Plus de 120 000 cadavres de saïgas retrouvés dans les steppes du Kazakhstan

15 juin 2015
Mis à jour: 17 juin 2015

 

D’après le Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP), « plus de 120 000 saïgas sont morts dans le centre du Kazakhstan, soit plus d’un tiers de la population globale ». C’est un coup majeur porté à cette population qui commençait tout juste à se repeupler.

Selon l’antenne russe du Fonds mondial pour la nature (WWF) les morts étaient inattendues et rapides : « Les premiers 117 cadavres de saïgas ont été découverts le 10 mai. Onze jours plus tard, il y en avait 28 000 ». Puis c’est l’hécatombe…

Un coup majeur porté à la préservation de l’espèce

Erlan Nyssanbaïev, vice-ministre de l’Agriculture déplore cette perte. « C’est un coup majeur porté aux efforts de préservation des saïgas au Kazakhstan et dans le monde entier, dans la mesure où 90 % de la population globale des saïgas vit dans notre pays. Nous sommes résolus à identifier la cause de ces décès et prendre toutes les mesures possibles pour empêcher la répétition de tels évènements », assure-t-il.

Le Premier ministre Karim Massimov a ordonné de créer une commission gouvernementale et sollicité l’aide d’experts internationaux afin d’éclaircir la raison de la mort des antilopes, qui s’est produite au même moment dans trois régions du pays.

La combinaison de facteurs environnementaux et biologiques

Une analyse préliminaire indique qu’une combinaison de facteurs environnementaux et biologiques contribuent à cet événement catastrophique, qui a vu quatre grandes agrégations de naissance de cette antilope menacée d’extinction, éradiquées depuis la mi-mai de cette année. Surtout les mères et leurs petits sont parmi les carcasses ; pas un seul animal n’a survécu dans les troupeaux atteints.

Ces morts en masse sont dues à une « combinaison de facteurs biologiques et écologiques », selon les experts du Secrétariat de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) qui a dépêché une mission au Kazakhstan.

Des bactéries du type Pasteurella ou Clostridium ?

Les animaux ont apparemment été décimés par une maladie infectieuse causée par des bactéries du type Pasteurella ou Clostridium, expliquent les experts de la CMS dans un communiqué. Mais ces « bactéries sont mortelles uniquement pour un animal dont le système immunitaire est déjà affaibli » par des facteurs écologiques, comme les pluies abondantes survenues en mai au Kazakhstan, qui auraient pu influer de manière néfaste sur la qualité de l’herbe, précisent-ils.

Cette espèce d’antilope est une rescapée de l’ère glacière. En 1993, on comptait un million d’individus, puis la population a chuté de façon catastrophique. Les autorités kazakhes se sont attachées à leur protection et le nombre est monté à 20 000 en 2003 et à plus de 250 000 en 2013. Avant cette hécatombe le pays comptait plus de 300 000 saïgas, selon un rapport de l’Association kazakhe pour la préservation de la biodiversité. Certains scientifiques pensent qu’il nous faudra plus de 10 ans pour repeupler à nouveau les steppes du pays.

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