Photos : où sont passées les 100 millions de personnes qui pratiquaient ces exercices en 1999 ?

Par Daniel Cameron
23 juillet 2021
Mis à jour: 23 juillet 2021

Ceux qui se sont déjà rendus en Chine n’ont sans doute pas manqué de remarquer qu’on aime y pratiquer différents exercices de qigong (travail sur les énergies) en extérieur, principalement dans les parcs. Pourtant, au début des années 1990, un ensemble d’exercices de méditation, aux mouvements lents, devenu de plus en plus populaire, a presque totalement disparu du jour au lendemain.

Après la journée fatidique du 20 juillet 1999, des dizaines de milliers de personnes, de tous les milieux sociaux et de tous les âges, qui se réunissaient chaque matin dans des parcs pour pratiquer ces exercices doux de qigong, pendant une heure ou deux avant le travail, ont soudain disparu.

Quelle était cette pratique ? Pourquoi les gens étaient-ils si attirés par cette méditation en particulier ? Et pourquoi tous ces citoyens respectueux de la loi ont-ils disparu ?

Des pratiquants de Falun Dafa faisant des exercices en groupe dans la plus grande usine automobile de Changchun, avant le mois de juillet 1999 (Minghui)

En Chine, les origines du qigong remontent à la nuit des temps. Les gens sont généralement attirés par le qigong pour ses effets positifs sur la santé. Il s’agit d’exercices de méditation traditionnels, et il en existe de nombreux types. En 1992 est apparue une forme de qigong totalement gratuite qui encourageait les gens à pratiquer des exercices en améliorant leur caractère.

Dans les années 1990, tout le monde connaissait le Falun Dafa (nommé aussi Falun Gong). La pratique avait été introduite par M. Li Hongzhi en 1992. Dans tout le pays, on vantait à sa famille ou à ses amis l’efficacité de cette pratique de l’esprit et du corps – de nombreuses personnes qui ont essayé le Falun Dafa ont vu leur état de santé, mental et physique, s’améliorer. Beaucoup ont vu des maladies, que les traitements occidentaux ou orientaux ne parvenaient pas à soigner, être guéries.

Ce ne fut pas seulement pour les exercices de méditation qu’on adopta le Falun Gong, mais aussi pour l’enseignement moral, qui peut être résumé en trois mots : « authenticité, compassion, tolérance ».

Ceux qui avaient mauvais caractère sentaient qu’ils s’amélioraient et devenaient plus tolérants. Ceux qui avaient des relations tendues avec leur conjoint ou avec certains membres de leur famille ont finalement réussi à créer un environnement harmonieux. Les étudiants, les travailleurs se donnaient les moyens de devenir meilleurs dans leur domaine. La pratique du Falun Gong pousse les gens à se conformer à une norme morale plus élevée.

Des enfants et des adultes pratiquant le Falun Dafa sur la place du palais de la Jeunesse de Shijiazhuang, au début de 1999 (Minghui)
Des personnes qui font le deuxième exercice de Falun Dafa dans le nord-est de la Chine en 1998 (Minghui)

Un an à peine après avoir présenté le système spirituel au public, M. Li a remporté tous les grands prix de l’Exposition sur la santé orientale de 1993, à Pékin, y compris le « Prix du progrès scientifique de pointe » et le « Prix d’or spécial », et a reçu le titre de « Maître de qigong le plus populaire ». Le Falun Dafa a également été reconnu comme l’école de qigong « vedette ».

Le journal officiel du ministère chinois de la Sécurité publique a félicité M. Li pour ses contributions « à la promotion des vertus traditionnelles de lutte contre le crime au sein peuple chinois, à la sauvegarde de l’ordre social et de la sécurité, à la promotion de la rectitude dans la société », selon un rapport du centre d’information du Falun Dafa.

M. Li a été nommé quatre fois au prix Nobel de la paix, et sa candidature a été proposée par le Parlement européen pour le prix Sakharov pour la liberté de pensée. Il a également reçu le prix international de la liberté religieuse de Freedom House, selon le rapport.

Les prix et les honneurs reçus par M. Li Hongzhi lors de l’Exposition sur la santé orientale de 1993 à Pékin, en Chine (Minghui)

À l’époque, les médias publics du Parti communiste chinois (PCC) faisaient l’éloge des vertus du Falun Dafa et estimaient qu’il y avait 70 à 100 millions de pratiquants en 1999.

Cette discipline du corps et de l’esprit se répandait partout et même des hauts fonctionnaires du régime chinois la pratiquaient.

Pourtant, tout a changé lorsque l’ancien chef du Parti communiste, Jiang Zemin, a perçu la popularité du Falun Dafa comme une menace pour le régime et ses idéologies marxistes. Jiang Zemin a donc ordonné aux forces de sécurité du régime d’« éradiquer » cette pratique, pourtant pacifique. Une campagne de désinformation sans précédent, impliquant l’ensemble de l’appareil médiatique de l’État chinois, a été mise en œuvre avec l’intention de retourner l’opinion publique contre le Falun Dafa.

« Ruinez leur réputation, mettez-les en faillite financièrement et détruisez-les physiquement », telles furent les instructions de Jiang Zemin au ministère de la Sécurité publique et à la police.

Des pratiquants de Falun Dafa au palais municipal des Enfants de Wuhan, le 1er mai 1996 (Minghui)
Pratique de la méditation en groupe, à Guangzhou, avant 1999 (Minghui)

Depuis que cette campagne de persécution a été lancée, la terreur a balayé la Chine.

