.

Un maison Oultche typique sur les bords du fleuve. (Wikimedia Commons)

« Génétiquement parlant, les populations du nord de l’Asie orientale ont très peu changé pendant près de 8000 ans », conclut le document de Cambridge.

En Europe occidentale s’est passée une histoire bien différente venant de l’Asie de l’est. Elle a d’abord souffert de l’arrivée des fermiers du Levant – la zone du Moyen-Orient aujourd’hui occupée par la Syrie et les pays environnants – qui durant le Néolithique ont remplacé les populations originales de chasseurs-cueilleurs.

Dans un second temps, à l’Âge de bronze se sont déroulées les migrations de peuples originaires d’Asie centrale – maintenant la Russie – et étaient caractérisés par leur déplacement à cheval.

En Europe de l’Est, une autre étude publiée en février 2017 par l’université de Cambridge révèle que les Slaves de la Baltique ont gardé leur caractéristiques génétiques sans avoir été altérés par les fermiers du Néolithique venant des migrations de l’Âge du bronze.

Des jeunes Nanaïs. (Wikimedia Commons)

Selon l’équipe d’Andrea Manica, le fait que les Oultches aient maintenu leurs caractéristiques originales pendant des milliers d’années est principalement le fait de conditions météorologiques défavorables. Pour la même raison, ajoute le document, les Oultches ont pu maintenir non seulement leur héritage génétique mais également nombre de leurs traditions ancestrales.

Les coutumes Oultches à Mangun. (Wikimedia Commons)

La situation en Asie du Sud-Est se révèle cependant différente. L’ADN des Japonais d’aujourd’hui ressemble à celui des chasseurs-cueilleurs et des fermiers de la Chine du sud, qui auraient pu amener la culture du riz inondé sur l’île. La même chose est arrivée avec les Coréens, dont l’ADN est très semblable à celui des Japonais.

Version espagnole : Pueblos de Asia mantienen su ADN inalterado por 8000 años

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