Notre-Dame de Paris : des taux de plomb supérieurs au seuil de vigilance

Par Epoch Times avec AFP
5 août 2019
Mis à jour: 6 août 2019

Réunis lundi matin devant le parvis fermé de la cathédrale, syndicalistes CGT et membres d’associations, récemment constitués en collectif, se sont montrés particulièrement préoccupés de la santé des personnes étant intervenues à l’intérieur de la cathédrale après l’incendie ou travaillant aux alentours.

Avant la publication mardi de nouveaux relevés mesurant la contamination au plomb autour de la cathédrale Notre-Dame, l’inquiétude des associations et syndicats reste vive malgré l’annonce de la mairie de Paris d’une intensification de la dépollution.

Parmi eux : pompiers, agents de nettoyage, policiers, personnels de l’Hôtel-Dieu mais aussi bouquinistes, salariés des bars et restaurants avoisinants, a énuméré Benoît Martin, de l’Union départementale CGT.

Pendant l’incendie qui a en partie détruit la cathédrale le 15 avril, plusieurs centaines de tonnes de plomb contenues dans la charpente de la flèche et la toiture ont fondu et se sont répandues sous forme de particules.

L’association Robin des Bois a porté plainte contre X, accusant les autorités d’avoir tardé à réagir et manqué de transparence.

Depuis l’incendie, des taux de concentration importants de plomb, auxquels les enfants sont particulièrement exposés, ont été relevés aux alentours de l’édifice et un groupe scolaire a été récemment fermé pour des travaux de nettoyage.

D’après Médiapart, trois écoles en dehors de ce périmètre « ont bipé » en présentant, dans leurs cours extérieures, des taux de plomb supérieurs à 700 fois du seuil autorisé.

Ces écoles feront « l’objet d’un nettoiement approfondi » d’ici la rentrée, a insisté le premier adjoint, et « n’ouvriront pas tant que nous n’atteignons pas la recommandation de l’Agence Régionale de Santé (ARS) qui est de 1 000 microgrammes par m2. La maire de Paris ne prendra aucun risque ».

Vue du clocher et de la flèche de la cathédrale Notre-Dame prise le 9 décembre 2018 et la même vue lors de son effondrement pendant l’incendie du 15 avril 2019. La dernière photographie a été prise à la suite de l’incendie, le 16 avril 2019. (Photo : OLIVIER MORIN,GEOFFROY VAN DER HASSELT,BERTRAND GUAY/AFP/Getty Images)

« Actuellement, les [15] agents (travaillant à l’Hôtel-Dieu) qui ont eu une plombémie n’ont toujours pas reçu leurs résultats », a rétorqué Graziella Raso, du comité de lutte CGT.

Souleymane Soumaro, responsable du collectif parisien de nettoyage CGT, a affirmé que les 500 employés qu’il représente n’ont « pas été informés du risque » lié à la pollution au plomb, ni « équipés » pour y faire face. « Ils ont continué à utiliser leurs balais » et, parfois, « ont lavé leurs tenues à la maison », faisant courir un risque de contamination à leur famille, a-t-il expliqué.

Le collectif a également émis des doutes sur une éventuelle contamination des parcs, notamment du jardin du Luxembourg, et fontaines.

D’autre part, le parquet général de la cour d’appel de Paris a dévoilé que des prélèvements avaient été réalisés au Palais de Justice, sur l’île de la Cité, à la suite d’inquiétudes soulevées par certains agents. L’expertise n’appelle pas à de recommandations particulières à l’intérieur du palais mais il est préconisé de réaliser un nettoyage approfondi dans les cours extérieures.

Le chantier de Notre-Dame de Paris, suspendu fin juillet, doit reprendre progressivement à partir de la semaine du 12 août avec l’arrivée de nouvelles mesures de protection pour les salariés potentiellement exposés au plomb.

16 avril 2019. L’autel entouré de débris carbonisés à l’intérieur de la cathédrale Notre-Dame de Paris. (Photo : LUDOVIC MARIN/AFP/Getty Images)

Une réouverture qui « ne nous va pas », a grondé Benoît Martin. Le collectif de syndicats CGT et d’associations a demandé le « confinement total du site » de Notre-Dame de Paris.

La « mise sous cloche » du chantier n’est « pas spécialement adaptée à la situation » et « pas pérenne », a répondu Anne Souyris, adjointe à la santé de la mairie de Paris.

Le confinement du site n’est « absolument pas envisageable », a abondé l’archiprêtre Monseigneur Chauvet.

Les résultats des nouveaux relevés, attendus mardi, seront « immédiatement rendus publics », a assuré sur franceinfo Emmanuel Grégoire, transmis à l’Agence régionale de santé et mis en ligne sur le site de la Ville de Paris.

Selon Emmanuel Grégoire, « sauf information nouvelle (…) il n’y a aucune raison de penser que les écoles ne rouvriront pas de façon normale » à la rentrée.

 

 

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