Personne n’ose plus prononcer les mots « Falun Dafa », ni la devise « authenticité, compassion, tolérance » au risque d’être arrêté, torturé ou tué par la police. L’industrie chinoise des télécommunications et l’Internet, lourdement censurés, peuvent détecter n’importe lequel de ces mots, et la police est immédiatement envoyée sur place dès qu’on a déterminé d’où ils viennent.

C’est ainsi que 100 millions de pratiquants qui avaient l’habitude de s’adonner à ces exercices de méditation dans les parcs du pays ont dû s’arrêter net.

L’ancien chef du parti Jiang Zemin a également créé une organisation extralégale connue sous le nom de « Bureau 610 » pour superviser la persécution et s’en occuper exclusivement. Le PIB et les investissements étrangers sont mis à contribution. Selon un rapport de Freedom House, « le budget annuel estimé pour tous les ‘Bureaux 610’ dans le pays est de 879 millions de yuans[environ 115 millions d’euros] ».

 

La tyrannie en action. La police chinoise en uniforme et en civil arrêtent des pratiquants de Falun Gong venus à la place Tiananmen faire un appel pacifique pour la fin de la persécution le 25 juillet 2001. (Clearwisdom)
Reconstitution de la torture d’un pratiquant de Falun Gong recevant des chocs et des coups de matraque électrique. (Minghui)

Plus bouleversant encore, le PCC utilise les innombrables pratiquants de Falun Gong, illégalement détenus dans des prisons, comme une réserve d’organes. De nombreux pratiquants ont témoigné avoir subi des prises de sang et avoir été catalogués.

Plusieurs articles d’Epoch Times expliquent comment Jiang a ordonné le prélèvement d’organes sur les pratiquants de Falun Dafa.

Bai Shuzhong, l’ancien ministre de la Santé du département de la logistique générale, a déclaré aux enquêteurs des droits de l’homme, sous couverture l’année dernière lors d’un appel téléphonique : « À l’époque, c’était le président Jiang. Nous avons reçu l’ordre de commencer cette chose, la transplantation d’organes. »

Le rapport indique que Bai, qui s’exprimait à une époque de bouleversements politiques, avait été amené à croire qu’il parlait à des enquêteurs internes du Parti. Il a déclaré que c’est Jiang qui « a donné l’instruction […] de vendre des reins, de faire des opérations » et « après que le président Jiang a donné l’ordre, nous avons tous fait beaucoup de travail anti-Falun Gong ».

Illustration d’un modèle de correspondance d’organes pour le prélèvement d’organes vivants sur les pratiquants de Falun Gong (Rapport sur les droits de l’homme de Minghui)

Après des enquêtes approfondies sur le syndicat chinois de prélèvement d’organes, l’ancien secrétaire d’État canadien pour l’Asie-Pacifique, l’honorable David Kilgour, a confirmé : « Nous en arrivons à la conclusion regrettable que ces allégations sont vraies. »

Le journaliste d’investigation Ethan Gutmann a qualifié ces faits de « nouvelle forme de génocide ».

Après une enquête de 18 mois, un tribunal populaire indépendant a conclu dans son jugement complet en mars 2020 que des prisonniers de conscience ont été tués en Chine pour leurs organes « à une échelle significative ». Selon le tribunal, le principal approvisionnement en organes provenait des pratiquants de Falun Dafa emprisonnés.

Le jugement a pris note de preuves comme les temps d’attente extrêmement courts offerts par les hôpitaux et les tests sanguins des pratiquants de Falun Dafa emprisonnés et d’autres minorités ethniques comme les Ouïghours.

« Une telle disponibilité [d’organes] ne peut avoir lieu qu’avec une banque de donneurs vivants potentiels pouvant être sacrifiés sur ordre », indique le jugement.

Tandis qu’en juin 2021, un groupe d’experts des droits de l’homme affilié aux Nations unies a déclaré dans un communiqué qu’il était « extrêmement alarmé par les informations faisant état de ‘prélèvements d’organes’ présumés visant des minorités, notamment des pratiquants de Falun Gong, des Ouïghours, des Tibétains, des musulmans et des chrétiens, en détention en Chine. »

« Nous sommes profondément préoccupés par les informations faisant état d’un traitement discriminatoire des prisonniers ou détenus en fonction de leur appartenance ethnique et de leur religion ou croyance », ont ajouté les experts.

Des pratiquants de Falun Gong participent à une parade marquant le 22e anniversaire du début de la persécution du Falun Gong par le régime chinois, à Washington, le 16 juillet 2021. (Larry Dye/Epoch Times)
Des pratiquants de Falun Dafa participent à une parade marquant le 22e anniversaire du début de la persécution du Falun Dafa par le régime chinois, à Washington, le 16 juillet 2021. (Lisa Fan/Epoch Times)

Marquant le 22e anniversaire du début de la persécution en Chine, environ 1 500 pratiquants de Falun Dafa se sont rassemblés à Washington le 16 juillet pour demander la fin de la persécution de cette pratique spirituelle par le régime communiste chinois depuis des décennies.

Alors que l’on ne cesse de sensibiliser l’opinion publique aux prélèvements d’organes vivants sanctionnés par le PCC, des personnes du monde entier signent des pétitions et organisent des sit-in pacifiques devant les consulats chinois pour demander à leurs gouvernements de s’opposer au régime chinois, de réclamer la libération immédiate de tous les pratiquants et de mettre immédiatement un terme à la persécution du Falun Dafa.

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