Le plan de l’AIE pour détruire la liberté et sauver la planète

Par Wesley J. Smith
24 mai 2021
Mis à jour: 24 mai 2021

Si vous aimez faire d’interminables queues pour faire le plein de carburant – comme on l’a vu récemment aux États-Unis après la fermeture du plus grand oléoduc américain Colonial Pipeline à la suite d’une cyberattaque – ou si vous avez apprécié les pannes de courant à répétition de l’été dernier en Californie, vous allez alors adorer ce qu’ont prévu pour vous les guerriers internationaux du réchauffement climatique de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

L’AIE, basée à Paris, est l’agence internationale de politique énergétique la plus influente au monde. Elle est composée de 30 États membres prospères de l’OCDE, dont les États-Unis – naturellement, son principal bailleur de fonds – le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, la Suisse, le Canada, l’Australie et le Japon. L’AIE a été créée à la suite de la crise pétrolière de 1973 pour élaborer des politiques visant à empêcher que de telles perturbations énergétiques ne se reproduisent. Aujourd’hui, ironiquement, elle veut provoquer ces mêmes perturbations au nom de la lutte contre le réchauffement climatique.

L’Agence elle-même ne l’admet pas. Cependant, des pénuries et des bouleversements majeurs seraient la conséquence presque certaine de la mise en œuvre des politiques radicales qu’elle préconise. L’AIE ne veut pas seulement réduire les émissions de dioxyde de carbone (CO2). Elle veut les éliminer entièrement en fixant un objectif de zéro émission nette (ZEN) d’ici 2050. Sinon, nous sommes tous condamnés !

À cette fin, l’AIE vient de publier Net Zero by 2050: A Roadmap for the Global Energy Sector (Zero net d’ici 2050 : une feuille de route pour le secteur mondial de l’énergie), un rapport de plus de 200 pages qui préconise des actions spécifiques pour atteindre cet objectif presque certainement irréalisable. La lecture de ce rapport donne froid dans le dos – il est clair que les guerriers du réchauffement climatique sont « verts » de jalousie en voyant que les mesures contre le Covid-19 ont réussi à réorienter le comportement individuel et à réinitialiser les normes sociétales – ils veulent nous faire la même chose.

Toutefois, il y a une grande différence entre le Covid et le réchauffement climatique. Alors que nos « bouleversements pandémiques » sont (espérons-le) temporaires, ceux de l’AIE ne prendraient jamais fin. De plus, les restrictions liées au Covid vont paraître des nuisances mineures comparées aux bouleversements sociétaux majeurs qui résulteront des plans de l’AIE.

En voici un aperçu en quelques mots :

– Mettre fin aux industries du pétrole, du gaz et du charbon : le rapport prévoit d’imposer une « réduction majeure de la production de pétrole et de gaz ». Il préconise d’interdire toute exploration pétrolière et gazière future et de refuser tout permis pour toute nouvelle extraction de pétrole, de gaz et de charbon. On peut se demander comment cette interdiction s’appliquera dans le cas de la Chine – le premier producteur mondial des émissions de CO2 – qui, ayant signé l’accord de Paris sur le climat, continue à augmenter considérablement le nombre et la capacité de ses centrales au charbon, ce qui lui permet d’assurer une croissance économique rapide et « sale ».

– Remplacer les combustibles fossiles par de l’hydrogène à faible taux d’émission : le rapport prévoit de remplacer les combustibles fossiles en « utilisant des carburants à base d’hydrogène pour les navires et les avions, ainsi que de l’hydrogène dans les industries lourdes comme la sidérurgie et la chimie ». Une telle technologie n’existe pas encore. Ne vous inquiétez pas. Si les gouvernements investissent seulement 90 milliards de dollars dans la recherche, la technologie sera prête en 2030 « avec un portefeuille de projets de démonstration ».

– Nous serons forcés d’utiliser des véhicules électriques (VE) : pour atteindre l’objectif de ZEN, nous devrons remplacer les véhicules à moteur à combustion interne – autos, avions, navires, motos, etc. – par des véhicules électriques. Le rapport veut imposer cette transformation, et ce, immédiatement. Dans neuf ans seulement, il prévoit que le nombre total de VE passera de 5 à 60 %.

