Un photographe capture une sorte d’ « œuf extraterrestre » qui éclot en déployant des tentacules répugnants dans l’herbe

Par Michael Wing
14 septembre 2019 Mis à jour: 14 septembre 2019

Imaginez que vous vous promenez dans la forêt, que vous profitez de l’air frais, de l’exercice et d’un environnement naturel magnifique. Tout d’un coup, vous tombez sur une forme de vie bizarre qui semble totalement décalée et qui défie l’imagination. Elle ressemble à un œuf, mais on dirait qu’elle a été déposée par des extraterrestres. C’est dangereux ? Qu’est-ce que c’est ?!

Dan Hoare, photographe et spécialiste des papillons basé dans le Hampshire, au Royaume-Uni, marchait dans le parc national de New Forest, l’une des plus grandes forêts d’Angleterre, lorsqu’il a aperçu quelque chose qu’il ne pouvait identifier. Elle était enfouie dans l’herbe à divers endroits et semblait littéralement éclore comme une sorte d’œuf d’extraterrestre.


Il se trouve que Dan Hoare est le directeur de l’organisme caritatif de conservation « Save Butterflies », au Royaume-Uni, qui fait appel à des gens du pays pour aider à compter les papillons chaque été dans tout le Royaume-Uni. Il va souvent se promener et courir dans les bois et a réussi à photographier les étranges « œufs » à différents stades de leur développement.

Une photo capture le moment où ce qui semble être des « tentacules rouges » commencent à écraser la « coquille crevée ». Une deuxième photo montre la membrane de peau repoussée plus loin alors que la « chose » à l’intérieur est sur le point de sortir de son enveloppe.

Enfin, une troisième image montre des tentacules rouge vif, qui ont des taches noires et une « peau » bosselée, ayant jailli de l’intérieur, se déployant comme une pieuvre extra-terrestre. Quoi que ce soit, c’est bien vivant. La membrane des tentacules ressemble presque à la surface d’une langue dégoûtante et râpeuse.

Regardez ces œufs extraterrestres en éclosion progressive dans une vidéo réalisée par National Geographic.

Mais bien qu’elles semblent certainement inquiétantes, ces choses étranges ne sont pas arrivées au Royaume-Uni en provenance de la planète mars ou d’ailleurs ; elles ont été apportées par des mouches d’Australie et de Nouvelle-Zélande et se sont répandues depuis dans les forêts tempérées de l’hémisphère Nord.

Le nom scientifique de l’organisme est « Anthurus d’Archer, » mais son nom commun reflète mieux son apparence et ses traits. Au Royaume-Uni, on l’appelle « les doigts du diable », ce qui a beaucoup de sens étant donné la couleur rouge vif et les tentacules recourbées qui semblent tendre la main à une âme peu méfiante.

Aux États-Unis, on l’appelle plus souvent « pieuvre stinkhorn », un nom tout aussi évocateur qui traduit à la fois l’apparence tentaculaire de l’organisme et son odeur putride notoire.

Illustration – Shutterstock | Gertjan Hooijer

Mais qu’est-ce que c’est ? Un animal ? Une plante ? C’est un champignon. De nombreux champignons participent au processus de décomposition et de pourrissement en consommant de la matière autrefois vivante – par exemple, les champignons fleurissent souvent sur les arbres tombés en décomposition.

Comme le Dr Andrew Miller, spécialiste des champignons, l’a expliqué à Inverse, les doigts du diable sont un saprophyte. En excrétant du mucus, ces organismes dégagent une mauvaise odeur qui attire les mouches. « Les mouches arrivent au sommet du stinkhorn et mangent ce mucus », explique Miller.

« Ils ne mangent pas que des spores, ils ont des spores partout sur leurs ailes et leurs pattes, puis la mouche s’envole et dissémine ces spores pour le champignon ».

Illustration – Shutterstock | godi photo

Ce champignon n’est donc pas seulement diabolique en apparence, il a aussi développé une stratégie de dissémination très intelligente.

Quant à Dan Hoare, il a très vite reçu des offres de grands journaux et chaînes de télévision britanniques lui demandant d’utiliser ses photos. Certaines personnes sur son fil Twitter n’arrivaient pas à croire que quelque chose d’aussi étrange pouvait être naturel, se demandant s’il n’avait pas utilisé des filtres spéciaux pour rendre le tout plus dramatique.

Citant les célèbres paroles du Hamlet de Shakespeare sur les limites de la connaissance humaine, Hoare répondit : « Incroyable, mais vrai ». « Il y a plus de choses au ciel et sur terre, Horatio… ».

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