– On sera également contraint de prendre le bus : l’AIE veut également que le nombre de véhicules privés diminue considérablement. Ainsi, le rapport prédit à la page 86 que des politiques seront mises en place pour obliger les citadins à effectuer environ 50 % de leurs déplacements en utilisant les transports publics, le reste étant effectué à vélo ou à pied. Le rapport prévoit également que le taux de motorisation dans le monde passera de 35 % aujourd’hui à 20 % en 2050, et que seuls 5 % des ménages posséderont plus d’un véhicule.

– On ne prendra que rarement l’avion : la page 135 appelle à l’application « des politiques gouvernementales globales qui favorisent le passage au train à grande vitesse et freinent l’expansion des vols commerciaux long-courriers ». Les voyages d’affaires et de loisir ne doivent pas dépasser les niveaux de 2019. (Si vous voulez une illustration de la façon dont cela se passera, regardez le gâchis du « train pour nulle part » à grande vitesse en Californie qui a gaspillé des dizaines de milliards et ne transporte toujours pas les passagers.)

– Vous aurez chaud l’été et froid l’hiver : votre capacité à régler vos thermostats chez vous sera réglementée. En été, vous ne pourrez pas refroidir votre maison en dessous de 24-25 °C et réchauffer au-dessus de 19-20 °C pendant l’hiver glacial. La mode du gros pull chaud est prête à faire son retour ! De même, vous serez obligé de réduire la température de votre eau chaude, alors préparez-vous à des douches tièdes.

La clé de cet avenir « grandiose » est l’électricité – pour alimenter les véhicules électriques, cuire nos aliments, chauffer nos domiciles, faire tourner nos industries, faire marcher nos appareils de divertissement, faire rouler nos trains et permettre de fonctionner les autres accessoires de la vie moderne. Cependant, tout cela aura besoin d’une énorme croissance de la production d’électricité, ce qui soulève la question évidente : comment allons-nous créer toute cette énergie nécessaire après avoir réduit drastiquement l’utilisation du gaz naturel et supprimé l’utilisation du charbon ?

Mais oui, naturellement, grâce aux éoliennes et à l’énergie solaire ! Cependant, ce ne sont pas des sources d’énergie fiables. Les éoliennes gèlent en hiver – sans parler des millions d’oiseaux et de chauves-souris qu’elles tuent – et l’énergie solaire ne produit pas d’électricité la nuit ou par temps nuageux. De plus, il y a le problème majeur des batteries pour permettre de stocker l’électricité pour une utilisation ultérieure. En effet, la dépendance de la Californie à l’égard des énergies renouvelables peu fiables a été l’un des facteurs à l’origine de la série de coupures de courant de l’été dernier. Mais oui, naturellement, ils vont probablement trouver quelque chose.

Qu’en est-il de l’énergie nucléaire ? Le rapport envisage son utilisation, mais ne la présente pas comme une solution à la production de l’électricité, indiquant à la page 115 que la part attribuée à l’énergie nucléaire sera « inférieure à 10 % en 2050 ».

Et combien tout cela va-t-il coûter ? C’est inimaginable. À noter que nous n’avons même pas encore parlé des rénovations obligatoires des bâtiments commerciaux et résidentiels que le rapport préconise, ni de la transformation des avions, des navires et des grandes industries pour l’utilisation des carburants à base d’hydrogène.

Alors, comment tout cela sera-t-il financé ? Par des investissements privés. Mais aussi – vous l’avez deviné – par une augmentation et l’introduction de beaucoup de nouveaux impôts, et pas seulement sur les riches. Il y aura des taxes sur le carbone. Il y aura des taxes routières. Il y aura des péages urbains. Et, naturellement, il y aura des augmentations des taxes sur l’électricité après nous avoir obligés à dépendre presque exclusivement de cette source d’énergie pour mener nos vies modernes.

Alors que vous réfléchissez à ces « réformes » et à bien d’autres que l’AIE envisage de mettre en œuvre, surtout n’oubliez pas : c’est pour notre bien ! La planète est en train de cuire ! Il y a le monde entier à sauver ! Tout ce qu’on nous demande en retour, c’est seulement de renoncer à nos modes de vie, à notre prospérité et à notre liberté individuelle.

Wesley J. Smith est un auteur primé et le président du Center on Human Exceptionalism du Discovery Institute.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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